mercredi 31 mai 2023

PROGRAMME (2)

 


Les privilèges

I. Le privilégié pourra choisir à tous moments l’âge qu’il souhaite avoir.

II. Le privilégié pourra s’il le souhaite se trouver dans plusieurs lieux à la fois.
III. Il pourra à volonté connaître les pensées de ses interlocuteurs.
IV. Son portefeuille contiendra toujours la somme dont il aura besoin.
V. Il pourra changer d’apparence selon son choix.
VI. Pendant ses activités sexuelles, pour lui et pour ses partenaires, le temps sera effectivement suspendu.
VII. Il gardera en mémoire tout ce qu’il lit, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il pense, tout ce qu’il ressent, tout ce qu’il vit, mais avec le privilège de n’en évoquer que ce qu’il souhaite.
VIII. Le privilégié écrira à la vitesse de la pensée et avec la précision de la musique.
IX. Le privilégié pourra jouir du bien pour le bien. Il pourra jouir du mal pour le mal. Mais il pourra aussi à volonté haïr le mal. Il ne pourra jamais haïr le bien.
X. Dieu exauce les vœux du privilégié et les lui pardonne.
XI. Le privilégié reste lucide et heureux jusqu’à sa mort qui l’emporte sans douleur pendant son sommeil.
XII. Le privilégié ressuscite le troisième jour et choisit son destin.

                                   Marcelin Pleynet, 1986.

dimanche 28 mai 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (X)

Sorrow

 Sorrow, in the morning

 Sorrow

 Sorrow, late at night

 Like a ship without a sailor

 

lundi 22 mai 2023

NE TRAVAILLEZ JAMAIS (3)

 "Il faut aller à l'essentiel. Ne rien foutre et, de temps en temps, travailler très vite. Mais ne rien foutre, ce n'est pas perdre son temps, attention. Il faut bien sûr en avoir les moyens. Moi, je fous rien, je reste des heures à regarder un objet...Mais c'est bien, c'est le temps qui passe...Et dans le silence, surtout pas de disque."

     Serge Gainsbourg, entretien dans "l'invité du jeudi", en avril 1979


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 19 mai 2023

LE JOUR DEVANT SOI

"J'aime ce dont je parle. Par exemple, en ce moment, j'étudie Balzac avec mes élèves. Quel autre métier permet de parler de cet auteur dès 8H du matin?"

                 Patrice Jean, entretien dans zone-critique.com

          

jeudi 18 mai 2023

PROGRAMME

A partir de maintenant suivre ce programme de lecture: un classique puis un moderne puis un classique, etc...

Sachant qu'un classique peut être moderne (l'est forcément) et qu'un moderne (20 ème, 21 ème siècle) peut être classique.

vendredi 12 mai 2023

"OXYMORE" (VI)

 BOUL-AIR

ça a débuté comme ça: boul(e) dans la lourdeur donc puis ça s'est allégé (air).

mercredi 10 mai 2023

SOLLERS SI!

Comme le dit de façon émouvante Pascal Louvrier, écrivain essayiste, dans son hommage à Sollers : "Sollers est mort. Je n’arrive même pas à croire ce que j’écris".

J’avais décidé, durant cette semaine coincée entre Pâques et l’Ascension, de prendre le large, alors cap à l’ouest. Début mai je me retrouvais sur les terres de l’écrivain J.P Manchette que je relisais, à Saint-Georges de Didonne où se situe un de ses romans. Puis je visitais les jours suivants l’île d’Oléron à vélo traversant marais salants, cheminant dans les sous-bois, m’arrêtant sur les grandes plages sableuses. Le soleil était là, peu de monde. Le soir huîtres et vin blanc, c’était parfait. Je lisais toujours Manchette, le roman Fatale qui se clôt par cette phrase puisée chez Molière : "Femmes voluptueuses et philosophes c’est à vous que je m’adresse" (et je pensais alors à l’auteur de Femmes qui n’aurait pas désavoué une telle phrase).
Je devais me rendre ensuite pour la première fois sur l’île de Ré, vendredi 05 mai avec le désir de me promener du côté d’Ars-en-Ré, mais j’hésitais ne voulant pas passer pour un voyeur lourdingue. Finalement des impératifs m’obligèrent à écourter mon séjour et le 06 mai pileface m’apprenait la mort de Sollers.

Que dire ?

