Ecouté un entretien de Haenel sur sa revue Aventures. Il a cette expression: nos parents croient nous avoir eu (je veux dire conçu) mais c'est pas vrai.
Emission écoutée le 15 Août (Assomption), jour de Marie, Immaculée Conception!)
Ecouté un entretien de Haenel sur sa revue Aventures. Il a cette expression: nos parents croient nous avoir eu (je veux dire conçu) mais c'est pas vrai.
Emission écoutée le 15 Août (Assomption), jour de Marie, Immaculée Conception!)
Mon ami O. a-t-il pris conscience qu'avec son nom de Famille (M....) et la ville dans laquelle il habite (Quimper) a toujours avec lui ses parents?
Le cinéaste Jean Eustache quelque temps avant de mourir (suicide) avait pris l'habitude de se repasser en boucle ses scènes préférées des films qu'il aimait, tout comme mon père enfermé dans sa chambre qui passait son temps à revoir des scènes de films (Le vieux fusil par exemple).
En se branlant de manière frénétique, ce qui accapare une bonne partie de ses journées, il pense à Moby Dick ou plutôt Maudit Dick!
De toutes les analyses consacrées à la défaite de l'équipe de France face à celle d'Espagne au Mondial 2026, celle de Nabe est de loin la plus originale mais aussi la plus vraisemblable...
Avec son art du contrepied, du démarquage (qualités qui ont manqué à la France), pas de raison technique ni tactique pour expliquer la débâcle, mais, une fois n'est pas coutume (quand on connaît les commentaires de Nabe sur Freud), psychanalytique... La mort de la mère de Deschamps est la cause de la défaite française.
L'envie, l'énergie avaient déserté l'équipe au moral dans les chaussettes; Sur le visage de Mbappé le rire présent face au Paraguay avait été remplacé par la grimace du dépit.
Nabe commente tout cela dans une vidéo.
Extrait de la feuille Nabienne qui reprend sa vidéo.
Didier Deschamps (prolongations). « C’est la mère de Didier Deschamps qui a éliminé l’équipe de France de la Coupe du monde. Ne cherchez pas la raison ailleurs, évidemment. Le pauvre Didier Deschamps, il a perdu sa mère en pleine Coupe du monde, alors il est reparti en France l’enterrer et il est revenu et ça a cassé l’énergie, ça a cassé le mental. C’est ça, le foot, c’est très délicat, c’est pas qu’un sport de brute. La mère, toujours la mère : elle fait chier quand elle vous met au monde ; elle fait chier quand elle sort du monde, et c’est ça qui l’a démoralisé, le pauvre Didier : au retour, il y avait plus personne et il y avait plus personne dans le ventre, évidemment. La mère morte revient dans le ventre du fils. Il a plus eu l’énergie et la force de soutenir son équipe jusqu’au bout et il s’est écroulé en demi-finale. C’est simple, le football, c’est simple, l’analyse footballistique ! C’est très simple. » Tel est le texte de l’Instagram — repris sur Tik Tok, Facebook et X (c’est kif kif bourricot) — que j’ai posté le 15 juillet, après la défaite des Bleus lors du match les opposant, la veille, à l’équipe d’Espagne. Tollé quasi unanime contre ma « méchanceté », mon non-instinct filial, mon « incompétence » en sport et mon « offense » aux morts… Tout ça par des gens qui ne méritent même pas les guillemets qu’on pourrait mettre à ce mot, et qui ne connaissent rien de ce que j’ai écrit sur le sport en corrélation avec la mort (voir mon Addio Fabio ! – 1994 – dans Non ou mon premier tract Zidane la racaille – 2006). J’ai le droit de parler de foot, et même d’en rajouter ici par écrit car, comme je l’ai déjà dit en vidéo : « Ceux qui font une différence entre ce que je dis et ce que j’écris ne comprennent rien à la littérature ». C’est Alexandra, après avoir liké mon Tiktok, qui m’a fait remarquer qu’en effet, Deschamps, tant qu’il gagnait, avait l’impression de maintenir sa mère (malade depuis plusieurs années) en vie ; à partir du moment où elle était morte, il n’avait plus de raison de gagner. Je poursuis : non seulement ça a foutu son coaching en l’air, mais ça l’a fait sortir de la Coupe du monde, de prendre l’avion pour quitter les USA, d’aller inhumer maman, de revenir auprès de ses footballeurs et