dimanche 9 juin 2024

LGS (VII)

 

Ce très beau et court texte sur La Deuxième vie.

On sent à sa lecture tout le déploiement de la sensibilité de son auteur, Josyane Savigneau, ainsi que sa profonde compréhension de l’œuvre de l’auteur de Femmes. 
Son regroupement partant de Désir à La deuxième vie me paraît en effet très cohérent. Ce sont pour beaucoup de brefs romans qui s’allègent d’un quelconque alibi narratif, de vrais personnages, mais qui amplifient ce qui a toujours été présent dans les livres de Sollers : la contagiosité de sa liberté, sa critique sociale immortelle, son entreprise pédagogique - je pense à Légende -, ainsi que son pouvoir d’irradiation de l’intelligence. Chaque qualité, perdue aux détours de certaines pages, se retrouve en écho de livre en livre, avec en toile de fond cette si plaisante et unique ironie qui l’extirpe de la nostalgie, mais qui nous convie à lire, à nous arrêter en ce lieu, à aiguiser nos sens.

Lire Sollers est affaire de corps plus que de cerveau. Bien que ce dernier soit évidemment indispensable, la limpidité du dernier Sollers, son écriture coulante comme l’eau venant buter sur son île, nous épargne le moindre effort pour déchiffrer sa musique, il nous l’explique entre les lignes. 

L’écriture de Sollers se lit comme une thérapie personnalisable et adaptée, c’est le but de toute littérature, mais ici il n’y a presque plus rien. Ces romans sont des fonds de tasses dont le liquide est plus concentré. Il sera d’une efficacité insoupçonnée par ses critiques sourds et donnera des ailes à ses heureux happy few.
                                        Yannick Jm dans la Closerie de Sollers



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire