mercredi 14 août 2024
mardi 30 juillet 2024
lundi 22 juillet 2024
ÉCRIRE, LA PLANCHE DU SALUT ?
"Parfois mon père venait m'accompagner au départ des cars Planche avec son imperméable et son parapluie il me disait adieu d'un geste ce geste qu'il n'a pas fait à son dernier souffle c'est ainsi que toujours les cars Planche vont et viennent et m'emportent m'emportent toujours et ainsi j'erre depuis 1963".
"Je veux m'en sortir avec les mots les mots sont mon héritage ma lumière et mon sang je me suis fait avec les mots ".
Ma vie folle, Richard Morgiève
samedi 13 juillet 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXIX)
Pierre Barouh, Samba Saravah (1969)
Être heureux, c'est plus ou moins ce qu'on cherche
J'aime rire, chanter et je n'empêche
Pas les gens qui sont bien d'être joyeux
Pourtant s'il est une samba sans tristesse
C'est un vin qui ne donne pas l'ivresse
Un vin qui ne donne pas l'ivresse
dimanche 30 juin 2024
LGS (VIII)
Au hasard ou presque, dans l'année du tigre (journal de l'année 1998, de Philippe. Sollers)
Vendredi 19 juin: "Le point publie une lettre de De Gaulle, envoyée depuis Londres à Albert Cohen (alors Conseiller politique du congrès juif mondial). La date: 22 août 1940. Deux autres documents, de juillet et octobre 1941. Tout cela (rappel des principes de la République, rupture totale avec Vichy) est fort clair.
Lundi 29 juin: "L'exhibition quotidienne, ces jours-ci, de 22 mâles au football pourrait être aussi envisagée comme une sorte de comice agricole (ce que tendrait à prouver le brusque engouement des femmes pour ce genre d'exhibition).
Une nouvelle à écrire là-dessus, à la Flaubert, froide."
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXVIII)
Comme en Nouvelle Angleterre
Je veux changer d'atmosphère
Dans mon jardin d'hiver
mercredi 26 juin 2024
LE DIMANCHE AU SOLEIL (II)
"Vous nous vendez sans cesse le bonheur d'exister en consommant et consommant et consommant et consommant à perte de vie. Mais comment, Messieurs, concevez-vous le bonheur? Comment? Vous êtes-vous demandé un seul jour: Que fais-je de ma vie? Qu'ai-je vraiment aimé? Par quoi fus-je comblé? Qu'ai-je trouvé de beau et d'admirable dans ce cirque sauvage qu'est devenu le monde et qui me permette de l'endurer? La mer? L'enfance? Cette étrangère à tout calcul qui s'appelle l'amitié? L'imprudence insouciante? Le pouvoir de dire non aux idées préconçues comme aux agenouillements?"
Depuis toujours nous aimons les dimanches, Lydie Salvayre
Porto, Juin 2024
samedi 22 juin 2024
samedi 15 juin 2024
EXERCICE D'ADMIRATION (I)
"Nimier m'a fait aimer les chapelles romanes, l'absolu, les apothéoses, les arènes du Midi, les bécots, les buvettes, les bals populaires, la conscience, l'effervescence, les feuilletons, le griffonnage en marge des livres, les héros, l'imperfection, la jeunesse, les kiosques à musique, le négatif, l'ombre des forêts, les paradoxes, le pur malt, les maquisards, les taxis, les tamaris, l'universel, les zouaves, le xylophone et les enragés. En somme, la France."
Le Chant des livres, Gérard Guégan
vendredi 14 juin 2024
dimanche 9 juin 2024
LGS (VII)
LA MORT DANS L'OEIL
"Et maintenant que j'examine ces photographies d'Enard prises avec un Nikon F et un objectif de cinquante millimètres, je suis bien obligé de constater que ce n'est pas sa respiration qui s'inscrit à la surface du papier glacé mais les petites rides annonçant le triomphe futur du minéral.
Sous l'objectif, la chair jette le masque".
