mercredi 28 décembre 2022

L'HOMME DE LA PEINE (6)

Elle se souvient de son enfance, et déjà elle ne supportait pas chez lui ses pieds qui trainaient, l'impression qu'il se déplaçait avec peine; c'est un grand-père maintenant, elle l'admire et le châtie souvent, l'art d'être père il l'avait, cet admirateur de Hugo, et celui de grand-père il l'exerce à merveille maintenant. Enfance joyeuse.

Il se souvient des pas de son père dans l'entrée de la maison, l'homme aux semelles de plomb rentrait du travail, le son de ses bottines ferrées sur le carrelage signalait qu'il fallait maintenant se tenir à carreau...


dimanche 25 décembre 2022

FILS DE PERSONNE

Y en a qui naissentDans les plis du drapeauAu son des hymnes militairesEt quand la troupe défile sous leurs carreauxIls ont l'âme guerrièreMais pas moiMais pas moiJe ne suis pas né militaireMais pas moiMais pas moi

Je suis le fils de personne 

Johnny Hallyday au Pavillon de Paris (1979) 

 

jeudi 22 décembre 2022

PORTRAIT DE FEMME (Suite et sans fin)

"Les femmes n'aiment pas les hommes, elles aiment les enfants qu'elles pourraient avoir des hommes. En leur donnant la maternité, on leur a enlevé tout le reste."


"Si une femme refuse de rencontrer vos parents, c'est que c'est la bonne! On perd automatiquement une femme en la présentant à sa mère."

                                            Chacun mes goûts, M.E Nabe (Le Dilettante)

mardi 20 décembre 2022

EMOTION

 

- J'ai toujours voulu savoir ce que c'était exactement le football.

- Le football, c'est comme une bataille, l'amour, la haine, l'action, la violence et la mort. En un mot: émotion.

dimanche 18 décembre 2022

DE TROP DE LUCIDITE

"Baudelaire, à la fin, n'écrivait plus que des listes".

Cette phrase de M.E Nabe dans Chacun mes goûts lui saute aux yeux.

"Il dressait des projets, des dettes, des titres d'oeuvres à faire, ses résolutions."

Même chose pense-t-il tout fier. 

Mais il n'est pas Baudelaire, malgré l'air de (vieux) beau qu'il affiche.

 Par contre, inquiet, maintenant il note: "à la fin"...

mercredi 14 décembre 2022

LA CONTRADICTION M'AIME ( II)

 


                                     Chacun mes gouts, Marc-Edouard Nabe (Le Dilettante)

dimanche 11 décembre 2022

PLUS BELLE LA VIE?

 "La plupart des blessés se raccrochent à la vie ou s'estiment heureux de s'en être sortis, lui il voit la Vie comme une rivale à sa propre vie à lui, comme une ennemie, c'est bien ce que les vrais hommes ont pensé de leur propre corps: la vie comme quelque chose de vicieux, comme un sortilège vicieux qui vous empêche de vivre en quelque sorte, et le véritable humain, c'est celui qui ose la regarder en face, qui ose la défier, et qui ose lui cracher à la gueule comme il dit..."

Entretiens entre M.E Nabe et le Dr Marty dans Nabe's News, sur GUERRE de L.F Céline

 

 

 

 


samedi 10 décembre 2022

NE TRAVAILLEZ JAMAIS

Réforme des retraites: "le dîner de famille" où Emmanuel Macron a tenu la ligne des 65 ans.

                                        Source, Le Monde 

 

"Je ne me plains pas. Je n'ai pas eu à travailler pour vivre, j'entends par "travail" l'obligation de se lever tôt, la lente érosion de l'esprit obligé à des tâches sans intérêt, le vieillissement prématuré du corps, l'angoisse des hiérarchies humiliantes, tout ce qui tue l'élan vital."

                                        Le parti d'Edgar Winger, Patrice Jean (Gallimard) 

 


 

samedi 3 décembre 2022

L' AURORE

                                                                      Un 03 décembre, naissance de JLG

 

                                                             Le magazine du Monde, samedi 03 décembre
 



PARIS-BREST (ou l'homme de la peine, 5)

"Ecrire c'est recoller les morceaux, me composer une identité. Je suis comme le narrateur de Paris-Brest".

                                                Tanguy Viel sur son roman  Paris-Brest


Aujourd'hui, le 03 décembre, il pense à son grand-père mort il y a tout juste 39 ans; jeune homme alors, il se souvient du choc ressenti; son père apprend l'imminence de l'échéance, et décide en quelques minutes de quitter Paris avec sa famille; il faut arriver avant, pouvoir lui parler, leur dit son père; un grand-père taiseux pourtant et un père pareil.

600 Km à fond la caisse dans la 504 bordeaux, vers ce bout de la France, le Finistère.

Un passage rapide dans l'appartement des grands-parents puis à nouveau un départ sur les chapeaux de roue vers l'hôpital.

Puis c'est fini, le corps est rapatrié au domicile et c'est maintenant le défilé dans la chambre mortuaire; les cris, les pleurs, les spasmes de ses cousines devant le corps du patriarche envahissent la maison. Il s'enferme alors dans la salle de bains, et face au miroir scrute son visage, et le reste de son corps de jeune homme vivant. 

Plus tard, il pensera à une scène d'un film de Woody Allen qui relate la même situation.

C'est ce moment qui coupe l'histoire de son père en deux; naissance de l'homme de la peine pense-t-il, car une fois ce père parti, il sera la plupart du temps amer; une vie où ce marin naviguera d'hôpitaux en maisons de repos mais sans jamais le trouver.