dimanche 27 avril 2025

EN LIBERTHET!

C'est que l'impassible, qui a relu Marc Aurèle, considère le monde comme une prison provisoire où l'on peut cependant garder sa liberté intérieure. La liberté, prétend l'impassible, consiste à pouvoir remettre au lendemain, ou à la semaine prochaine, ce qu'on aurait dû faire la veille.

                      L'impassible, Frédéric Berthet

samedi 26 avril 2025

ÂGE

L'impassible a le même âge, une fois pour toutes: celui où il est revenu de tout: Il ne croit pas à l'événement et émet un certain nombre de doutes sur la réalité du monde extérieur. Pour lui, la terre n'est plus qu'un satellite en orbite autour de sa mémoire.

                              Frédéric Berthet ( l'impassible)

mardi 22 avril 2025

PAS D'HISTOIRE!

A force de vouloir des "histoires", les gens finissent par s'en tenir aux feuilletons télévisés. C'est vrai qu'il leur arrive si peu de choses dans la vie qu'il leur faut encore des anesthésies.

  Frédéric Berthet dans un article sur Maîtres anciens de Thomas Bernhard 

dimanche 20 avril 2025

LE BLEU PLUTÔT QUE LE GRIS

 50 raisons d'aimer les jeunes filles, plutôt que 50 nuances de gris


     Dans le recueil d'articles de Frédéric Berthet, l'impassible.

samedi 19 avril 2025

A LA P(L)AGE

 

                             Porto (Foz) avril 2025

 

                              Capbreton, avril 2025

 

                              Tarnos, avril 2025

 

Je vais de plage en plage

Tel est mon paysage

Je ne tourne pas la page

 

Toujours les mêmes rivages

Les mêmes vagues

Le même sable

 

De Porto à Capbreton

De Foz Velha à Tarnos

Jamais je ne croise Thanatos

 

Entre deux eaux, entre deux âges

Plus un jeune page, pas un vieux sage

Je vais de plage en plage

 

Je ne crains pas l'usure de l'âge

Car de ces plages j'en ai l'usage

Ainsi j'écris ma page.

 

vendredi 18 avril 2025

IMPOSSIBLE N'EST PAS

Les mots 

font des trous 

dans l'impossible

dit Vinau Thomas

que je veux bien croire

quand j'attends

mon fils

qui ne vient pas

Et je l'attends 

comme le fils prodigue 

encore faudrait-il

qu'il la vive sa vie

englué qu'il est

dans la merde, la mèr(e)de!

c'est pas possible

de regarder la vie 

passer

comme il regardait

les trains passer 

petit

il est devenu

grand

mais empêché 

en péché qu'il est

la vie

elle se faufile

par un trou de souris

 

mercredi 16 avril 2025

UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE

Il me dit que lorsqu'il était petit il adorait regarder passer les trains en gare, il pouvait y rester des heures. Un jour il est même allé exprès à la grande gare de la capitale avec sa grand-mère (il avait 10 ans) pour pouvoir en voir le plus. 

Mais gare à ne pas laisser passer ta vie!

lundi 14 avril 2025

ETAT D'ESPRIT (XV)

Mon inconscient me joue détours.

Je n'ai pas voulu faire leur tableau, elles ne peuvent plus me voir en peinture.

OUI

C’est fascinant tous ces gens qui traversent la vie sans avoir jamais rien compris, sans rien avoir su, ni rien voulu savoir, sûrs d’eux et de leur façon de penser, se mentant à eux-mêmes pour avoir l’air d’être quelqu’un qui compte, et d’abord à leurs propres yeux. Tout faux, tout en simulation, tout en corruption mal assumée, tout en déviance de l’essentiel.