Gerard Guégan, Le chant des livres
vendredi 7 juin 2024
mardi 4 juin 2024
PAS MIEUX (15)
Sur le site nos consolations
Rien d'autre ne m'intéresse
– Que ferez-vous si un jour vous n'avez plus d'idées ?– Ce genre de questions ne rime à rien. C'est comme si vous demandiez à une cantatrice ce qu'elle ferait si elle n'avait plus de voix. Que devrait-elle répondre ? Qu'elle chanterait des airs muets ? De toute façon, chaque fois qu'on a écrit quelque chose, on croit que c'est fini, qu'on ne peut plus et qu'on ne veut plus. Mais rien d'autre ne m'intéresse.– Et si vous rencontriez demain le grand amour ?– Je ne pourrais pas l'empêcher.
Thomas Bernhard
vendredi 31 mai 2024
AVEC DES SI
Si Roland Jaccard était vivant je lui dirais qu'Anthony Mann n'est pas mort, il vit même à Toulouse, Toulooose! cette ville qu'un anglophone n'entend pas comme un francophone!
samedi 25 mai 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXVII)
Qui chantent dans le vent glacé
lundi 20 mai 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE(XXVI)
Rimons, rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi
dimanche 19 mai 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXV)
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d'un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié
Et filez vite au wagon bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes
Alcool àla télévision
Papiers clopes manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics
Parole écrit fornication
Foutre interdit à soixante ans
Ou scandale et ricanements
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié
On les jette dans les fossés
A moins qu'ils n'apportent du blé
De la tune au plus fortunés
A l'asile aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin
Je vais baiser boire et fumer
Je vais m'inventer d'autres cieux
Toujours plus vastes et précieux
Avec mon look de libellule
Je suisvieille sans foi ni loi
Si je meurs ca sera de joie
vendredi 10 mai 2024
L'HOMME DE LA PEINE (18):1 AN
D'un bateau vert et blanc
D'une élégance rare et plus fort que l'ébène
Pour les trop mauvais temps
dimanche 5 mai 2024
LGS (VI)
"Il leur faut l'obstacle, l'impossible, la souffrance, la catastrophe, le châtiment, le ressentiment... Réprobation de l'instant et de sa substance, voilà... Et pour moi, au contraire: l'instant, seulement l'instant, l'instant et sa lettre de feu, corps, couleurs, paysages".
Le Coeur Absolu (Philippe Sollers)
samedi 4 mai 2024
LE DIABLE EST DANS LES DETAILS (1)
[...]en méditant, plus avant, il se dit que ce devait être par cette amnésie imperceptible que les enseignants du secondaire s'accoutumaient aux nouvelles conditions de leur métier. Les enseignants oubliaient; chaque incident sur lequel ils achoppaient se perdait au fil des gestes pédagogiques qu'il leur fallait accomplir; chaque honte avalée était comme absorbée par leur conscience sous le poids des "temps forts de l'année scolaire"; et, à la fin, les enseignants finissaient même par oublier qu'ils avaient jamais désiré d'être des professeurs".
Jérémie Delsart, Le miracle de Théophile (Le cherche midi)
dimanche 28 avril 2024
COUPLE (VII)
"Le chef-d'oeuvre français de cette époque restera, sans aucun doute, la série télévisée Un gars, une fille, Jean et Alex. Pas un homme, un gars, un brave gars, quoi, naïf, rusé, sans cesse brimé par une fille (pas une femme) qui n'arrête pas de parler au téléphone avec sa mère ou sa copine, se plaint de tout, sourit à s'en décrocher la mâchoire, embête son mec dans la salle de bains ou la cuisine moderne, pendant qu'il se demande, nigaud inspiré, comment il a pu se fourrer dans cette situation sans issue, sauf une, qui est là, au bout des achats, lancinante: un enfant et, pourquoi pas, un jour, trois enfants. Le plus drôle, c'est quand ils se précipitent, après cent remarques acerbes et un violent mépris réciproque, pour faire l'amour. Ils disparaissent sous un drap, sont atrocement normaux, ils roucoulent. C'est l'apothéose du couple universel classe moyenne, tous les clichés de la consommation incessante sont là, on ne s'en lasse pas. Aura-t-elle enfin son enfant dans cette agitation d'enfer avec pauses touristiques? C'est fatal. Tout est fermé, enfermé, cuisine, living, canapé, bureau, jamais de profondeur de champ, jamais de gratuité heureuse. Difficile d'être plus inspiré dans la vulgarité réaliste (la série, bien entendu, est réalisée par des femmes). Être ensemble! Jamais seuls! Tempêtes dans un verre d'eau! Loulou! Chouchou!"
