dimanche 29 décembre 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXXVI)
samedi 28 décembre 2024
BERNANOS, QUEL OS!
Des jours et semaines qu'il a commencé "Sous le soleil de Satan"; trois pages un soir, dix un autre. Une oeuvre qui ne se donne pas, a contrario il faut, tel Donissan se donner! Il la lit pourtant comme on bouquine (Je bouquine!). Quelle honte!
Il se sent, se sait concerné mais il faut non pas lire avec les yeux mais avec le coeur.
Symptomatiquement, peut-être, il a repéré 2 extraits qu'il a mis sur le blog et à chaque fois ces extraits semblent parler de lui.
Il doit continuer, reprendre même. L'histoire bien sûr il est capable d'en parler mais en quoi cette histoire peut le CONCERNER, hélas il ne peut rien en dire.
"J'écris ce livre pour moi, et pour vous – pour vous qui me lisez, oui : non pas un autre, vous, vous même".
(première phrase de La Grande Peur des Bien-pensants)
A REPRENDRE donc et sans peur.
vendredi 27 décembre 2024
ETAT D'ESPRIT (XII): COUP DE SOLLERS!
Des jours et des jours où le ciel est bas, aucune perspective en vue, il tourne en rond.
Il avait la possibilité de s'évader, aller glisser on le lui avait proposé, glisser il aimait ça plus jeune. Il a essayé l'autre week-end, c'était pas mal pas si rouillé s'était-il dit. Mais là non, première barrière la distance, puis un sport où il est mauvais, manque de souplesse. La souplesse c'est aussi dans la tête s'entend-il se dire.
Elles partent donc, glisse et ciel bleu, et lui tourne un peu en rond il creuse son sillon, pas de perspective, ciel bas. Mais non il se reprend ( reprendre son verbe préféré: reprendre un livre par exemple). Il ira la prochaine fois; le ciel est bleu depuis quelques heures, un coup de Sollers pense-t-il ( Ciel de Sollers, texte lu il y a peu et merveilleux titre).
mardi 24 décembre 2024
lundi 23 décembre 2024
LGS (XI)
Dans "Ciel de Sollers", texte de JH Larché, dans la revue "Les cahiers de Tinbad" n°17):
Le grand Phil comme on dit le grand Will a marqué son temps par sa lucidité hors pair, sa joie et son opiniâtreté, au plus près de la littérature.
vendredi 20 décembre 2024
ETAT D'ESPRIT (XI)
Il se demandait pourquoi un tel attachement au fil directeur, sa marque de fabrique depuis qu'il exerce cette fonction. Il scrute, observe ce mot, certain qu'il dira des choses sur lui. Fil, comme fils. Le fils directeur et il pense à son père, être sévère, sorte de directeur lorsqu'il travaillait (gendarmerie, Chef de la sécurité dans un hôpital vers la fin de sa carrière).
Voilà, ce fil est un attachement comme fils, à son père.
dimanche 15 décembre 2024
samedi 14 décembre 2024
mardi 10 décembre 2024
TOUT MOI !
"Pour être franc avec moi-même, il n' y a pas à chercher midi à quatorze heures ni tortiller sans fin et le tour de la question est vite fait: je ne sais pas me servir d'un pistolet oléopneumatique pour poser des boulons ou des rivets aveugles, je ne sais pas couler une semelle de béton pour monter un mur en parpaings, je ne sais pas faire frire des poissons ni cuire une miche de pain, je suis incapable de déboucher le siphon de l'évier sans mettre à mal toutes les canalisations de la maison et si l'on me demande d'aller promener le chien, alors il est fort possible que je le perde en chemin".
Analyser la situation, Pierre Autin-Grenier
samedi 7 décembre 2024
ETAT D'ESPRIT (10)
Il passait très souvent près de la devanture d'une société de Pompes Funèbres et il avait remarqué qu'invariablement, à ce moment précis, la tête dans ses pensées, le mot écrire lui venait à l'esprit.
jeudi 5 décembre 2024
ETAT D'ESPRIT (9)
En souffrance à Vence.