                            M.E.N dans la feuille nabienne n°15

dimanche 13 avril 2025

REGARDE LES HOMMES TOMBER

Flash. Difficile, en voyant Depardieu entrer au tribunal pour son procès en s'appuyant sur l'épaule de son avocat Jérémie Assous, de ne pas voir une autre image s'y substituer: celle de Sollers, une des dernières fois où je l'ai vu, faisant exactement le même geste sur mon épaule pour qu'on avance tous les deux lentement de chez Gallimard à la station de taxis de la rue du Bac...

                          M.E.N dans la feuille nabienne n°13

 

Pour être sauvé, Kafka prétendait qu'il fallait être à terre, couché, que la posture verticale, flagrante de la puissance de l'homme, le rendait exposé, visible, attaquable [...]et que c'était seulement par terre, couché au milieu des animaux, qu'on pouvait voir les étoiles qui délivrent de cette puissance de l'être humain, source d'angoisse.

                     Jacques Henric, dans La nuit folle

jeudi 10 avril 2025

PAS MIEUX (24)

 

"Ce mélange odieux de je-m’en-foutisme et de surveillance".

 

 

" Dialogue avec ma femme :
— Arrête de faire du bruit ! Comment on peut se moucher dans la vie ? Moi, je me mouche jamais…
— Si vous avez pas de corps, c’est pas mon problème "!

 

 

 

"Qu’on ne me dise pas que les présocratiques ne sont pas drôles ! Exemple : le « souviens-toi de te méfier » d’Épicharme (de Syracuse), c’est à se rouler par terre : le type qui, déjà dans l’Antiquité, n’avait aucune confiance dans l’être humain !… Céline avait écrit l’épigramme d’Épicharme en grand sur un mur de son appartement rue Girardon, et il le répétait souvent. Si j’avais un appartement, je ferais de même. Souviens-toi de te méfier" !

 

             Dans la feuille Nabienne n°14

 

 



dimanche 30 mars 2025

ETAT D'ESPRIT (XIII)

                            Dans ma poche

 

Dans ma poche

j'ai un briquet

un canif

un silence

un sourire

suivant la personne

je dégaine    

                            Thomas Vinau

samedi 29 mars 2025

CE QU'IL NE FAUT PAS DIRE

Extrait de l'article de Yann Diener dans Charlie Hebdo, au sujet d'Annie Le Brun (Ce qui n'a pas de prix) cette phrase: Annie Le Brun explique pourquoi Sade continue à déranger et à interroger notre modernité: 

"Non seulement il a été le premier à saisir l'influence de la sexualité dans la vie humaine mais qui plus est, il a discerné à quel point la pensée est liée à la pulsion sexuelle."

Sade a établi qu'il n' y a pas d'idées sans corps.

mardi 25 mars 2025

UN PETIT AIR DE L' ECCLESIASTE

Du berceau au cercueil, les gens se croient en vie alors qu’ils ne sont jamais vraiment nés et qu’ils n’auront même pas droit à une mort intéressante. Au final, ni la vie ni la mort n’en aura voulu !

M.E.N dans la feuille nabienne n°12

samedi 22 mars 2025

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXXIX)

J'aime ces longues demoisellesAux minces doigts, au petit culPerché à la cime invaincueDe leurs jambes de sauterelles

jeudi 20 mars 2025

ETAT D'ESPRIT (XII)

Se rappeler Meursault dans l'étranger de Camus: "Même sur un banc d'accusé, il est toujours intéressant d'entendre parler de soi".

samedi 15 mars 2025

PAS MIEUX (24)


Heureusement que t'as ça, heureusement que tes textes te protègent.

*

Parfois, la réalité est si énorme d'absurdité que tu te crois égaré dans un vieux film comique, un Buster Keaton ou un Jacques Tati.

*

Ce n'est tout de même pas à toi de payer à tes ennemis un psy.