L'éclaircie, Philippe Sollers
samedi 27 avril 2024
LETTRE/L'ÊTRE
"Il n'est plus qu'un corps de lettres et de phrases toutes orientées vers leur seul plaisir. On ne peut rien opposer à quelqu'un qui lit, c'est l'ultime liberté, le privilège de pouvoir ne pas être dérangé".
Marc Pautrel, L'Île au trésor
mercredi 24 avril 2024
LGS (V): Sollers est là
Avril 2024, séjour à Ars-en-Ré, j’ai emporté avec moi la Deuxième Vie mais aussi l’Eclaircie,
que je veux lire, (ré)lire plutôt, magnifique roman avec deux voyageurs
du temps (Picasso et Manet) , deux femmes (Anne et Lucie) et un cèdre.
Quant à la Deuxième Vie, c’est du Pur Sollers, encore "plus resserré, encore plus audacieux" :
"Malheur à celui qui n’a pas célébré sa vie de son vivant".
Je suis devant la tombe de Sollers et cette inscription : La rose de la raison dans la croix du présent. La tombe est à l’ombre d’un grand cèdre et je pense alors à une formule de son ami Lacan," Ne cédez pas sur votre désir", que je transforme en ne "cèdre" pas sur ton désir.
Le lieu est désert ce jour-là, il fait beau. j’ose y déposer le roman que je lis juste à côté de fleurs, des Iris me semble-t-il ( "Lumineux regard qui prolonge la pensée dans les combats du corps, ultime signe du sacré : "Je pars ;" L’iris marron s’assombrit, presque "outrenoir" (Julia Kristeva dans la postface à la Deuxième Vie).
Le cimetière est bien désert mais je cherche car il est écrit dans son ultime roman cette phrase "Une autre fois, c’est bien lui qui allume une cigarette en plein soleil, au bord de la tombe dont il vient de sortir, pendant qu’une touriste lui demande s’il est le jardinier du cimetière".
A quelques pas du cimetière se trouve l’église d’Ars avec sa flèche bicolore. Le noir et le blanc.
Le soleil noir (derniers mots du roman), "le blanc terminal". "Le trois est noir, le huit est blanc". "Vers huit heures, le blanc du réveil".
Je quitte Ré le jour du meurtre d’un menuisier de l’île par un autre habitant. Dans la Deuxième Vie, je lis : "Il est difficile de percevoir la colossale innocence des habitants terrestres. Ils n’ont rien à faire là, ils ne sont que les produits de séries de malentendus entre les hommes et les femmes, et, quels que soient leurs délits, même criminels, un voile d’innocence les enveloppe de la naissance à la mort".
De retour chez moi je découvre la toute nouvelle revue dirigée par Y Haenel, Aventures, dans laquelle un inédit de Frédéric Berthet (édité par Sollers son ami) est proposé : "Kafka, histoire d’un corps".
Ce texte fait écho, (ré)sonne avec toute l’oeuvre sollersienne, cette
phrase en particulier : "Kafka écrit quelque part qu’il n’a cessé toute
sa vie de se promener, d’aller et revenir entre quelque chose qui serait
une solitude totale et une vie en commun, qu’il n’a jamais été
repérable ni dans l’une ni dans l’autre, qu’il a toujours vécu cette
frontière entre la solitude et la vie en commun. Cette frontière prend
de toutes les manières la forme d’une feuille de papier [...].
Marc Pautrel dans un recueil d’hommage à Sollers lui a écrit "Le vrai corps est un texte".
samedi 20 avril 2024
jeudi 18 avril 2024
TU N'IRAS PLUS
Je n'irai plus
rue Alsace-Lorraine
où des enseignes
de chaque côté
rejouent la guerre
tu as tranché
je n'irai plus
dans cette rue
remplie de femmes
à dépenser du flouze
oh Toulouse!
