Être gentil, Charles Bukowski
Tintoret, Autoportrait (Musée du Louvre)
Le jeune peintre, peint par Picasso à 90 ans
Être gentil, Charles Bukowski
Le jeune peintre, peint par Picasso à 90 ans
" Le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image".
Guy Debord et la société du spectacle (franceinter.fr)
Tu t'astreins à tenir ce blog au moins deux fois par semaine (le mercredi et le samedi ou dimanche), mais là, pas d'inspiration. Tu as le titre depuis quelques jours en tête mais tu n'as pas le texte. Tu consultes tes blogs favoris et dans Nos consolations, magnifique blog, tu tombes sur cette photo.
La citation aussi est géniale.
Voilà, ce soir, pas mieux.
"Les journées sont toutes différentes, séparées. Mais les nuits sont unies, les nuits sont toujours la nuit, la même ; il n'y a qu'une seule nuit, au fond de laquelle nous retombons chaque soir comme des noyés".
Paul Gadenne, La Rue profonde (1948)
Il fut un temps où la France avait peur, annonçait la petite lucarne à 20 heures; la voici maintenant, le soir à la télévision, en thérapie.
On ronronne devant l'écran et on assiste aux déboires du nouvel héros national: un psy à l'air triste de chien battu, voûté, à la diction lente et légèrement pâteuse: un corps sans joie envoûte la France.
Comme a dit quelqu'un, le psychologue a besoin d'un psychologue.
Pas vraiment lunaire ce Pierrot, qui plombe vos soirées et vous fait déchanter...
Alors, remède:
La ballade du non-névrosé (série Mes Moires par Stéphane Zagdanski)
[...]
"Ils me racontaient tous leur vie
Aux trois pénibles anecdotes
La guerre la femme l'ennui
C'est dur de vivre on le sait bien"
[...]
Poèmes bleus, Georges Perros
Vous prenez le bus à Roissy pour rentrer à Paris et vous vérifiez comme le mot et la chose sont dissociés.
le bus tourne dans les rues à entrepôts, interminables et désertes qui jouxtent l'aéroport: la rue des mouettes, la rue des voyelles, la rue du sonnet, la rue des rossignols et la rue de la jeune fille.
Mais ici ni femmes, ni fleurs, ni oiseaux, ni poésie.
Rue de la Jeune fille
Ici,
Son quartier général
C'est derrière lui maintenant mais chaque retour est poignant.
Sa vie est ailleurs.
Des milliers de pas à travers les mêmes chemins qui ne menaient pas nulle part mais invariablement à la petite maison bleue (longtemps crème)
Une vie ordinaire, loin de la bohème; mais: "Tu mourras ailleurs".
Un moment d'enfer conjugal
mots lancés à fendre le crâne
pulvérise dans son horreur
six mois de calme relatif
Avec les enfants le contraire
cinq minutes délicieuses
vous font oublier sur-le-champ
leur dictature pleurnicheuse.
Georges Perros, une vie ordinaire
J'ai 56 ans
Et plus toutes mes dents
Un problème au palpitant
Electricité défaillante
Un pacemaker pour le booster
Une virée en Bretagne
Quiberon, Pont-Aven, Douarnenez, Brest
Une vie somme toute ordinaire
Une femme de 37 ans
Une fille de 4 ans
Un grand fils à Porto
Qui me fait la gueule
Par intermittence
Présentement sur une plage
Rien à l'horizon: l'homme pas encore vieux
Et la mer
J'observe l'érosion des roches par le travail
Sans relâche des vagues
Ici, le 26-04-22
A Belle-île
Mais pas encore à la dérive.