Carnet de Marc Pautrel (14/03/25)

 

dimanche 9 mars 2025

C'EST LÀ

 Il cherche depuis longtemps quoi faire, comment s'en sortir; il tergiverse, change dix fois d'avis. La solution, la bonne, la seule, traverse son esprit parmi ds dizaines d'autres. Un vrai moulin; et puis un jour c'est là, c'était là sous son nez comme la lettre volée ou plutôt comme le titre du blog qu'il avait créé, ce mot merveilleux dégageant l'horizon: évidence.



samedi 8 mars 2025

LE DERNIER CHIEN, LA DERNIÈRE PLAGE

 Le dernier chien

À la fin de sa vie

lorsque le succès l'écrase

que Jeanne et Marcel

et sa mère et son père

et la plupart de ses amis sont morts

que la maladie et la douleur le grignotent

que malgré toutes les réussites sa vie n'est plus qu'un exil

que la Camarde est prête à lui faire payer

d'avoir semer des fleurs dans les trous de son nez

Georges Brassens marche sur une plage bretonne

avec son dernier chien

c'est un caniche

qui s'appelle Kafka 

                         Debout dans les fleurs sales (Thomas Vinau)


 

dimanche 2 mars 2025

A L'ENCRE BLEUE DE LA SUBVERSION!

Sollers parlant de Saint-Simon dans Médium: "L'avantage du français, c'est sa concision et sa commotion. Il n'est pas fait pour communiquer, mais pour dégager, abréger, juger et tuer".

C'est aussi le meilleur résumé possible de Médium, livre majeur de Sollers.


 

samedi 1 mars 2025

WOMEN (6)

"Elles parlent sans arrêt, toujours d'elles-mêmes. Pour vous détendre, prenez la parole, ne la lâchez plus, monologuez. Je ne sais pas, moi, brodez sur une de vos lectures récentes, la plus ardue, la plus abrupte, avec des commentaires de votre cru inventés au fil du discours. Je recommande un auteur imparable: Heidegger. Quand vous en êtes à raconter comment rencontrer la déesse-vérité elle même, tout cela à partir du grec ancien, bien sûr, vous pouvez vérifier que votre compagne hystérique s'est paisiblement endormie de façon enfantine et gracieuse. C'est le moment de la quitter sur la pointe des pieds. elle ne vous en voudra pas d'être un si bon somnifère".

                         Sollers dans Médium

vendredi 28 février 2025

LA MEDIOCRITE MÊME (3)

 "Voici Monseigneur, c'est-à-dire, aujourd'hui, le français courant:

"Il était sans vice ni vertu, sans lumières ni connaissances quelconques, radicalement incapable d'en acquérir, très paresseux, sans imagination ni production, sans goût, sans choix, sans discernement, né pour l'ennui qu'il communiquait aux autres, et pour être une boule roulante au hasard par l'impulsion d'autrui, opiniâtre et petit en tout à l'excès, une incroyable facilité à se prévenir et à tout croire, livré aux plus pernicieuses mains, incapable de s'en sortir et de s'en apercevoir, absorbé dans sa graisse et dans ses ténèbres, et, sans avoir aucune volonté de mal faire, il eût été un roi pernicieux". 

                   Saint-Simon, cité par Sollers dans Médium

jeudi 27 février 2025

LGS(XII)

 Où il est question de Venise, de l'ardente Ada, de la Riviera (pas celle que l'on croit),  de Saint-Simon, de la folie tous azimuts (et heureusement de son remède): Médium un sommet de l'oeuvre Sollersienne: concision, ironie, style, dégagement, solitude, grâce, génie. Ecrit à l'encre bleue de la subversion.


 

lundi 24 février 2025

L'ECRITURE ? SAUVE QUI PEUT LA VIE !

"Je sais que plus tard, beaucoup plus tard, lorsque les choses auront repris leur place dans le cours naturel de ma vie, il m'arrivera pourtant, une seule fois peut-être, de repasser devant l'hôpital sans revoir tout de suite l'église et les jardins que j'ai pourtant si souvent traversés, sans ressentir ce petit pincement au coeur que je ressentais chaque fois avant de pénétrer dans sa chambre, sans me souvenir immédiatement que mon père y a vécu ses derniers jours.