économie infâme
je n'irai plus
rue Alsace-Lorraine
le samedi
ça m'dit pas!
lundi 15 avril 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXIV)
Toutes ces choses
Guidées par une étoile
Guidées par une étoile
Première à éclairer la nuit
Vénus
Vénus
Vénus
Vénus
samedi 13 avril 2024
lundi 8 avril 2024
dimanche 7 avril 2024
samedi 6 avril 2024
JUSQU'AU SOMBRE PLAISIR D'UN COEUR MELANCOLIQUE
Déjà bien avancé
Au bout du compte, le sentiment aimablement mélancolique qui consiste, en semaine, à se promener dans une station balnéaire déserte quand septembre est déjà bien avancé est la chose que nous aurons la plus aimé au monde. Les fantômes des baigneuses sont encore là, il nous semble même dans le silence de l'après-midi, sous le ciel variable, alors que la marée descend, les entendre rire.
Il n'est jamais trop tard dans la saison.
J. Leroy (Et des dizaines d'étés dorés)
mercredi 3 avril 2024
LES QUATRE SAISONS
Lundi 29 novembre
Il y a du bleu et du rose ce matin
et il y a ma joie d'enfant
ou de vieil homme
après des jours de gris et de pluie
je ne suis ni l'un ni l'autre pourtant
mais le beau temps est ma dernière
espérance politique
et le bleu et le rose mon meilleur
anxiolytique
janvier
Il n'y a de ciel que bleu
le mimosa explose en silence
duveteux
près du livre fermé
jaune sur gris
blason du dimanche
jaune sur gris
blason de janvier
shampoing schlosser
quand nous nous souvenons
des amours d'autrefois
souvent cela ressemble
à un tableau de schlosser
il ne manque même pas
le parfum du shampoing
dans les cheveux d'agnès
avant de sortir le soir
enlacés au hasard
dans la ville printanière
orage d'été
nous aurons aimé tous nos étés
même les orageux
même les dangereux
nous aurons aimé tous nos étés
l'odeur des orages
et des filles après la pluie
nous aurons aimé tous nos étés
même les oubliés
mardi 2 avril 2024
WOMEN (III)
" J'ai toujours été protégé par des femmes, des fausses femmes, j'ai leurs mains sur moi, je peux dormir tranquille. Elles sont plus vivantes depuis ma première mort, ce qui illumine ma Deuxième Vie."
La Deuxième Vie (Philippe Sollers)
lundi 1 avril 2024
dimanche 31 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XXV)
Au coeur de l'aliénation, il faut qu'il arrive à parler.
Il entre dans un magasin, avance péniblement car tous les regards sont posés sur lui, les belles vendeuses bien sûr mais aussi les écrans de télévisions constamment branchés sur les chaines à clip. Il est un peu endolori, s'approche un peu plus près et le tee-shirt Nike collé sur la poitrine de la jeune fille finit de l'intimider. Il voudrait partir mais une force d'attraction le cloue au parquet ciré du magasin. Il ne peut faire autrement que de demander une chemise, un pantalon. Il les essaie dans une petite cabine, il y fait très chaud. Il se voit, ne s'aime pas, puis un peu, cette variation de sentiments dans la même seconde.
Il décide dans un accès de bonheur de prendre les deux pièces. Le sourire de la vendeuse le satisfait oh si seulement elle voulait prendre un verre avec lui. Il attend l'autorisation bancaire de sa carte Visa, ses doigts pianotent sur le comptoir en bois, il se retourne constamment, regarde les images sur les écrans, essaye de surprendre un regard quand la petite musique émise par la machine signale le départ imminent du magasin. Il regarde plus profondément la vendeuse, essaye de décrocher un regard personnel, une attention particulière, mais non; elle sourit tout de même et il s'en va content, hésitant à tourner à gauche ou à droite.
Ce sera à gauche. Il longe les vitrines plus ou moins honteux d'avoir succombé à la mode, les escaliers roulants se présentent et il se retrouve au niveau supérieur, celui de la restauration.
Là il ne sait que choisir n'ayant ni faim ni soif. Il tourne en rond en passant plusieurs fois devant les mêmes buffets. Ayant peur de se faire remarquer, il choisit une boisson et s'assied sur une esplanade au milieu d'autres comme lui.
Rien n'est cherché, rien n'est trouvé. C'est de cet endroit qu'il écrit, au coeur de l'aliénation, il faut qu'il le dise.
vendredi 29 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XXIV)
Petite beauté maintenant rentrée tout là-haut
quand moi ici-vas, le coeur retourné
la vie sens dessus-dessous
il me faut repartir de zéro
mais d'abord mettre à plat
les journées et nos soirs.
