" Tactique. Moi qui aime tant les pensives je n'ai rencontré en majorité que des poncives, sempiternellement taraudées par le nerf à vif d'une incessante guerre aigrie qui les épuise. la difficulté consiste à rendre une femme pensive afin qu'elle me séduise à son insu. Pensive et gaie, c'est assez ardu. Beaucoup échouent à l'examen, trop hystériquement rieuses pour être sincèrement gaies, trop foncièrement soucieuses pour être clairement pensives."
-MOI: ça demande quand même du temps et de la concentration, donc oui je travaille, mais pour moi.
-M: ça sert à quoi personne ne te lit!
-MOI: Si toi quand même, ça compte.122 articles pour être précis.
-M: Des posts oui, des postillons même!
-MOI: ça dépend, c'est inégal mais quelquefois je crois que c'est intéressant.
-M: Certainement pas lorsque tu es indiscret, je trouve ça honteux de
parler de gens proches de toi. Tes postillons sont des crachats. Tu penses qu'ils seraient contents de
voir leur vie étalée?
-MOI: Je n'étale rien; aucune indiscrétion, "aucun reproche à ses proches", disons plutôt que je m'approche de mes proches mais en douceur.
-M: Ben voyons...
-MOI: Je t'assure, en douceur, et profondeur...
-M: Un titre d'un de tes crooners bien sûr!
-MOI: Je m'approche avec des mots comme quelqu'un qui voudrait mieux voir un détail d'un tableau approcherait sa lampe ou sa bougie afin de l'éclairer. Voilà comment j'envisage les choses: porter un éclairage sur une scène vécue, un souvenir, qui sans cela resterait dans l'ombre ou l'oubli éternellement.
-M: Vraiment tu te la racontes, qu'est-ce que tu es prétentieux, t'es incurable.
-MOI: Je bricole.
-M: J'aimerais bien! Mais c'est moi qui fais ça, je repeins, je répare, tu parles d'éclairage et c'est moi qui change les ampoules!!
-MOI: Tu ponces, je pense...
-M: Tu deviens imbuvable! Et puis je ne comprends pas le titre de ce blog,Thelonews pour Thelonious Monk?
-MOI: Voilà
-M:
Mais tu n'as mis qu'un morceau de lui, lors de ton premier post, oh
pardon, article; le reste ce sont des crooners.
-MOI: Tu as raison, je vais réparer cela; écoute,buvons, un an aujourd'hui que je tiens ce blog, je te sers quelque chose?
-M: un Mojito, et toi?
-MOI: Un whisky, mais straight no chaser bien sûr!
« […] Oui, les journaux avaient raison,
la neige était générale en toute l’Irlande. Elle tombait sur la plaine centrale
et sombre, sur les collines sans arbres, tombait mollement sur la tourbière
d’Allen et plus loin, à l’occident, mollement tombait sur les vagues rebelles
et sombres du Shannon.
Elle tombait aussi dans tous les coins du
cimetière isolé, sur la colline où Michel Furey gisait enseveli. Elle s’était
amassée sur les croix tordues et les pierres tombales, sur les fers de lance de
la petite grille, sur les broussailles dépouillées.
Son âme s’évanouissait peu à peu comme il
entendait la neige s’épandre faiblement sur tout l’univers comme à la venue de
la dernière heure sur tous les vivants et les morts ».
Dernière nouvelle du
recueil « Gens de Dublin », intitulée « The Dead » par James
Joyce
Ils se retrouvent régulièrement dans un restaurant de spécialités du sud-ouest, au nom ridicule, dans Paris; à chaque fois pour voir ensemble un match de coupe d'Europe de football, le sport de leurs jeunes années, spectacle (peu) télévisé en ces temps là qu'ils attendaient, espéraient avec d'autant plus de ferveur, mais à chaque fois spectacle interdit par leur papa.
Et c'est justement "chez papa" qu'ils se retrouvent...
Un ami m'envoie son album destiné à la jeunesse: j'ai trouvé mon titre.
Je lis la chronique hebdomadaire de Y. Haenel qui paraît dans Charlie Hebdo, elle s'intitule "Plus de lumière", en référence à Goethe. Il y est surtout question de Jean-Luc Godard qui vient de s'éteindre (plus de lumière). Il relate une rencontre avec lui dans un café nommé "Le Paradis" situé rue Saint-Martin près de Beaubourg.
Ce café est situé à quelques dizaines de mètres du café Beaubourg où la présence de Philippe Sollers est inscrite dans les murs du café avec le début et la fin de "Paradis 2".
Sollers, en parlant d'Autoportrait de décembre soulignait que dans la bibliothèque que Godard filme on voit L'enfer et le purgatoire de Dante, mais pas le Paradis...
Paradis de Sollers: Soleil voix lumière
Plus de lumière titre Haenel, "mais les couleurs n'ajoutent pas seulement à l'intensité de la vie, elles nous procurent la lumière qui manque".
A la fin de Paradis (mais il n'y a pas de fin à Paradis, pas de ponctuation, pas de fin), c'est "ce qui ne meurt pas", on lit: "et voilà tout se renverse d'un coup à nouveau le jour se lève enfin dans sa pointe océan poumons clé hautbois le bleu revient il revient le bleu pas croyable il est là buée dans le rouge en gris jaune en bas...
Mais dans Godard, on entend Dieu, on entend art dit Haenel; tout comme Sollers veut dire tout entier art...
"art, "oui ça je connais c'est quand on ne meurt pas" dit Godard à Haenel.
ça l'empêche de dormir; il s'agite dans son lit, pense qu'il est son père, se retourne, pense maintenant qu'il hait son père, puis qu'il hai-me son père (comme dirait Lacan!). Il s'y perd sur cette question de père. Et puis il finit par s'endormir.
Au réveil content de lui, hé hé, il se dit qu'il faut, telle une haie, le franchir.