Tout me reviendra, mais seulement après quelques secondes, seulement après un effort de mémoire, mais aussi avec cette sorte d'étrangeté qui banalise les passions les plus folles, avec cette sorte d'indifférence qui donne aux souvenirs la même couleur et le même ton.

Entre-temps, la vie aura continué sans lui". 

     Dernière page de "La dernière année", Philippe Vilain

dimanche 23 février 2025

TEL QU'EN LUI-MÊME

Il se dit que seul un livre qu'il aurait écrit pourrait dire ce qu'il a vraiment été, ce qu'il a vraiment vécu; la vie sans la réflexion personnelle sur sa vie, ce n'est pas vraiment la vie, celle-ci est ailleurs, dans les pages qu'il aurait noircies(mais qui en fait auraient éclairé sa vie).

Ce livre n'est pas écrit, il est à paraître. Une fois écrit, pense-t-il, il apparaîtra tel qu'en lui-même. 

 



jeudi 20 février 2025

EXERCICE D'ADMIRATION (III)

 

Cher Monsieur,

Tout bon élève le sait, Rouen est terre d'écrivain : Corneille, Flaubert, Leblanc...Et aujourd'hui quasiment coup sur coup sortent deux livres passionnants, " Un effondrement parfait" de Jérôme Leroy natif de Rouen, ainsi que votre " Mauvais élève". 
 
Je connaissais "La pluie à Rethel" du poète J.C Pirotte et une partie de votre livre aurait aussi pu s'appeler " La pluie à Rouen". Je retiens aussi les portraits, magnifique hommage à vos parents( j'avais lu à l'époque " La dernière année") et tant de choses. Récit, roman, fiction, autofiction, réflexion sur la littérature, votre parcours, et une Vie ( la vôtre) à travers l'épaisseur du temps ( expression qui revient sans cesse), cher Monsieur Vilain, votre livre est beau et il a toute sa Place parmi les grands livres de la littérature contemporaine.


mercredi 19 février 2025

PAS MIEUX (23)

Tu en es bien conscient, te voici aux jours brillants.

*

Le vin rouge, plus doux que tout, glissant lentement dans le sang.

*

Tu n'as jamais oublié, tu gardes la foi dans les cyprès, les oliviers et les pins. 

 

Marc Pautrel dans ses carnets (en date du 17/02/25)

*

lundi 17 février 2025

LE MONDE A SOI

"Qu’est-ce qu’on a à foutre d’être propriétaire d’une maison dans laquelle on vit, avec un canapé, une télé, des fauteuils, une bibliothèque, un petit jardin, etc ? Ce qui compte, c’est de vivre dans n’importe quelle condition et n’importe où, du moment que ce ne soit pas « chez soi », et de préférence dans des pays plus épouvantables les uns que les autres !"

                              M.E.N dans la feuille nabienne n°6


jeudi 13 février 2025

ECRIRE DIT-IL

" Je n'avais plus que le courage de m'investir dans l'écriture, quitte à continuer à vivre dans une précarité qui ne m'effrayait pas, à laquelle je m'étais habitué, m'attachant à cette croyance, sans doute naïve, que ma studiosité finirait par obtenir des résultats. Je me saoulais donc de travail, je lisais et j'écrivais avec acharnement, plus que je ne l'avais jamais fait. Coûte que coûte, il me fallait continuer d'écrire, lutter pour inscrire une régularité d'écriture dans mon quotidien déjà bien encombré, trouver l'espace et le temps de le faire, conquérir ce temps. Je ne crois pas ceux qui disent manquer de temps pour écrire, car, en réalité, personne n'a le temps d'écrire, écrire n'étant pas une activité normale. C'est une activité que nous devons nous imposer, c'est un temps que nous devons prendre d'autorité. Ecrire n'est pas seulement une affaire de talent ou de compétence, mais d'abord une aptitude à s'inventer du temps, à se créer des espaces de liberté et à savoir s'immerger dedans, c'est une disposition à se faire temps".