Oublier ma lâcheté (stupide peur d'être vu)
le baiser empêché
ET GARDER TOUT LE RESTE
Ta fraicheur, ton odeur
tes cheveux mouillés, ton parfum sucré
ton regard fin de journée
et tes yeux fatigués
même tes onomatopées
tes HI HI HI
OK OK
TU PENSES
qui résonnent et qui sonnent à huit heures
à midi, à minuit
et mes mots: ma chérie
mon amour
et tes gestes dans l'amour et ton souffle
et tes pas et tes pieds
de randonneuse
et ta façon de te donner
ta peau de lait
et tes mollets
qui battaient à mesure
que le plaisir venait.
jeudi 28 mars 2024
mercredi 27 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XXIII)
J'ai l'impression que le poème méchant
est plus juste
que le gentil
MAIS ce qu'il faut retenir c'est que pour être juste
je me dois aussi d'écrire des choses
belles sur elle
et sincères.
SES PUTAINS MEURTRIERES (XXII)
Poème plus gentil
C'est une femme
libre
et ça c'est dur
de se l'avouer
elle est tout le temps en retard
pour tout très occupée
parce qu'en fait elle a de l'avance sur les autres
et sur moi-même?
c'est compliqué
ce qui fait la différence
et elle le sait
c'est justement qu'elle sait.
SES PUTAINS MEUTRIERES (XXI)
Poème méchant
Elle a tout fait
dans la vie
tout fait à fond
les voyages
12 heures sans s'arrêter
La fête à Tel-Aviv
la nuit à danser
même sur un tabouret
les garçons
si un me plaît, j'y vais
et les études
je veux 20 sur 20
la tête collée sur le cahier
à 8 heures, à midi à minuit
je fais tout à fond
c'est ma devise
mes poèmes à fond abstraits
(ça vient des cavernes ou alors de la lune)
mes dessins à fond concrets
(j'ai un fils je dessine pour lui qui a 3 ans)
j'étudie mon couple
au fond je sais bien que les choses passent
Je médite pleinement cette phrase: ce qui doit être aboli continue et notre usure continue avec. On nous abîme on nous sépare.
les années passent et nous n'avons rien changé.
Mais je suis raisonnable à fond
C'est terrible au fond
mardi 26 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XX)
10 ans à peu de choses près
sans pouvoir à chaque fois se supporter plus de
10 minutes
jamais de vraies conversations
toujours des à peu près
pas une seule chanson
écoutée côte à côte
mais le temps
écoulé
pour nous séparer
dimanche 24 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XIX)
Je me sens comme une feuille baladée par le vent
mais si la feuille est libre, si le vent qui la pousse la rend libre
moi, je me sens prisonnier
mon maître métier n'a ni queue ni tête
je porte plusieurs casquettes
je regarde autour de moi et toute mon impuissance
m'enveloppe
réagir! mais comment?
la feuille est libre, c'est sa nature, elle tombe et voyage
je regarde autour de moi, il n'y a rien, rien de contraignant
non plus
j'ai une fonction de professeur; non je suis professeur
c'est mon identité, ma nature
c'est devenu ma nature
on n'échappe pas à soi
samedi 23 mars 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXIII)
Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront...
Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'agrippent
Au-delà, c'est le vide
vendredi 22 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XVIII)
Il marche vers
sachant qu'il va commettre
ce que des dizaines de fois
il s'était juré d'arrêter
Quand c'est comme ça
la déambulation est tout à
la fois
la lutte contre et la préparation à
Il marche donc
devant lui de l'ocre et du vert
belle chevelure tombante
sur une toute petite pièce de tissu
c'est l'été!
Il pense à la peinture
mais hélas, rien de précis
il sait pourtant que c'est comme ça
qu'il peut s'en sortir
mais aujourd'hui il va vers...
dimanche 17 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XVII)
FAUX PAS
J'entends le pas de la pute
faut pas! dit une voix
j'imagine les bas de la pute
mon coeur bat
pas de pute, pas de pute dit une voix
je vois l'appât qu'est la pute
j'y vais c'est la dernière fois...
vendredi 15 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XVI)
Des dizaines de filles croisées
la figure à peine regardée
c'est le cul qui attire d'emblée
j'en suis une, je fonce
droit devant
le fondement
est le fond de mon problème
mardi 12 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XV)
Société je m'en vais
Toujours en quatre
en cartes
épinglé, cinglé
démentir-affirmer
souffrir-se taire
avaler la peur
pleurer-répondre
tac au tac -loto
boulot-dodo
se doter d'un capital
culture-kultur!
