"L'adolescence aime l'infinité de la mer.
Elle n'est pas finie elle recommence.
Elle est comme l'amour.
Plusieurs fois la marée.
Le rivage je m'en vais je m'en viens.
J'apprends à devenir étranger à moi-même.
Ce n'est jamais deux fois la même eau.
La même mer.
Le baigneur Héraclite a laissé ses sandales sur le sable.
Avant d'entrer dans l'eau.
En ressort monsieur Archimède, ingénieur en travaux balistiques.
Qui vient de signer un CDI avec le soleil.
Le patrons des patrons quand on y pense.
Il y a donc la mer où l'on se retrempe et le seuil éternel.
L'adolescence à l'infini la plage.
Où l'on n'est jamais ridicule à jouer au ballon avec des enfants.
Qui comprennent parfaitement qui ont compris d'emblée.
Tous sur un pied d'égalité.
Amble comme galop.
Ne cherchez plus la révolution sociale.
Vous ne la trouverez nulle part.
Venez au sable déshabillez-vous, habitez la vacance suprême.
Que m'enseignèrent mes parents promotion 36.
Front de mer front populaire.
Je n'ai pas changé de religion.
J'ai transporté mon laboratoire sur une plage imaginaire.
J'y cours. J'y médite assis ou en mouvement tous les matins.
Rien de plus vivifiant que la métaphysique de l'air.
Moi, l'étudiant éternel à l'école de l'adolescence."
Jacques Darras (La mer en Hiver sur les côtes de la Manche; suivi de l'Imagination et le pur vertige d'exister) cité par Jérôme Leroy

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