                                 Philippe Vilain, mauvais élève

mardi 11 février 2025

AVEC LE TEMPS


    

                                 Mauvais élève, Philippe Vilain

JE SUIS UNE LEGENDE

Je parle de son grand-père à ma fille de sept ans et je lui dis qu'enfant nous montions sur ses pieds et il marchait alors à grands pas, on avait l'impression de voler. Je fais la même chose très souvent avec elle. Ce soir, je lui dis cela et elle réplique alors, arrête avec lui, c'est une légende.

Pourquoi lui dis-je? 

Parce qu'il est mort, il n'existe plus.

samedi 8 février 2025

DE LA DIFFERENCE


 
                                           Mauvais élève de Philippe Vilain

vendredi 31 janvier 2025

WOMEN (5)

"Nos premiers moments d'indépendance étaient paisibles et routiniers. Nous sortions peu le soir. Sandrine était une fille travailleuse, déterminée, simple, respectueuse, dont l'humeur dépendait surtout de l'état de ses cheveux".

                       Mauvais élève, Philippe Vilain

jeudi 23 janvier 2025

DANSEZ SUR MOI!


                                               M.E.N, dans la Feuille Nabienne n°2

mardi 21 janvier 2025

LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI! (L'HOMME DE LA PEINE 19)

De temps à autre Facebook met sur votre page une photo en disant que vous aimeriez peut-être partager ce souvenir.  

Hasard du calendrier (c'est le cas de le dire!), ce 21 janvier, date de la mort du Roi Louis XVI guillotiné en 1793, FB me propose cette photo avec la date du 21 janvier 2019. Mon père, moi et derrière mon père, une photo de lui enfant.

Pourtant je ne suis jamais allé en Thaïlande à cette date. Encore plus étrange, lorsque je lui demandais à quoi il pensait, il répondait systématiquement: "A la mort de Louis XVI".                    

 

               Selon FB, photo du 21 Janvier 2019


lundi 20 janvier 2025

dimanche 19 janvier 2025

ANTISOCIAL


                             M.E.N dans la Feuille Nabienne N°1

samedi 18 janvier 2025

WOMEN (4)

                         M.E.N dans la Feuille Nabienne N°2
 

dimanche 12 janvier 2025

IL FAUT QUE TU RESPIRES


 "Laissez-vous faire, il fait beau, tout est clair, la ville s'anime au matin, une damoiselle passe et c'est toujours la même jeune fille depuis cinq cents ans. Vous allez déjà mieux, vous respirez mieux, vous oubliez les petites et grandes trahisons, vous oubliez les langues mortes du ressentiment, de la plainte, de la peur, de la fausse efficacité managériale et de la vraie haine politique".

                     Jérôme Leroy dans Un effondrement parfait

LA PLAISANTERIE

Elle dit en arrosant ses plantes:

- Si je n'ai pas réussi l'éducation de ma fille, au moins j'aurai réussi à bien m'occuper de mes plantes. Je lui réponds qu'elle n'a qu'à faire grandir sa fille comme une belle plante.

-Oh dit-elle!

vendredi 10 janvier 2025

COUPLE (9)

 "Un coeur brisé, le foutoir dans la vie, et personne ne pouvait nous prémunir pour la prochaine fois. Tu en perds une, tu en prends une autre. Un jour elle t'aime, et un autre jour, à des années de distance, elle te déteste. Salopard. Pauvre con. Oh, oui, baby, fais-moi jouir. Tous ces mots sortent de la même bouche. Tsst, tsst! T'es mon seul et unique. T'as qu'à te lever et le réparer toi-même."

