
Si j’osais, je dirais que la
journaliste du Figaro Godard-Sollers: l’entretien «fumeux» entre le réalisateur et
l’écrivain (lefigaro.fr) n’est pas une flèche. L’ironie de son billet
n’est pas pour déplaire au Sollerso-Godardien que je suis mais avec ses propos
moqueurs et parfois tranchants, elle passe à côté de l’évènement que constitue
cette rencontre.
Dimanche 14 avril 2019, dimanche des Rameaux, je me rends au cinéma Saint-André
des Arts pour voir l’entretien légendaire entre les deux plus Grands comme le
dit J.P Fargier dans la présentation de son film. Il est accompagné de Y.
Haenel invité à improviser sur ce dialogue à l’issue de la projection. C’est
très brillant, et l’assistance, une vingtaine d’Happy Few, ne pipe mot absorbée
par la conversation qui vient d’avoir lieu.
S. et G. ont fait, pendant
plus d’une heure feu ou même flèche de tout bois.
Le lendemain, la flèche de Notre-Dame est tombée. Le film de Fargier se clôt
sur le plan de cette flèche.
Qui a mis le feu à la Cathédrale se demande-t-on ces derniers jours ? Experts au travail!
Avant de me rendre au cinéma, j’avais commencé un roman de Nicolas
Bouyssi : Feu. Yannick Haenel l’avait chroniqué dans sa rubrique
hebdomadaire de Charlie Hebdo. Roman lacanien, touffu, gorgé de références
littéraires et cinématographiques. Le feuilletant, j’ai été attiré par la
dernière page qui est une photographie d’un des derniers plans du western de
Ford : L’Homme qui tua Liberty Valance. En légende, un petit texte est
imprimé qui redistribue les 3 rôles principaux selon le fameux (fumeux aurait
peut-être dit la journaliste du Figaro) registre lacanien : RSI (réel,
symbolique, imaginaire).
Les experts (pompiers, enquêteurs) s’attellent au réel, au hasard ; avec
les commentateurs média c’est le symbolique qui bourdon(ne) à nos
oreilles.
Reste l’imaginaire.
Qui a mis le feu à la flèche? Le dimanche 14 avril, il y avait le cigare de Godard, la cigarette de Sollers,
les étincelles...