Le matin – demi sommeil – sanglots, qui me réveillent (pensé à Luc)
C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides.
Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n’étais pas là.
Ma voix ne porte plus très loin.
Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie.
Il faut se quitter déjà ?
Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.
Henri Calet, Peau d'ours,(phrases écrites 3 jours avant sa mort)
mercredi 4 décembre 2024
samedi 30 novembre 2024
vendredi 29 novembre 2024
ETAT D'ESPRIT (7)
jeudi 28 novembre 2024
lundi 25 novembre 2024
dimanche 24 novembre 2024
ETAT D'ESPRIT (5)
Elle disait qu'elle s'en fichait qu'il écrive ou pas; qu'il tienne un blog ou pas. Il avait l'impression du contraire et lorsqu'il le lui disait elle s'énervait disant qu'elle s'en fichait éperdument ce qui confirmait qu'elle n'aimait pas ça du tout. Cela l'amusait et l'amuse (a-muse) encore ce non effet pygmalion.
vendredi 22 novembre 2024
ETAT D'ESPRIT (4)
Il avait passé une partie de sa vie, jeune, avec un caractériel. Il se demandait si le manque de caractère qu'on pouvait lui attribuer ne venait pas de là, et poussant sa réflexion, cette manie de vouloir coucher des mots (des caractères) sur une feuille, une réaction à cette partie de sa vie?
mercredi 20 novembre 2024
ETAT D'ESPRIT (3)
Il avait lu, dans un livre de la psychanalyste Lydia Flem consacré à la vie quotidienne de Freud et de ses patients, que sa première consultation avait eu lieu un 25 avril et il s'agissait d'un officiel portugais (diplomate).
C'était donc fait pour lui s'était-il dit mais seule la flemme l'en aura empêché...
dimanche 17 novembre 2024
lundi 11 novembre 2024
vendredi 8 novembre 2024
mercredi 6 novembre 2024
EXERCICE D'ADMIRATION (II)
Il était autour de minuit l'autre soir quand j'ai fini votre roman. J'avais lu dans la journée, comme chaque mercredi, la chronique de Y. Diener, le psy de Charlie Hebdo, qui n'a de cesse dans ses billets de vitupérer contre la Novlangue et le mal qu'elle (nous) fait. "Comment nous sommes hachés menu par les éléments de langage" dit-il.
J 'y ai vu un rapport avec La vie des spectres et son héros Jean Dulac.
Il y a des années j'ai découvert le classique du cinéma "Ma nuit chez Maud" que j'associe depuis et pour toujours à la ville de Clermont-Ferrand; je ne la connais pas mais je devrais normalement bientôt y passer: j'y ajouterai alors comme étapes, Landos et le Puy-en-Velay, villes que j'associe maintenant à Hélène Drach.
Lire c'est voyager!
La semaine suivante , je lisais à nouveau la chronique de Y. Diener dans laquelle il cite cette fameuse phrase de Kafka: "Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en vous".
C'est exactement ce que produit votre livre.
Dulac, qui petit à petit s'enfonce (comme dans un lac) et va à sa perte mais soudain Monk est là et c'est splendide.
Sur "La vie des spectres" de Patrice Jean
dimanche 3 novembre 2024
lundi 21 octobre 2024
dimanche 20 octobre 2024
LE PUR VERTIGE D'EXISTER
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXXIII)
Tu es mon mal et mon premier bal
Je suis la clef de ta beauté toujours cachée
Serons nous là, toujours comme ça
Deux éléments s'opposant
jeudi 17 octobre 2024
PETITES TROUVAILLES
Je lis pendant mes heures gagnées.