                         Dur comme l'amour (Larry Brown)

vendredi 3 janvier 2025

PAS MIEUX (22)

Phrase lue chez Yannick Haenel dans sa chronique hebdomadaire à Charlie Hebdo; il la tire du film d'Eustache, La maman et la Putain, "Tu as recommencé à vivre sans que l'angoisse t'étreigne, tu crois que tu te relèves alors que tu t'accoutumes doucement à la médiocrité."

jeudi 2 janvier 2025

PAS MIEUX (21)

 

1er janvier 2025

Tu ne meurs jamais.

*

On va peindre un immense et magnifique tableau, et il montrera enfin ce qu'est le paradis terrestre, puisqu'il existe vraiment.

*

Si tu ne te bats pas, tu te fais dévorer.

*

 

                                             Marc Pautrel dans ses carnets

dimanche 29 décembre 2024

samedi 28 décembre 2024

BERNANOS, QUEL OS!

Des jours et semaines qu'il a commencé "Sous le soleil de Satan"; trois pages un soir, dix un autre. Une oeuvre qui ne se donne pas, a contrario il faut, tel Donissan se donner! Il la lit pourtant comme on bouquine (Je bouquine!). Quelle honte!

Il se sent, se sait concerné mais il faut non pas lire avec les yeux mais avec le coeur.

 Symptomatiquement, peut-être, il a repéré 2 extraits qu'il a mis sur le blog et à chaque fois ces extraits semblent parler de lui.

Il doit continuer, reprendre même. L'histoire bien sûr il est capable d'en parler mais en quoi cette histoire peut le CONCERNER, hélas il ne peut rien en dire.

"J'écris ce livre pour moi, et pour vous – pour vous qui me lisez, oui : non pas un autre, vous, vous même".

(première phrase de La Grande Peur des Bien-pensants)

A REPRENDRE donc et sans peur.



vendredi 27 décembre 2024

ETAT D'ESPRIT (XII): COUP DE SOLLERS!

Des jours et des jours où le ciel est bas, aucune perspective en vue, il tourne en rond.

Il avait la possibilité de s'évader, aller glisser on le lui avait proposé, glisser il aimait ça plus jeune. Il a essayé l'autre week-end, c'était pas mal pas si rouillé s'était-il dit. Mais là non, première barrière la distance, puis un sport où il est mauvais, manque de souplesse. La souplesse c'est aussi dans la tête s'entend-il se dire. 

Elles partent donc, glisse et ciel bleu, et lui tourne un peu en rond il creuse son sillon, pas de perspective, ciel bas. Mais non il se reprend ( reprendre son verbe préféré: reprendre un livre par exemple). Il ira la prochaine fois; le ciel est bleu depuis quelques heures, un coup de Sollers pense-t-il ( Ciel de Sollers, texte lu il y a peu et merveilleux titre).

IL FAUT IMAGINER CIORAN HEUREUX


 

mardi 24 décembre 2024

TRES FORT, L'ANAPHORE


  Techniquement, je suis vivant (extrait), de Christophe Esnault dans Les Cahiers de Tinbad (n°17)

lundi 23 décembre 2024

LGS (XI)

Dans "Ciel de Sollers", texte de JH Larché, dans la revue "Les cahiers de Tinbad" n°17):

Le grand Phil comme on dit le grand Will a marqué son temps par sa lucidité hors pair, sa joie et son opiniâtreté, au plus près de la littérature.

vendredi 20 décembre 2024

ETAT D'ESPRIT (XI)

Il se demandait pourquoi un tel attachement au fil directeur, sa marque de fabrique depuis qu'il exerce cette fonction. Il scrute, observe ce mot, certain qu'il dira des choses sur lui. Fil, comme fils. Le fils directeur et il pense à son père, être sévère, sorte de directeur lorsqu'il travaillait (gendarmerie, Chef de la sécurité dans un hôpital vers la fin de sa carrière).