de se remettre dans le bain… Par fierté, il a essayé de se remonter pendant les 3 matches suivants, seizièmes, huitièmes et quarts de finale, où la France en effet s’est qualifiée parce que les joueurs n’étaient pas encore complètement contaminés par la tristesse rageuse de Didier, mais, au fond de lui, il en voulait à sa mère de lui avoir gâché la fête, et de mettre en péril sa victoire ; ce qu’elle a fait en se cadavérisant le 23 juin, en pleine compétition ! Bingo ! Ginette Deschamps est crevée à 89 ans à Bassussarry (Pyrénées‑Atlantiques) ! On se rappelle qu’à Alain Orsoni, la mort de sa mère avait coûté la vie ; à Deschamps, c’est son triomphe que ça lui a coûté. Sa daronne morte a rempli son office : la France est virée ! Le fils rentre à la maison, la tricolore queue de paon basse, et en plus, ça a permis au public de voir son vrai visage, au Didier : fini, le « Trois Pommes » (dixit Aimé Jacquet) sympa plouc authentique pas snob. On a eu droit soudain à un visage de haine, de rancœur, de dépit, de laideur disons‑le, celui de vieille gargouille d’ex-champion du monde 98, furax, véner, mauvais perdant, déformé par la foirade ; la tronche de celui qui a tout perdu : sa mère, la Coupe (la coupe est pleine en effet !), sa réput’. Ça a même déteint sur Zidane qui avait le seum lui aussi que sa future équipe perde si lamentablement, et qu’il doive commencer son boulot de grand remplaçant de Deschamps sur un échec aussi cuisant. Il faut toujours se méfier du 14 juillet, surtout quand une mère met son grain de mort dedans !
Des semaines sans rien écrire sur ce blog et puis une envie, un besoin aujourd'hui jeudi 28 mai.
J’ai perdu presque toutes mes données sur mon portable, il s’est réinitialisé tout seul, sans mon consentement, mon OPPO, pas de pot! Les contacts, les photos et parmi les centaines envolées, celles ayant comme sujet mon père; mon père sur son lit de mort, mon père dans sa chambre mortuaire avant la fermeture du cercueil. La toute dernière photo je ne l’aie plus. J’avais en mémoire la photo de LF Céline sur son lit de mort lorsque je l’avais pris en photo.
- M: Mais c’est horrible ce que tu as fait.
- Moi: Non, ce qui est horrible c’est que maintenant je ne verrai plus mon père ni vivant ni mort.
- M: pschtt tu dis ça juste pour faire un bon mot c’est dégueulasse. Tu veux toujours avoir le dernier mot.
- Moi: Non pas le dernier mot, la dernière image.
Mon père aurait eu aujourd'hui 85 ans.
Il a passé une grande partie de sa vie couché et lorsqu'on essayait de comprendre avec lui ce qui n'allait pas ce qui aurait peut-être permis qu'il aille mieux, il se taisait ou nous rabrouait.
L'homme de la peine a-t-il essayé de comprendre la situation? A-t-il couché sur du papier son expérience du monde?
A un grand écrivain à qui on demandait pourquoi il n'avait pas fait de psychanalyse, il avait répondu qu'écrire est une façon de se coucher.
"Certains êtres reconnaissent instinctivement, d'emblée, que l'existence est un terrain de jeu aussi merveilleux que dangereux, un champ de "forces spirituelles" où rien n'est futile ni anodin. Les rencontres, les gens, les conversations, les livres, que vous favorisez ou dénigrez, votre climat mental, l'horizon de vos désirs, l'amour ou le désamour qui vous cernent, la puissance ou l'impuissance qui en résultent: tout est décisif. Dans une profondeur de champ que chacun ignore, se jouent bel et bien la vie et la mort".
Feux sacrés, Cécile Guilbert
" Tout écrit qui n'est pas une façon de s'éclairer soi-même pourrira comme un corps".
Jack Kerouac (Dharma)
En exergue de Feux sacrés de Cécile Guilbert
Vu dans l'avion, le seul film français parmi les centaines de films disponibles: COCORICO... Avec deux poids lourds du box office du cinéma franchouillard, Clavier et Bourdon; j'ai eu peur qu'avec tout ce poids l'avion s'écrase. "L'homme est lourd", on peut ajouter l'acteur français est encore plus lourd...
Toute vie est une dispute sur les goûts et les couleurs. Malheur à tout vivant qui voudrait vivre sans dispute sur les goûts et les couleurs.