C'est une analyse hors pair se dit-il, ou plutôt hors père, car ce dernier était bien incapable d'en faire (une analyse de la situation), car c'était un homme perdu (ou alors père dû).
samedi 12 octobre 2024
LA MEDIOCRITE MÊME
"Pour beaucoup de niais vaniteux que la vie déçoit, la famille reste une institution nécessaire, puisqu'elle met à leur disposition, et comme à portée de la main, un petit nombre d'êtres faibles, que le plus lâche peut effrayer. Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui".
Bernanos, Sous le soleil de Satan
mercredi 9 octobre 2024
lundi 7 octobre 2024
samedi 5 octobre 2024
VIE-MORT-VIE
"J'étais seul, je n'avais plus d'amis, plus d'amante, plus de compagne, et aucun éditeur ne voulait de mes Fantoches.
Un soir de novembre, je reçus un SMS de Van Beveren: "Je suis guéri, vieille branche! Les filles sont belles, le sang coule dans mes veines et je viens d'écouter un air de Thelonious Monk. Si tu me rejoignais pour boire à la gloire de tout ce qui est beau, je serais pleinement heureux!"
Dernières lignes de La vie des spectres de Patrice Jean
vendredi 20 septembre 2024
L'EFFET JACCARD, L'EFFET SOLLERS
Le 20 septembre 2021 Roland Jaccard est parti, il s'est fait la malle, il en avait marre. Dans son dernier recueil "On ne se remet jamais d'une enfance heureuse", un des textes s'intitule Le suicide? Après l'été...
Et effectivement le 20 septembre marque la fin de l'été; Roland Jaccard a donc tenu parole comme le dit très bien son ami Jérôme Leroy https://feusurlequartiergeneral.blogspot.com/search/label/Roland%20Jaccard.
Je ne le connaissais pas personnellement, j'avais été convié après quelques échanges épistolaires à sa cantine (chez Yushi, un restaurant japonais parisien) il y a quelques années, mais loin de la capitale je n'avais pas pu m'y rendre.
Regret.
En mai 2021 je lui avais envoyé ce petit texte (ci-dessous), et il m'avait répondu , bien à sa manière: :" très touché par votre texte... ainsi j'aurais réussi quelque chose, quelle honte mais aussi quelle satisfaction... Chaleureusement"
L’effet Jaccard, l’effet Sollers
Comment peux-tu admirer à la fois Sollers et Jaccard me demande M. pour qui ces deux écrivains se situent aux Antipodes ?
Comment peux-tu rapprocher le premier pour qui lorsqu’on lui parle de cinéma répond : « Hitchcock suffit », du second, pur Mac-Mahonien, qui a passé sa vie au cinéma ? Comment peux-tu assembler un homme qui n’aime que les très jeunes filles, la dernière ayant 50 ans de moins que lui, avec un homme qui s'est toujours revendiqué adultophile !?
Comment peux-tu passer d'Agent Secret à la couleur nietzschéenne, au Monde d'avant, d'un disciple de Schopenhauer ?
Comment peux-tu concilier celui qui se réclame de Sade : "le passé m'indiffère, le présent m'électrise, je crains peu l'avenir" et celui qui préfère B. Constant : "Ce que j'ai souffert n'est plus, ce que je souffrirai n'est pas, et je m'inquiète, je me crève pour ces deux néants-là".
Et comment peux-tu te réclamer à la fois de celui qui dit " Pensez tout ce que vous voulez mais la joie avant tout", et de celui qui confesse que, "si je cessais de me plaindre, j’abandonnerais aussitôt ce journal ? »
Dans ce journal, 835 pages pour un peu moins de 5 ans (sur les pas d'Amiel), Roland Jaccard y consigne « ses lectures, ses sensations, ses envies, ses dégoûts, ses minuits et ses aurores ».
On y croise tout un Monde, et d'abord ses confrères du journal vespéral (F. Bott, Roger Pol Droit, B.Poirot -Delpech, M.Contat et aussi une certaine J. Savigneau).