CUT
quitter (sniff sniff)
centrer (but ah ah!)
aligner (tatatatatata)
ajuster (pan)
POLICE-DEPLACER-EFFACER-COUPER-FICHIERS-ENREGISTRER-QUITTER (OUF)
Dégager, glisser.
dimanche 10 mars 2024
samedi 9 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XIV)
Elle a vécu l'enfer
maintenant c'est le paradis
elle veut l'écrire
mais que de bondieuseries!
mercredi 6 mars 2024
LGS (LE GRAND SOLLERS)
"On ne publie jamais le dernier livre d'un écrivain disparu, mais seulement le premier de ses livres posthumes, et aussi le premier de tous ses livres à relire".
Marc Pautrel (carnets, en date du 03/03/24)
SES PUTAINS MEURTRIERES (XIII)
Réveil douche petit déjeuner escalier bus
transport
lente et douce immersion dans le monde du travail
visages ternes
regards empêchés
dos du monsieur cartable du gamin qui accroche
là une place: assoupissement.
Buée sur la vitre
glace-miroir-regard
main essuie-glace
apparition de formes
flottantes je frotte mes yeux
où suis-je?
Vraiment?
Transporté je connais la destination
éternel chemin
trajet tragique
lundi 4 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XII)
Je laisse tout trainer (habits, courrier...)
Ce sont des bouées (des cailloux si vous voulez...)
Quand je me reprends
J'ouvre les yeux et j'ai du travail
J'essaie de rattraper le temps
Perdu
Les lettres je les ouvre
Les habits je les ramasse
Objets isolés sur lesquels je m'appuie
Pour reprendre vie
Entre temps qu'ai-je fait?
dimanche 3 mars 2024
MAINTENANT (III)
"L'art de vivre ressemble plutôt à une lutte qu'à la danse en ce qu'il faut toujours se tenir en garde et d'aplomb contre les coups qui fondent sur vous à l'improviste."
Marc Aurèle, Pensées, livre VII
samedi 2 mars 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (XI)
Poète qui fait rimer
les mots
à tout bout de champ
comme si la vie
rimait
naturellement
et toi! poète!
ta vie à quoi rime-t-elle?
jeudi 29 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (X)
Pas réussi à se démarquer
ça marque à la longue
toujours dans les pas de quelqu'un
dans l'ombre
aucune trace visible
apparemment
mais l'HOMBRE sombre!
mardi 27 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (IX)
Pas la vie de Van GOGH
mais
toutes ses étendues d'or
Pas la vie de Monk
mais
chaque note répétée à satiété
Pas les bières de Bukowski
mais
tous ses poèmes
Pas le cigare d'Hemingway
mais
tous ses dialogues
En finir avec toute la bouillie biographique
les arguments psycholo-gisants
vivre
merde.
dimanche 25 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (VIII)
Danse
Journée difficile. Subie. Passive.
Des paroles écoutées, échangées, des opinions
Sur l'éducation
Fatigue.
"Reprendre possession de son corps"
Ai-je retenu d'une conférence d'un psychanalyste sur la
Danse
Après une journée en société, dans
L'intimité
C'est le geste
Vital
Reprendre possession de ses mots,
Geste mental
Aussi primordial.
vendredi 23 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (VII)
Saturation du JE
répétition
je dis je mais je ne sais pas pourquoi
le jeu du jeu, transmis de
génération en génération
j'ai entendu mon grand-père dire je
mon père n'a jamais dit autre chose
et mon frère qui en est repu
et pourtant rien n'est si faux
je, mérite un autre sort
je sors de la famille
pour arriver à dire JE
mercredi 21 février 2024
WOMEN (II)
-Tu es bien nerveux, Delafeuille.
-Non mais vraiment, puisqu'on parle des femmes. Je veux dire, personne ne nous entend. Tu en penses quoi?
-Je pense quoi de quoi?
-Des femmes? En tant que libraire?