Nietzsche cité par Sollers dans une vie divine ( p 133)
Sollers : Oui il y a un philosophe que j'aime beaucoup ( Spinoza) qui a écrit ceci: "Nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels". Voilà c'est ce que je me souhaite et à vous aussi.
Chers collègues,
C'est la fin de l'année, le moment des hommages, remerciements, représentations. Les élèves vont quitter l'école et reçoivent un diplôme et un livre que le Ministère de l'éducation nationale offre aux futurs collégiens. Cette année il s'agit de l'Odyssée d'Homère. Tu n'as pas eu le temps de préparer un petit discours pour toute l'école rassemblée en haie d'honneur, et tu n'as pas pu puiser dans le texte un extrait qui donne envie. Le public s'installe, tu commences à féliciter l'assemblée et tu présentes succinctement le poème d'Homère.Tu souhaites aux élèves une vie aventureuse à l'instar d'Ulysse.
Quatre collègues viennent te rejoindre afin de remettre le livre à chaque élève de leurs classes quand toi tu remets le diplôme avec un bravo.
Quelques minutes avant tout ça tu avais l'intention de dire ceci: Vous verrez, des dizaines d'aventures arrivent au héros, souvent violentes. Ma préférée? Elle se trouve à la toute fin lorsque Ulysse rentre à Ithaque et retrouve sa femme Pénélope ainsi que son fils Télémaque, et surtout l'épisode consacré au massacre des prétendants, ses rivaux qui voulaient lui ravir Pénélope.
J'ai pas osé...
Elle ne me regarde pas, située légèrement sur ma gauche et de profil, commence son discours le regard embué; un discours humaniste, elle décrit ses valeurs, la foi en l'humanité. De la poudre aux yeux. Elle habite ce quartier pauvre depuis longtemps et connaît ce public à besoins. On intervient pour demander à tout le monde si on se reconnaît dans ses valeurs morales. On dit oui.
Les larmes sont encore plus abondantes.
Puis elle s'adresse à moi, toujours sans me regarder en prenant un ton comminatoire, qualifiant ma soi-disant indifférence à des attouchements sur une petite élève dont elle connaît la famille, indifférence totalement fantasmée, d'acte grave. Elle a le même ton avec moi que lorsqu'elle s'adresse à ses élèves. Aveuglée par ses larmes et son discours elle parle de tribunal ou de procès possible.
Elle s'inquiète aussi d'oublis de ma part, de transmission d'informations importantes concernant les services sociaux; tout ça est faux, c'est du grand n'importe quoi. Elle ne sait pas que par obligation de confidentialité je ne peux pas transmettre toutes les informations.
Elle pleure, voudrait appeler ma femme pour l'avertir de mes oublis. Elle médicalise son propos, il faudrait consulter. Justicière, elle se prend et pour un médecin et pour une femme de Loi.
Avec son idéologie, ses bondieuseries, elle ne voit pas qu'elle pourrait me mettre en difficulté. Elle me jette en pâture sans jeter à aucun moment un seul regard.
De la Moraline à plein tube.
Jetez-lui promptement sous la griffe un mouton :
S’il n’en est pas content jetez-en davantage
Jean de La Fontaine, Le lion
Calme et studieux, il semble tenir une cigarette, une des nombreuses qui lui causeront son cancer du poumon beaucoup plus tard.
Là, la mort est présente chaque jour. L'a -t-il donnée? Derrière lui, une fenêtre fermée par un rideau blanc, que s'y passe-t-il?
Il n'a pas 20 ans, s'est engagé dans la 2 ème DBFM (demi-brigade des fusiliers marins) à Berouan près de Nemours (Ghazaouet).
Pas encore fracassé par son expérience de la guerre, il est sur le terrain depuis moins d'un an.
"Tu ne dis jamais rien de moral et tu ne fais jamais rien d'immoral".
Oscar Wilde, le portrait de Dorian Gray
Elle me dit:
Elles te jugent inefficace? alors tu te casses!
Oh pensé-je, rime pauvre mais riche idée concernant ces suffisantes!
Une des marques du génie est la mauvaise réputation. Exemple: Debord, Sollers, Nabe, Zagdanski.
Du reste, Debord sur Sollers: que des mauvais commentaires. Nabe sur Zagdanski, idem et inversement.
Par contre, avoir mauvaise réputation quand on est normal, quelconque, c'est la disgrâce totale.