Chaque jour, reviennent les mêmes noms, si bien que ces personnes publiques se transforment au fil des pages en personnages.
Journal de l'amitié (Matzneff, Bott, Comte-Sponville), journal de l'admiration (Cioran, Amiel, Zweig, Wilde), mais surtout Journal amoureux où L. (pour Linda Lê) est présente à chaque page, L. dont Nabokov dit que c'est une des lettres de l’alphabet les plus limpides et les plus lumineuses.
On suit un couple au quotidien qui partage les grands films de l’histoire du cinéma, ainsi que les lectures, comme chez Truffaut, mieux que chez Truffaut, quand Jaccard lit au lit avec L. des pages de romans (chez Truffaut le couple lit chacun de son côté des livres qui n’ont aucun rapport) ; par exemple quand l'auteur des Femmes disparaissent découvre avec L. Femmes de Sollers.
Chaque jour 30 pages lues avec délectation (plus tard pourtant Jaccard dira qu'il déteste ce roman).
L. pour ce grand cinéphile, c'est son aile du Désir.
Citations, aphorismes, réflexions, anecdotes rythment ce journal. Réflexions sur ce que doit être un journal aussi : "Toi et personne d'autre : ton Toi sacré." (On dirait Gombrowicz avec lundi : moi, mardi : moi, mercredi : moi).
« Tout est inutile, mais le journal intime est peut-être un peu plus inutile que tout le reste. C'est ce qui lui donne son prix ».
« Le journal intime c'est la liberté ».
Et mon aphorisme préféré : « Mon journal intime ? Une bulle de savon avec une goutte de sang à l'intérieur ».
Jaccard au bord de la piscine Deligny mais aussi au bord de l'abîme...
Dans ce journal que je pourrais baptiser « Mémoires, un vrai roman » (titre de Sollers), et que je lis comme tel si bien que je ralentis ma lecture vers la fin pour ne pas finir trop vite, Jaccard dit encore ceci : ce journal c'est chaque matin « trois minutes pour se dégourdir la plume, trois minutes pour contempler le tourbillon sans fin des apparences vaines. Trois minutes pour se souvenir de l'effet Proust dans la première scène de Faust, où l'érudit écrasé par le poids de sa tâche, déprimé et épuisé, éprouve la tentation du suicide. Mais alors qu'il porte le poison à ses lèvres, les cloches de Pâques commencent à retentir, ramenant un flot de souvenirs d'enfance : l'effet Proust.
Perdre l'effet Proust, c'est perdre ce qu'il y a de plus précieux dans l'existence ».
Je ne perds pas une miette de ce journal, de ce roman de la vie, Le Monde d’avant (journal 1983-1988) agit chez moi comme un contre-poison.
| COMICS retournés, Gabriela Manzoni (Editions Séguier) |
dimanche 15 septembre 2024
samedi 14 septembre 2024
vendredi 13 septembre 2024
lundi 9 septembre 2024
PERE SONNE
Il multipliait les noms, elle lui faisait remarquer; un nom puis un autre, encore un autre, mais pourquoi donc tant de noms? Son nom est personne?
Le nom de son père sonne, il fait trop de bruit, il est inaudible, il est trop lourd alors il le recouvre de noms toujours plus de noms.
Attention comme un train peut en cacher un autre, un nom peut aussi le faire, alors danger...
mercredi 21 août 2024
M ET MOI (V) OU VENISE ATTENDRA
M: Mais il est à sec ton blog, quatre posts en un mois, record! Tu n'as plus d'idées?
MOI: Que veux-tu, c'est l'été, c'est l'étiage; tu t'en plaindrais presque toi qui n'a de cesse de critiquer ce que je fais.
M: Il faut dire que tu ne te foules pas. C'est un peu je pompe donc je suis ton blog et là on dirait que la pompe ne pompe plus...
MOI: Et alors tu voudrais de l'originalité, des petites pensées?