De très beaux hommages ont été rendus, celui de P. Louvrier donc, mais aussi bien entendu ceux des deux formidables rédacteurs du site qui m’accueille de temps à autre (Viktor Kirtov et Albert Gauvin). Il y a aussi l’écrivain Jérôme Leroy qui cite à merveille des extraits de Sollers.
Il y a eu d’autres hommages plus conventionnels-officiels et je passe sur les quelques propos imbéciles qui sont allés de suite aux cabinets.
Je n’étais pas un proche de Sollers, je l’avais croisé une fois il y a quelques années lors d’une conférence donnée dans un hôpital parisien, consacrée à Picasso et Manet. Josyane Savigneau avait introduit la conférence, elle qui dit si bien que Sollers devrait être remboursé par la sécurité sociale. Jean-Jacques Schuhl et Ingrid Caven étaient présents.

Ces derniers temps, je guettais une nouvelle sur une prochaine sortie de roman, même si à la lecture de Graal on pouvait comprendre que ce serait le dernier. J’avais été stupéfait par cette phrase bataillienne : "Je vis pleinement ma mort".

Je lis Sollers depuis le début des années 90 et chaque livre constitue pour moi un événement. Je me concentre, j’écoute au plus près ses mots, sa voix qui ont la faculté de me rendre plus vivant. Puissance de la parole... Ce n’est pas rien !

Lorsqu’il écrivait dans le journal Le Monde, je me précipitais dans un kiosque et c’était pour les jours suivants un regain d’énergie. Je me souviens de l’époque où je me rendais chez un ami qui avait tapissé ses murs d’aphorismes de Cioran tirés de La tentation d’exister ou de l’inconvénient d’être né. Moi j’apportais la revue l’infini, les articles de journaux. Plus contradictoire tu meurs ! Grande époque !

Je me suis très vite abonné à cette revue et j’ai découvert des auteurs que je lis encore (S. Zagdanski, M.E Nabe, Y. Haenel, F. Meyronnis, C. Guilbert, M. Pautrel, et concernant ce dernier, je lis chaque jour les petites grandes phrases de son carnet qui me font penser à Sollers).

Il faut donc mourir, c’est fatal, mais dans L’Ecole du Mystère voici :

"La mort est là c’est sûr, on se trimballe avec son cadavre, on est l’ombre de soi-même, par beau temps comme par mauvais temps. La foi, contrairement à ce qu’on croit ou qu’on lui fait dire, considère la vie comme une expérience. Tout dépend des situations, mais l’étoile est là".


 

 

lundi 8 mai 2023

"OXYMORE" (V)

 Sollers est mort

"OXYMORE" (IV)

 " L'oisiveté n'avait jamais autant ressemblé à un sport de combat."

                                               Mes vies parallèles, Julien Leschiera

L'HOMME DE LA PEINE 15 (Ou un roi sans divertissement)

Il aura passé sa vie à s'ennuyer cet ancien sous-officier de gendarmerie. Aucun intérêt, aucune  passion pour divertir cet homme solitaire. Un roi à la maison qui faisait régner une petite terreur. Rien n'aura dynamisé son existence si ce n'est sa rupture la soixantaine venue, qui si l'on veut, aura agit comme un bâton de dynamite. Mais pas fou, il s'éteint doucement dans son lit.

samedi 6 mai 2023

SOLLERS

 

Île de Ré, pendant le tournage du film d'André S. Labarthe. "Il pense à un livre qui ne s'arrêterait pas plus que la mer..." (Drame).
 

BLEU... BLUES ( M ET MOI- 4)

MOI: Je ne sais pas toi, mais le front de mer me donne souvent le blues.

M: Tu dis ça parce que ça te rappelle P.

MOI: Je ne sais pas si on peut avoir le blues à la montagne?

M: Pourquoi pas? Mais pourquoi le blues? La montagne m'ouvre, me fait respirer.

MOI: Oui chacun son expérience.

M: Tu fais quoi là, tu prends en photo la plage de Didonne?

MOI: Oui la mer, le ciel bleu.

M: Tu vas comme d'habitude mal cadrer.

MOI: J'espère bien!

M: Tu serais capable de prendre en photo le périphérique en rentrant de vacances!

                         Un peu de bleu à Saint-Georges de Didonne


                               La plage de Saint-Georges de Didonne (Royan), le 1er mai.


vendredi 5 mai 2023

L'HOMME DE LA PEINE (14)

Il n'a jamais rien voulu savoir, jamais il n'a dévié de sa résolution à ne pas prendre de décision. Il n'a plus la main sur rien. Presque paralysé il passe la plus grande partie de ses journées allongé. Sa coupe il la boit jusqu'au lit.