Des noms? Pléthore...
Si Charlie Christian, Lautréamont ou Raymond Radiguet s’étaient dit : « Oh, ça va, j’ai le temps, je vais me chauffer un peu dans mon art, mais bon, je donnerai ma puissance après 25 ans, je ne suis pas obligé de mettre toute la gomme au début, il faut y aller mollo, piano piano, qui veut aller loin ménage sa monture… » et autres conneries, il n’y aurait jamais eu tous ces chefs-d’œuvre absolus de la musique de l’ère swing pré-bebop à la guitare électrique, ni Les Chants de Maldoror et les Poësies de Ducasse, ni Le Diable au corps, Le bal du comte d’Orgel et surtout ce recueil de poèmes au titre génial : Les Joues en feu.
Comme celui qui a « introduit le langage parlé dans le langage écrit », moi j’ai réintroduit la vie dans la littérature. Absolument ! Par mon écriture, le livre lu n’est plus du tout mort ni poussiéreux, c’est de la vie directement qui en jaillit, intacte. Et pour mettre de la vie dans la littérature, il faut mettre la littérature dans sa vie. La littérature, c’est pas un truc pour mec qui aime bien lire des livres chez lui en secret, dans l’ombre ; c’est revivre l’écriture de l’écrivain comme il les a vécues lui-même (la vie et l’écriture qu’il a écrite), c’est plonger avec joie dans le contenu vivant, vivace de ce qui est écrit !
Le signe de quelqu’un de petit, c’est qu’il ne voit jamais les choses en grand.
Non, il ne faut pas jouer le mépris, Jean Genet l'a dit: "Je ne connais pas le mépris, je ne connais que l'amour ou la haine".
MEN à propos de Bégaudeau
Avis de passage
L'exacte couleur de la lumière
a été aperçue
ce samedi 10 mai
entre deux virages de vent
au bord irisant des platanes
de la grande place
Thomas Vinau, dans c'est un beau jour pour ne pas mourir
-Ton état général, question boulot?
-A bout de souffle.
-Ah... un mot d'explication quand même?
-Dégueulasse.
Une soirée au Taquin, club de jazz où se produit ce soir-là un jeune trio (piano, contrebasse et batterie) trio classique et non pas triolisme.
Je repère les toilettes avec 2 portes distinctes (hommes/femmes) mais un poster sur chaque porte attire mon attention.
Sur la porte qui mène aux toilettes des hommes, le dessin d'une girafe qui se retourne et qui dit: Ici, on fait pipi debout. Elle porte une petite robe rouge.
Sur l'autre porte, le dessin représente un ours lisant un journal, assis sur la cuvette des toilettes et le texte dit ceci: Ici, on fait pipi assis.e.s
Cela me fait penser à un séjour en Allemagne où chez l'ami d'un ami il fallait que les hommes s'assoient pour pisser. Pratique courante dans les pays nordiques.
Je pense aussi à ce mot de Sollers sur l'expression "c'est un garçon manqué" qu'il transforme en "c'est une fille réussie".
Ma fille, 7 ans aime pisser debout. Je ne l'en dissuade pas, c'est un jeu ; quant à moi pisser assis jamais.
Pourquoi me demande-t-elle, nous faisons bien cela assises alors pourquoi pas vous les hommes?
C'est ridicule lui dis-je, rien à voir avec l'égalité, mais je trouve très parlant que la typographie soit utilisée pour soi-disant améliorer l'égalité entre les sexes.
Le point médian, ou la confusion des sexes...
"Que devient la jeunesse française dans la mondialisation sauvage? Je l'observe, en fin d'après-midi, assis à la terrasse d'un café, près de la Fac de Droit. C'est le moment de la sortie des cours, un déferlement de corps petits-bourgeois en pleine bousculade. Ils et elles sont très jeunes, 18-20 ans, mais la vieillesse mentale les guette [...] Les filles, même les plus déprimées, sont idéalistes et romantiques. Rien, aucun échec, aucune déconvenue ne pourrait les faire démordre d'un horizon abstrait lumineux. Au fond, ce sont des petites filles, elles endurent, elles espèrent toujours. Elles croient à la vie, elles n'ont aucune idée de la mort. J'écoute leurs voix saccadées, elles butent sur le mur du son. Elles parlent beaucoup, et n'entendent rien. C'est leur vocation".
Philippe Sollers, dans Mouvement (2016)
C'est que l'impassible, qui a relu Marc Aurèle, considère le monde comme une prison provisoire où l'on peut cependant garder sa liberté intérieure. La liberté, prétend l'impassible, consiste à pouvoir remettre au lendemain, ou à la semaine prochaine, ce qu'on aurait dû faire la veille.
L'impassible, Frédéric Berthet
L'impassible a le même âge, une fois pour toutes: celui où il est revenu de tout: Il ne croit pas à l'événement et émet un certain nombre de doutes sur la réalité du monde extérieur. Pour lui, la terre n'est plus qu'un satellite en orbite autour de sa mémoire.
Frédéric Berthet ( l'impassible)
A force de vouloir des "histoires", les gens finissent par s'en tenir aux feuilletons télévisés. C'est vrai qu'il leur arrive si peu de choses dans la vie qu'il leur faut encore des anesthésies.
Frédéric Berthet dans un article sur Maîtres anciens de Thomas Bernhard
50 raisons d'aimer les jeunes filles, plutôt que 50 nuances de gris
Porto (Foz) avril 2025
Capbreton, avril 2025
Tarnos, avril 2025
Je vais de plage en plage
Tel est mon paysage
Je ne tourne pas la page
Toujours les mêmes rivages
Les mêmes vagues
Le même sable
De Porto à Capbreton
De Foz Velha à Tarnos
Jamais je ne croise Thanatos
Entre deux eaux, entre deux âges
Plus un jeune page, pas un vieux sage
Je vais de plage en plage
Je ne crains pas l'usure de l'âge
Car de ces plages j'en ai l'usage
Ainsi j'écris ma page.
Les mots
font des trous
dans l'impossible
dit Vinau Thomas
que je veux bien croire
quand j'attends
mon fils
qui ne vient pas
Et je l'attends
comme le fils prodigue
encore faudrait-il
qu'il la vive sa vie
englué qu'il est
dans la merde, la mèr(e)de!
c'est pas possible
de regarder la vie
passer
comme il regardait
les trains passer
petit
il est devenu
grand
mais empêché
en péché qu'il est
la vie
elle se faufile
par un trou de souris
Il me dit que lorsqu'il était petit il adorait regarder passer les trains en gare, il pouvait y rester des heures. Un jour il est même allé exprès à la grande gare de la capitale avec sa grand-mère (il avait 10 ans) pour pouvoir en voir le plus.
Mais gare à ne pas laisser passer ta vie!
Mon inconscient me joue détours.
Je n'ai pas voulu faire leur tableau, elles ne peuvent plus me voir en peinture.
C’est fascinant tous ces gens qui traversent la vie sans avoir jamais rien compris, sans rien avoir su, ni rien voulu savoir, sûrs d’eux et de leur façon de penser, se mentant à eux-mêmes pour avoir l’air d’être quelqu’un qui compte, et d’abord à leurs propres yeux. Tout faux, tout en simulation, tout en corruption mal assumée, tout en déviance de l’essentiel.
M.E.N dans la feuille nabienne n°15
Flash. Difficile, en voyant Depardieu entrer au tribunal pour son procès en s'appuyant sur l'épaule de son avocat Jérémie Assous, de ne pas voir une autre image s'y substituer: celle de Sollers, une des dernières fois où je l'ai vu, faisant exactement le même geste sur mon épaule pour qu'on avance tous les deux lentement de chez Gallimard à la station de taxis de la rue du Bac...
M.E.N dans la feuille nabienne n°13
Pour être sauvé, Kafka prétendait qu'il fallait être à terre, couché, que la posture verticale, flagrante de la puissance de l'homme, le rendait exposé, visible, attaquable [...]et que c'était seulement par terre, couché au milieu des animaux, qu'on pouvait voir les étoiles qui délivrent de cette puissance de l'être humain, source d'angoisse.
Jacques Henric, dans La nuit folle
"Ce mélange odieux de je-m’en-foutisme et de surveillance".
" Dialogue avec ma femme :
— Arrête de faire du bruit ! Comment on peut se moucher dans la vie ? Moi, je me mouche jamais…
— Si vous avez pas de corps, c’est pas mon problème "!
"Qu’on ne me dise pas que les présocratiques ne sont pas drôles ! Exemple : le « souviens-toi de te méfier » d’Épicharme (de Syracuse), c’est à se rouler par terre : le type qui, déjà dans l’Antiquité, n’avait aucune confiance dans l’être humain !… Céline avait écrit l’épigramme d’Épicharme en grand sur un mur de son appartement rue Girardon, et il le répétait souvent. Si j’avais un appartement, je ferais de même. Souviens-toi de te méfier" !
Dans la feuille Nabienne n°14
Dans ma poche
Dans ma poche
j'ai un briquet
un canif
un silence
un sourire
suivant la personne
je dégaine
Thomas Vinau
Extrait de l'article de Yann Diener dans Charlie Hebdo, au sujet d'Annie Le Brun (Ce qui n'a pas de prix) cette phrase: Annie Le Brun explique pourquoi Sade continue à déranger et à interroger notre modernité:
"Non seulement il a été le premier à saisir l'influence de la sexualité dans la vie humaine mais qui plus est, il a discerné à quel point la pensée est liée à la pulsion sexuelle."
Sade a établi qu'il n' y a pas d'idées sans corps.
Du berceau au cercueil, les gens se croient en vie alors qu’ils ne sont jamais vraiment nés et qu’ils n’auront même pas droit à une mort intéressante. Au final, ni la vie ni la mort n’en aura voulu !
M.E.N dans la feuille nabienne n°12
Se rappeler Meursault dans l'étranger de Camus: "Même sur un banc d'accusé, il est toujours intéressant d'entendre parler de soi".
Heureusement que t'as ça, heureusement que tes textes te protègent.

*
Parfois, la réalité est si énorme d'absurdité que tu te crois égaré dans un vieux film comique, un Buster Keaton ou un Jacques Tati.
*
Ce n'est tout de même pas à toi de payer à tes ennemis un psy.
Carnet de Marc Pautrel (14/03/25)
Il cherche depuis longtemps quoi faire, comment s'en sortir; il tergiverse, change dix fois d'avis. La solution, la bonne, la seule, traverse son esprit parmi ds dizaines d'autres. Un vrai moulin; et puis un jour c'est là, c'était là sous son nez comme la lettre volée ou plutôt comme le titre du blog qu'il avait créé, ce mot merveilleux dégageant l'horizon: évidence.
Le dernier chien
À la fin de sa vie
lorsque le succès l'écrase
que Jeanne et Marcel
et sa mère et son père
et la plupart de ses amis sont morts
que la maladie et la douleur le grignotent
que malgré toutes les réussites sa vie n'est plus qu'un exil
que la Camarde est prête à lui faire payer
d'avoir semer des fleurs dans les trous de son nez
Georges Brassens marche sur une plage bretonne
avec son dernier chien
c'est un caniche
qui s'appelle Kafka
Debout dans les fleurs sales (Thomas Vinau)
Sollers parlant de Saint-Simon dans Médium: "L'avantage du français, c'est sa concision et sa commotion. Il n'est pas fait pour communiquer, mais pour dégager, abréger, juger et tuer".
C'est aussi le meilleur résumé possible de Médium, livre majeur de Sollers.
"Elles parlent sans arrêt, toujours d'elles-mêmes. Pour vous détendre, prenez la parole, ne la lâchez plus, monologuez. Je ne sais pas, moi, brodez sur une de vos lectures récentes, la plus ardue, la plus abrupte, avec des commentaires de votre cru inventés au fil du discours. Je recommande un auteur imparable: Heidegger. Quand vous en êtes à raconter comment rencontrer la déesse-vérité elle même, tout cela à partir du grec ancien, bien sûr, vous pouvez vérifier que votre compagne hystérique s'est paisiblement endormie de façon enfantine et gracieuse. C'est le moment de la quitter sur la pointe des pieds. elle ne vous en voudra pas d'être un si bon somnifère".
Sollers dans Médium
"Voici Monseigneur, c'est-à-dire, aujourd'hui, le français courant:
"Il était sans vice ni vertu, sans lumières ni connaissances quelconques, radicalement incapable d'en acquérir, très paresseux, sans imagination ni production, sans goût, sans choix, sans discernement, né pour l'ennui qu'il communiquait aux autres, et pour être une boule roulante au hasard par l'impulsion d'autrui, opiniâtre et petit en tout à l'excès, une incroyable facilité à se prévenir et à tout croire, livré aux plus pernicieuses mains, incapable de s'en sortir et de s'en apercevoir, absorbé dans sa graisse et dans ses ténèbres, et, sans avoir aucune volonté de mal faire, il eût été un roi pernicieux".
Saint-Simon, cité par Sollers dans Médium