M: Ben oui, penser par toi-même, comme tout le monde!
MOI: Comme tout le monde... Mais sur quoi? Notre petit tour en Italie, Slovénie, Croatie en van?
M: Et voilà tu vannes... mais sois créatif au lieu de citer ou de recopier. Regarde ce dont je suis capable avec mes photos et petites vidéos; et ceci en quelques minutes; et sans me vanter je crois que ça fait son petit effet.
MOI: En effet, c'est joli je ne dis pas le contraire.
M: Tu dénigres.
MOI: Non mais tout est déjà donné avec l'image. Elle se suffit à elle même et une succession d'images n'est pas un montage.
M: C'est pas mon souci.
MOI: C'est l'articulation entre les images qui est le montage.
M: Tout de suite les grands mots.
MOI: Cependant avec une succession de belles images, tu obtiens de très jolies choses.
M: Et c'est suffisant.
MOI: Question de point de vue. ça me fait penser à Hemingway.
M: Encore tes écrivains, quel rapport?
MOI: Eh bien quelque part il dit ceci: Tout ce que l'on peut atteindre finalement dans la vie, c'est un point de vue.
M: Et alors?
MOI: Avec les images pas de point de vue.
M: Mais si regarde mes photos elles sont toutes faites à partir d'un point de vue.
MOI: Pas sûr.
M: Mais si je décide du cadre.
MOI: Certes mais mon opinion c'est qu'une enfilade de paysages (plus beaux les uns que les autres) c'est un peu comme enfiler des perles... Tu obtiens un beau collier et tu en mets plein la vue.
M: Tu dénigres! C'est toi avec les mots qui fais l'expert.
MOI: Mais regarde tous ces blogs de voyages avec des paysages à couper le souffle, et bien moi ça me coupe l'inspiration.
Elles sont toutes interchangeables ces photos.
M: Mais pense donc par toi-même nom de Dieu, tu as toujours besoin de ramener tes auteurs! Aujourd'hui Hemingway!
MOI: C'est que j'attends avec impatience le livre de G.de Cortanze, sur les derniers jours d'Hemingway, il avait déjà écrit une grande biographie sur Sollers.
M: Ah encore celui-là, je croyais qu'il était mort?
MOI: Mort mais vivant.
M: Beurk un mort-vivant.
MOI: Non, un Vivant de Nom...
M:Très drôle; mais pourquoi voir les choses à travers d'autres yeux?
MOI: C'est pas les yeux c'est les mots que je fais miens, c'est différent. Je dirais que c'est un peu un filtre qui me permet de mieux voir . Exemple, si un jour je vais à Venise, avant de lire le Lonely Planet, je lirai Au-delà de fleuve et sous les arbres qui se passe à Venise.
M: Tiens là justement devant toi en pleine nature slovène, il y a des arbres, une rivière.
MOI: Le titre du livre est celui-ci: Il ne rêvait plus que de paysages et de lions au bord de la mer.
M: Tu vois les paysages... Faut vivre le moment présent, l'instant. Ta fille fait de l'accrobranche, elle prend des risques c'est concret; elle vient de faire six fois le parcours et toi tu restes pépère dans ta zone de confort, aucune prise de risque, des certitudes. Tout est écrit.
MOI: Oui tu l'as dit c'est écrit. Mais tu sais, faire comme tout le monde c'est pas une vie. Comment tu peux expliquer qu'avec des yeux différents tu obtiennes toujours la même chose (les mêmes images, les mêmes films).
M: Mais dis-moi Vérone c'était quand même quelque chose, se dégageait de la ville un certain magnétisme non?
MOI: La meilleure glace de l'été.
M: Autre chose quand même.
MOI: Le magnétisme? J'appelle ça plutôt la coagulation, l'attroupement. Tu as vu la foule devant le balcon de Juliette... Tiens on n'a pas rapporté de "magnets" c'est-à-dire d'aimants à mettre sur le frigo, quelle erreur!