-En tant qu'homme.
-Qui te dit que j'en pense quoi que ce soit?
-Allons, allons. Nous avons tous des théories, surtout quand nous sommes bourrés.
Raoul vida son verre.
-Nous ne pouvons plus rien penser des femmes, dit-il, et tu le sais très bien. Sinon tu ne poserais pas la question.
Le livre de la rentrée, Luc Chomarat
mardi 20 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (VI)
Prendre tout le temps des notes
Avec pour ce mot son sens musical
Prendre des notes c'est prendre son pouls
C'est connaître son rythme
lundi 19 février 2024
MAINTENANT (II)
"La laideur vient de la frustration."
"Celui qui sait bien dormir gagne du temps."
"Ne pas se laisser happer par le marasme idéologique."
"La douleur est sérieuse mais le désespoir ridicule."
"Partout la suspicion, l’idée de la sécurité avant tout, ne pas perdre la face, se garder de toute faiblesse ludique !"
L. Dax, revue Ironie (Janvier, février, Mars 2024)
dimanche 18 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (V)
J'ai devant moi, mais il m'échappe, celui que je rêve d'être.
Informulée, ruminée, la description qui m'idéalise, m'irréalise. Je fuis comme la peste le principe de réalité, mais rien n'empêche les fantasmes de déferler, de te leurrer.
Ne pas pleurer.
MAINTENANT (I)
Dans le dernier numéro de la revue Ironie (Janvier/Février/Mars 2024), de Lionel Dax
"S'assagir, c'est entrer dans le jeu de la mort." L.R.D.F
"Sur la route, Vivaldi, Scarlatti, Pergolèse, tout droit, vers le sud, allegro, largo, allegro, les hirondelles s'activent en ronde devant le pare-brise, miroir de leur agilité."
"Sollers remontant d'un pas prompt le boulevard de Port-Royal."
vendredi 16 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (IV)
Des phrases à longueur de journée
Ou alors des silences sans fin
Mais pas un mot valable
Pas une pensée vraie
Triste bilan de la journée
Et ceci toujours recommencé
mercredi 14 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (III)
J'aimais une fille
mais comme je ne savais pas
parler
j'utlisais ce que je connaissais
TAC TAC TAC
ou encore
1 2 3 4
je déclenchais son rire
mais rien n'y faisait
toujours s'illusionner
lundi 12 février 2024
SES PUTAINS MEURTRIERES (II)
Pâleur d'un visage
dans le jour froid qui se lève
c'est
pour moi le halo
qui
réchauffe mes ténèbres
samedi 10 février 2024
SES PUTAINS MEURTIERES (I)
Souvent il se promenait durant d'interminables heures, ne voulant pas rentrer à la maison pour retrouver un inconfort qu'il détestait mais qu'il n'avait pas la force de changer. Il marchait et des flots de pensées le submergeaient. Il savait pourtant que l'unique solution pour ne pas couler était de s'arrêter, de se poser et de mettre à plat tout ce qui lui venait à l'esprit.
Pour passer de personnage de mauvais roman à possible narrateur du récit qu'il oserait enfin appeler vie, sa vie à reconstruire à la force du poignet.
Finies les envolées
Les voeux voilés
Les voix volées
S'ouvrir
Finies les vaines allées
Les veines coupées
La vie corvée
Le corps
Levé de la
Victoire
dimanche 4 février 2024
ASSEMBLAGE
Quel drôle d'assemblage dit-elle.
Un grand bourgeois et un prolétaire quoi de commun?
Pas si sûr, écoute, ce sont les dernières lignes du roman-poème de Ponthus:
Il y a qu'il n'y aura jamais
De
Point final
A la ligne
Oh! Sans ponctuation! Comme dans Paradis!
D'un livre l'autre, j'entame maintenant la biographie de Louvrier sur ce mystérieux Sollers. N'est-ce pas Mozart qui disait que la musique est dans le silence entre les notes?
samedi 3 février 2024
vendredi 26 janvier 2024
BOUCHERIE, POISSONNERIE, POESIE
"J'avais même dû réussir à faire rimer
Abattoir et foutoir
Crevette et esperluette
Usine et Mélusine"
Joseph Ponthus, A la ligne -Feuillets d'usine









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