Voilà, ce fil est un attachement comme fils, à son père.

dimanche 15 décembre 2024

LA MEDIOCRITE MÊME (2)


                                           Sous le soleil de Satan, G. Bernanos

samedi 14 décembre 2024

mardi 10 décembre 2024

TOUT MOI !

"Pour être franc avec moi-même, il n' y a pas à chercher midi à quatorze heures ni tortiller sans fin et le tour de la question est vite fait: je ne sais pas me servir d'un pistolet oléopneumatique pour poser des boulons ou des rivets aveugles, je ne sais pas couler une semelle de béton pour monter un mur en parpaings, je ne sais pas faire frire des poissons ni cuire une miche de pain, je suis incapable de déboucher le siphon de l'évier sans mettre à mal toutes les canalisations de la maison et si l'on me demande d'aller promener le chien, alors il est fort possible que je le perde en chemin".

                                Analyser la situation, Pierre Autin-Grenier

samedi 7 décembre 2024

ETAT D'ESPRIT (10)

Il passait très souvent près de la devanture d'une société de Pompes Funèbres et il avait remarqué qu'invariablement, à ce moment précis, la tête dans ses pensées, le mot écrire lui venait à l'esprit.

jeudi 5 décembre 2024

ETAT D'ESPRIT (9)


En souffrance à Vence.

Le matin – demi sommeil – sanglots, qui me réveillent (pensé à Luc)

C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides.

Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n’étais pas là.

 Ma voix ne porte plus très loin.

Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie.

Il faut se quitter déjà ?

Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.

 

Henri Calet, Peau d'ours,(phrases écrites 3 jours avant sa mort)

vendredi 29 novembre 2024

ETAT D'ESPRIT (7)

nos consolations: De l'aliénation: Ferdinando Scianna   Pas un matin, lorsque le radio-réveil me tire de mon insomnie, où je ne pense au tube de Nietzsche à propos du travail ...

dimanche 24 novembre 2024

ETAT D'ESPRIT (5)

 Elle disait qu'elle s'en fichait qu'il écrive ou pas; qu'il tienne un blog ou pas. Il avait l'impression du contraire et lorsqu'il le lui disait elle s'énervait disant qu'elle s'en fichait éperdument ce qui confirmait qu'elle n'aimait pas ça du tout. Cela l'amusait et l'amuse (a-muse) encore ce non effet pygmalion.

vendredi 22 novembre 2024

ETAT D'ESPRIT (4)

 Il avait passé une partie de sa vie, jeune, avec un caractériel. Il se demandait si le manque de caractère qu'on pouvait lui attribuer ne venait pas de là, et poussant sa réflexion, cette manie de vouloir coucher des mots (des caractères) sur une feuille, une réaction à cette partie de sa vie?

mercredi 20 novembre 2024

ETAT D'ESPRIT (3)

Il avait lu, dans un livre de la psychanalyste Lydia Flem consacré à la vie quotidienne de Freud et de ses patients, que sa première consultation avait eu lieu  un 25 avril et il s'agissait d'un officiel portugais (diplomate). 

C'était donc fait pour lui s'était-il dit mais seule la flemme l'en aura empêché...

mercredi 6 novembre 2024

EXERCICE D'ADMIRATION (II)

Il était autour de minuit l'autre soir quand j'ai fini votre roman. J'avais lu dans la journée, comme chaque mercredi, la chronique de Y. Diener, le psy de Charlie Hebdo, qui n'a de cesse dans ses billets de vitupérer contre la Novlangue et le mal qu'elle (nous) fait. "Comment nous sommes hachés menu par les éléments de langage" dit-il.

J 'y ai vu un rapport avec La vie des spectres et son héros Jean Dulac.

Il y a des années j'ai découvert le classique du cinéma "Ma nuit chez Maud" que j'associe depuis et pour toujours à la ville de Clermont-Ferrand; je ne la connais pas mais je devrais normalement bientôt y passer: j'y ajouterai alors comme étapes, Landos et le Puy-en-Velay, villes que j'associe maintenant à Hélène Drach. 