M: Tu blagues?
MOI: Non, cela aurait fait "les aimants de Vérone".
M: Pschtt...
MOI: Mais de toute façon ça se passe à Venise...
M: Avant Vérone on était en pleine campagne c'était beau non?
MOI: C'était Sirmione face au lac de Gardes.
M: Oh oui très champêtre, superbe.
MOI: A Sirmione, a eu lieu la première rencontre entre Joyce et Ezra Pound. Ce dernier a beaucoup aidé Joyce à ses débuts.
M: Un alcoolique et un fasciste.
MOI: Comme tu y vas... Pound qu'on retrouve à la fin de sa vie à ... Venise.
Allez Simone fais tes bagages on continue le voyage.
M: Merci, quelle classe! Après il y a eu la NATURE slovène, les montagnes, les rivières, les cascades.
MOI: Oui et on a même évité Venise qu'on a frôlé, on a vu le panneau mais on n'est pas tombé dedans, il y aurait eu des milliers de gens, infernal.
Tu as raison, la Slovénie C'est beau et calme, une sorte de fin de vie avant l'heure.
M: Tu plaisantes, c'est l'inverse, la pleine forme, le sport de plein air, le meilleur moyen de prolonger la vie au contraire. Et on a enchaîné sur la Croatie et pas n'importe où, les lacs de Ptivice, le parc naturel classé à l'Unesco et ses cascades, beauté.
MOI: Oui c'est là en Croatie que j'ai appris la mort de Le Brun?
M: Le pongiste qui a fait des exploits aux jeux olympiques de Paris? Il s'est pris une balle dans la tête?
MOI: Non Annie Le Brun la surréaliste est morte brutalement en Croatie: j'adore les titres de ses livres, écoute: Ce qui n'a pas de prix-Lâcher tout-Appel d'air-Du trop de réalité-Soudain un bloc d'abîme, Sade- La vitesse de l'ombre.
Pas mal non? J'avais lu sa dernière interview il y a quelques mois et elle disait: "Je ne sais pas où je vais mais je sais ce que je méprise".
M: Un peu comme ce dialogue, on ne sait pas où tu vas mais tu es bien méprisant!
MOI: Mais non, je déteste l'attroupement, ces milliers de personnes venues voir la même chose au même moment. Par exemple ici, une cascade puis une autre; d'une cascade l'autre.
M: Mon plus beau paysage. Des cascades en cascade.
MOI: Pour moi Cascade c'est pas un paysage c'est un personnage de Céline.
M: Céline en Croatie? Il est venu voir ses amis les Oustachis?
MOI: Comme tu y vas...Allez la nuit vient il faut dormir; demain il faut continuer le voyage.
M: Tu ne vas pas me dire que Piran c'était pas magnifique?
MOI: Très beau en effet, très chaud aussi, faire les choses en transpiran(t)...
M: On s'est rafraîchi quand même, on a plongé dans l'Adriatique.
MOI: Et la ville ressemble à la proue d'un bateau.
M: Après j'ai moins aimé, c'était un peu triste.
MOI: Tu veux parler de Trieste?
M: Oui que c'est triste Trieste...
MOI: Tu confonds avec Venise selon Aznavour, mais Trieste c'était quand même quelque chose, cette ville certes un peu austère et bourgeoise, mais monumentale et pour cause. Ecoute bien: Freud y a étudié les testicules des anguilles et c'est la ville de Joyce et de Svevo.
M: Tu parles! Un obsédé, un alcoolique et un fumeur invétéré, quelle santé! Je préfère les hauteurs de Slovénie que ces bas-fonds.
Et avec ton Freud et sa clique de psy ça m'étonne pas maintenant qu'il y ait toujours anguille sous roche!
MOI: Quand je bois un verre de blanc (et c'est chaque jour) je lève mon verre à Jim.
M: Jim?
MOI: Nora, la femme de Joyce l'appelait ainsi tout comme Dominique Rolin surnommait aussi Sollers Jim .
M: Oui mais Nora lorsqu'elle voyait Joyce écrire se demandait pourquoi gaspiller tout ce papier...
MOI: Te rends-tu compte que notre hôtel San Giusto à Trieste se trouvait à côté du quartier où a vécu Joyce?
M: Rien à faire, mais je constate que tu te caches toujours derrière des écrivains. Tu ne mentionnes pas Morand?
MOI: Oui c'est vrai il y est enterré, mais il était trop tard pour le cimetière... fermé la nuit...
M: Un auteur chasse l'autre chez toi.
MOI: Larvatus Prodeo.
M: Tu parles Latin maintenant? Tu fais le malin.
MOI: C'est en hommage à Il Sorpasso.
M: Quoi donc?
MOI: Dans le Fanfaron de Risi, il y a une scène extraordinaire avec des religieux en soutane qui demandent de l'aide pour leur voiture tombée en panne et ils s'expriment en latin.
M: Un film en noir et blanc.
MOI: les couleurs sont à l'intérieur quand on le veut.
M: Quel rapport avec notre voyage?
MOI: ça se passe aussi en Italie, en été et c'est aussi un voyage. Il sorpasso ça veut dire dépassement et en effet il surpasse tous les autres films.
M: Même Pierrot le Fou?
MOI: Disons que j'y vois des rapports: un voyage, l'été, le sud, les voitures italiennes, même le klaxon de la voiture, enfin tout quoi.
M: Et Saint-Tropez!
MOI: Oui dans le Fanfaron il y a une chanson sur Saint-Tropez, comme dans le Gendarme contemporain du film italien. Mais tu vois pas le même humour... l'humour à la française...
M: Désolée mais de Funès pour moi on peut aussi l'appeler de Finesse.
MOI: Pourquoi pas, mais ne me parle pas de finesse dans le dernier blockbuster à la française, "Un p'tit truc en plus"
M: Pourquoi? C'était marrant, généreux, oecuménique, émouvant, ça rapproche les gens. Dix millions de spectateurs! Congratulations oui!
MOI: Coagulation plutôt! Vois-tu, on fait tout un foin de ce film mais le foin je préfère le voir chez Van Gogh ou Monet plutôt que dans les plans de ce...Dis ce sont pas des navets qu'ils cuisinent tous ensemble à la fin?
M: Tu dénigres! Tu te moques! Elitiste.
MOI: Je te taquine.
M: On s'est baigné à Saint-Tropez dernière étape de notre Road-Trip.
MOI: Oui on a d'abord vu le spectacle, la plèbe d'en bas qui regarde la plèbe d'en haut sur le port, puis on a évité la coagulation et on s'est baigné sur une plage à côté de la Madrague de B.B.
M: Tu n'as même pas parlé du plus beau point de vue de ce voyage?
MOI: Oui tu as raison c'était à Arenzano, pas loin de Gênes, la veille de notre retour en France comme par hasard et le jour de ton anniversaire: splendeur italienne avec vue sur la méditerranée, un vrai cadeau, inoubliable.
Sirmione et au loin le lac de GardeVérone
Coagulation devant le buste de Juliette à Vérone
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| Une cascade en Slovénie |
Les montagnes slovènes
Une cascade de Ptivice (Croatie)
Des lacs en cascade (Ptivice)
Piran (Slovénie)
Piran comme un bateau
Une affiche dans Trieste
Trieste
Monumentale Trieste
Saint-Tropez
Arenzano
mardi 20 août 2024
dimanche 18 août 2024
JOYCE AVEC SADE
"Si je me permettais le moindre refoulement, ce serait ma mort spirituelle."
J. Joyce cité par Frédéric Pajak et Yves Tenret dans leur biographie sur Joyce, Humour (PUF)
POURQUOI TANT DE FOIN?
-Tout de même, un petit truc en plus c'est bien!
