dimanche 30 juin 2024

LGS (VIII)

 Au hasard ou presque, dans l'année du tigre (journal de l'année 1998, de Philippe. Sollers)

Vendredi 19 juin: "Le point publie une lettre de De Gaulle, envoyée depuis Londres à Albert Cohen (alors Conseiller politique du congrès juif mondial). La date: 22 août 1940. Deux autres documents, de juillet et octobre 1941. Tout cela (rappel des principes de la République, rupture totale avec Vichy) est fort clair.

Lundi 29 juin: "L'exhibition quotidienne, ces jours-ci, de 22 mâles au football pourrait être aussi envisagée comme une sorte de comice agricole (ce que tendrait à prouver le brusque engouement des femmes pour ce genre d'exhibition).

Une nouvelle à écrire là-dessus, à la Flaubert, froide."


 

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXVIII)

Je voudrais de la lumièreComme en Nouvelle AngleterreJe veux changer d'atmosphèreDans mon jardin d'hiver
 

mercredi 26 juin 2024

LE DIMANCHE AU SOLEIL (II)

"Vous nous vendez sans cesse le bonheur d'exister en consommant et consommant et consommant et consommant à perte de vie. Mais comment, Messieurs, concevez-vous le bonheur? Comment? Vous êtes-vous demandé un seul jour: Que fais-je de ma vie? Qu'ai-je vraiment aimé? Par quoi fus-je comblé? Qu'ai-je trouvé de beau et d'admirable dans ce cirque sauvage qu'est devenu le monde et qui me permette de l'endurer? La mer? L'enfance? Cette étrangère à tout calcul qui s'appelle l'amitié? L'imprudence insouciante? Le pouvoir de dire non aux idées préconçues comme aux agenouillements?"

  Depuis toujours nous aimons les dimanches, Lydie Salvayre 

 

                            Porto, Juin 2024
 

samedi 15 juin 2024

EXERCICE D'ADMIRATION (I)



"Nimier m'a fait aimer les chapelles romanes, l'absolu, les apothéoses, les arènes du Midi, les bécots, les buvettes, les bals populaires, la conscience, l'effervescence, les feuilletons, le griffonnage en marge des livres, les héros, l'imperfection, la jeunesse, les kiosques à musique, le négatif, l'ombre des forêts, les paradoxes, le pur malt, les maquisards, les taxis, les tamaris, l'universel, les zouaves, le xylophone et les enragés. En somme, la France."

                  Le Chant des livres, Gérard Guégan

dimanche 9 juin 2024

LGS (VII)

 

Ce très beau et court texte sur La Deuxième vie.

On sent à sa lecture tout le déploiement de la sensibilité de son auteur, Josyane Savigneau, ainsi que sa profonde compréhension de l’œuvre de l’auteur de Femmes. 
Son regroupement partant de Désir à La deuxième vie me paraît en effet très cohérent. Ce sont pour beaucoup de brefs romans qui s’allègent d’un quelconque alibi narratif, de vrais personnages, mais qui amplifient ce qui a toujours été présent dans les livres de Sollers : la contagiosité de sa liberté, sa critique sociale immortelle, son entreprise pédagogique - je pense à Légende -, ainsi que son pouvoir d’irradiation de l’intelligence. Chaque qualité, perdue aux détours de certaines pages, se retrouve en écho de livre en livre, avec en toile de fond cette si plaisante et unique ironie qui l’extirpe de la nostalgie, mais qui nous convie à lire, à nous arrêter en ce lieu, à aiguiser nos sens.

Lire Sollers est affaire de corps plus que de cerveau. Bien que ce dernier soit évidemment indispensable, la limpidité du dernier Sollers, son écriture coulante comme l’eau venant buter sur son île, nous épargne le moindre effort pour déchiffrer sa musique, il nous l’explique entre les lignes. 

L’écriture de Sollers se lit comme une thérapie personnalisable et adaptée, c’est le but de toute littérature, mais ici il n’y a presque plus rien. Ces romans sont des fonds de tasses dont le liquide est plus concentré. Il sera d’une efficacité insoupçonnée par ses critiques sourds et donnera des ailes à ses heureux happy few.
                                        Yannick Jm dans la Closerie de Sollers



LA MORT DANS L'OEIL

 "Et maintenant que j'examine ces photographies d'Enard prises avec un Nikon F et un objectif de cinquante millimètres, je suis bien obligé de constater que ce n'est pas sa respiration qui s'inscrit à la surface du papier glacé mais les petites rides annonçant le triomphe futur du minéral.

Sous l'objectif, la chair jette le masque".

                                     Gerard Guégan, Le chant des livres

vendredi 7 juin 2024

PAS MIEUX (16)

 "N'avoir rien accompli et mourir en surmené".

                                                Cioran

mardi 4 juin 2024

PAS MIEUX (15)

 Sur le site nos consolations

Rien d'autre ne m'intéresse

– Que ferez-vous si un jour vous n'avez plus d'idées ?
– Ce genre de questions ne rime à rien. C'est comme si vous demandiez à une cantatrice ce qu'elle ferait si elle n'avait plus de voix. Que devrait-elle répondre ? Qu'elle chanterait des airs muets ? De toute façon, chaque fois qu'on a écrit quelque chose, on croit que c'est fini, qu'on ne peut plus et qu'on ne veut plus. Mais rien d'autre ne m'intéresse.
– Et si vous rencontriez demain le grand amour ?
– Je ne pourrais pas l'empêcher. 

                                                                             Thomas Bernhard