Lire c'est voyager!

La semaine suivante , je lisais à nouveau la chronique de Y. Diener dans laquelle il cite cette fameuse phrase de Kafka: "Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en vous". 

C'est exactement ce que produit votre livre.

Dulac, qui petit à petit s'enfonce (comme dans un lac) et va à sa perte mais soudain Monk est là et c'est splendide.

                                Sur "La vie des spectres" de Patrice Jean



lundi 21 octobre 2024

dimanche 20 octobre 2024

LE PUR VERTIGE D'EXISTER

 

"L'adolescence aime l'infinité de la mer.
Elle n'est pas finie elle recommence.
Elle est comme l'amour.
Plusieurs fois la marée.
Le rivage je m'en vais je m'en viens.
J'apprends à devenir étranger à moi-même.
Ce n'est jamais deux fois la même eau.
La même mer.
Le baigneur Héraclite a laissé ses sandales sur le sable.
Avant d'entrer dans l'eau.
En ressort monsieur Archimède, ingénieur en travaux balistiques.
Qui vient de signer un CDI avec le soleil.
Le patrons des patrons quand on y pense.
Il y a donc la mer où l'on se retrempe et le seuil éternel.
L'adolescence à l'infini la plage.
Où l'on n'est jamais ridicule à jouer au ballon avec des enfants.
Qui comprennent parfaitement qui ont compris d'emblée.
Tous sur un pied d'égalité.
Amble comme galop.
Ne cherchez plus la révolution sociale.
Vous ne la trouverez nulle part.
Venez au sable déshabillez-vous, habitez la vacance suprême.
Que m'enseignèrent mes parents promotion 36.
Front de mer front populaire.
Je n'ai pas changé de religion.
J'ai transporté mon laboratoire sur une plage imaginaire.
J'y cours. J'y médite assis ou en mouvement tous les matins.
Rien de plus vivifiant que la métaphysique de l'air.
Moi, l'étudiant éternel à l'école de l'adolescence."

                                 Jacques Darras (La mer en Hiver sur les côtes de la Manche; suivi de l'Imagination et le pur vertige d'exister) cité par Jérôme Leroy
 
                          Porto, le 20 octobre 2024
 


CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXXIII)

Je t'aime encore, je sais j'ai tortTu es mon mal et mon premier balJe suis la clef de ta beauté toujours cachéeSerons nous là, toujours comme çaDeux éléments s'opposant

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXXII)

jeudi 17 octobre 2024

PETITES TROUVAILLES

 Je lis pendant mes heures gagnées.


C'est une analyse hors pair se dit-il, ou plutôt hors père, car ce dernier était bien incapable d'en faire (une analyse de la situation), car c'était un homme perdu (ou alors père dû).

samedi 12 octobre 2024

LA MEDIOCRITE MÊME

"Pour beaucoup de niais vaniteux que la vie déçoit, la famille reste une institution nécessaire, puisqu'elle met à leur disposition, et comme à portée de la main, un petit nombre d'êtres faibles, que le plus lâche peut effrayer. Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui".

                      Bernanos, Sous le soleil de Satan

mercredi 9 octobre 2024

C'EST LA MER ALLEE


                                               Cité par Cornelius Rouge alias Jérôme Leroy

samedi 5 octobre 2024

VIE-MORT-VIE

 "J'étais seul, je n'avais plus d'amis, plus d'amante, plus de compagne, et aucun éditeur ne voulait de mes Fantoches.

Un soir de novembre, je reçus un SMS de Van Beveren: "Je suis guéri, vieille branche! Les filles sont belles, le sang coule dans mes veines et je viens d'écouter un air de Thelonious Monk. Si tu me rejoignais pour boire à la gloire de tout ce qui est beau, je serais pleinement heureux!"

             Dernières lignes de La vie des spectres de Patrice Jean


 

PAS MIEUX (19)