- Mon opinion? Beaucoup de foin pour rien...
-Même pas un petit truc?
- Bon si tu veux, on a vu le film dimanche 18 août, le jour de la mort de Delon et on l'entend dans le film...
- Pschtt, paroles!!!
mercredi 14 août 2024
mardi 30 juillet 2024
lundi 22 juillet 2024
ÉCRIRE, LA PLANCHE DU SALUT ?
"Parfois mon père venait m'accompagner au départ des cars Planche avec son imperméable et son parapluie il me disait adieu d'un geste ce geste qu'il n'a pas fait à son dernier souffle c'est ainsi que toujours les cars Planche vont et viennent et m'emportent m'emportent toujours et ainsi j'erre depuis 1963".
"Je veux m'en sortir avec les mots les mots sont mon héritage ma lumière et mon sang je me suis fait avec les mots ".
Ma vie folle, Richard Morgiève
samedi 13 juillet 2024
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXIX)
Pierre Barouh, Samba Saravah (1969)
Être heureux, c'est plus ou moins ce qu'on cherche
J'aime rire, chanter et je n'empêche
Pas les gens qui sont bien d'être joyeux
Pourtant s'il est une samba sans tristesse
C'est un vin qui ne donne pas l'ivresse
Un vin qui ne donne pas l'ivresse
dimanche 30 juin 2024
LGS (VIII)
Au hasard ou presque, dans l'année du tigre (journal de l'année 1998, de Philippe. Sollers)
Vendredi 19 juin: "Le point publie une lettre de De Gaulle, envoyée depuis Londres à Albert Cohen (alors Conseiller politique du congrès juif mondial). La date: 22 août 1940. Deux autres documents, de juillet et octobre 1941. Tout cela (rappel des principes de la République, rupture totale avec Vichy) est fort clair.
Lundi 29 juin: "L'exhibition quotidienne, ces jours-ci, de 22 mâles au football pourrait être aussi envisagée comme une sorte de comice agricole (ce que tendrait à prouver le brusque engouement des femmes pour ce genre d'exhibition).
Une nouvelle à écrire là-dessus, à la Flaubert, froide."
CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXVIII)
Comme en Nouvelle Angleterre
Je veux changer d'atmosphère
Dans mon jardin d'hiver
mercredi 26 juin 2024
LE DIMANCHE AU SOLEIL (II)
"Vous nous vendez sans cesse le bonheur d'exister en consommant et consommant et consommant et consommant à perte de vie. Mais comment, Messieurs, concevez-vous le bonheur? Comment? Vous êtes-vous demandé un seul jour: Que fais-je de ma vie? Qu'ai-je vraiment aimé? Par quoi fus-je comblé? Qu'ai-je trouvé de beau et d'admirable dans ce cirque sauvage qu'est devenu le monde et qui me permette de l'endurer? La mer? L'enfance? Cette étrangère à tout calcul qui s'appelle l'amitié? L'imprudence insouciante? Le pouvoir de dire non aux idées préconçues comme aux agenouillements?"
Depuis toujours nous aimons les dimanches, Lydie Salvayre
Porto, Juin 2024
samedi 22 juin 2024
samedi 15 juin 2024
EXERCICE D'ADMIRATION (I)
"Nimier m'a fait aimer les chapelles romanes, l'absolu, les apothéoses, les arènes du Midi, les bécots, les buvettes, les bals populaires, la conscience, l'effervescence, les feuilletons, le griffonnage en marge des livres, les héros, l'imperfection, la jeunesse, les kiosques à musique, le négatif, l'ombre des forêts, les paradoxes, le pur malt, les maquisards, les taxis, les tamaris, l'universel, les zouaves, le xylophone et les enragés. En somme, la France."
Le Chant des livres, Gérard Guégan












































