dimanche 17 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XVII)

                                                   FAUX PAS

J'entends le pas de la pute

faut pas! dit une voix

j'imagine les bas de la pute

mon coeur bat

pas de pute, pas de pute dit une voix

je vois l'appât qu'est la pute

j'y vais c'est la dernière fois...

vendredi 15 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XVI)

Des dizaines de filles croisées

la figure à peine regardée

c'est le cul qui attire d'emblée

j'en suis une, je fonce

droit devant

le fondement

est le fond de mon problème

mardi 12 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XV)

                         Société je m'en vais

Toujours en quatre

                en cartes

                épinglé, cinglé

                démentir-affirmer

                souffrir-se taire

                avaler la peur

                 pleurer-répondre

                 tac au tac -loto

                 boulot-dodo

                  se doter d'un capital

                  culture-kultur!

                   CUT

                   quitter (sniff sniff)

                    centrer (but ah ah!)

                    aligner (tatatatatata)

                    ajuster (pan)

                    POLICE-DEPLACER-EFFACER-COUPER-FICHIERS-ENREGISTRER-QUITTER (OUF)

                     Dégager, glisser.

dimanche 10 mars 2024

LIRE C'EST VIVRE


                    Avec mon meilleur souvenir, Françoise Sagan

samedi 9 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XIV)

Elle a vécu l'enfer

maintenant c'est le paradis

elle veut l'écrire

mais que de bondieuseries!

mercredi 6 mars 2024

LGS (LE GRAND SOLLERS)

"On ne publie jamais le dernier livre d'un écrivain disparu, mais seulement le premier de ses livres posthumes, et aussi le premier de tous ses livres à relire".

                   Marc Pautrel (carnets, en date du 03/03/24)

SES PUTAINS MEURTRIERES (XIII)

Réveil douche petit déjeuner escalier bus

transport

lente et douce immersion dans le monde du travail

visages ternes

regards empêchés

dos du monsieur cartable du gamin qui accroche

là une place: assoupissement.

Buée sur la vitre

glace-miroir-regard

main essuie-glace

apparition de formes

flottantes je frotte mes yeux

où suis-je?

Vraiment?

Transporté je connais la destination

éternel chemin

trajet tragique

lundi 4 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XII)

Je laisse tout trainer (habits, courrier...)

Ce sont des bouées (des cailloux si vous voulez...)

Quand je me reprends

J'ouvre les yeux et j'ai du travail

J'essaie de rattraper le temps

Perdu

Les lettres je les ouvre

Les habits je les ramasse

Objets isolés sur lesquels je m'appuie

Pour reprendre vie

Entre temps qu'ai-je fait?

dimanche 3 mars 2024

MAINTENANT (III)

"L'art de vivre ressemble plutôt à une lutte qu'à la danse en ce qu'il faut toujours se tenir en garde et d'aplomb contre les coups qui fondent sur vous à l'improviste."

                                                                        Marc Aurèle, Pensées, livre VII

samedi 2 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XI)

Poète qui fait rimer

les mots

à tout bout de champ

comme si la vie

rimait

naturellement

et toi! poète!

ta vie à quoi rime-t-elle?

jeudi 29 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (X)

Pas réussi à se démarquer

ça marque à la longue

toujours dans les pas de quelqu'un

dans l'ombre

aucune trace visible

apparemment

mais l'HOMBRE sombre!

mardi 27 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (IX)

Pas la vie de Van GOGH

mais

toutes ses étendues d'or

 

Pas la vie de Monk

mais

chaque note répétée à satiété

 

Pas les bières de Bukowski

mais

tous ses poèmes

 

Pas le cigare d'Hemingway

mais

tous ses dialogues

 

En finir avec toute la bouillie biographique

les arguments psycholo-gisants

vivre

merde.

dimanche 25 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VIII)

                                                            Danse


Journée difficile. Subie. Passive.

Des paroles écoutées, échangées, des opinions

Sur l'éducation

Fatigue.

"Reprendre possession de son corps"

Ai-je retenu d'une conférence d'un psychanalyste sur la

Danse

Après une journée en société, dans 

L'intimité

C'est le geste

Vital

Reprendre possession de ses mots,

Geste mental

Aussi primordial.

vendredi 23 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VII)

Saturation du JE

répétition

je dis je mais je ne sais pas pourquoi

le jeu du jeu, transmis de

génération en génération

j'ai entendu mon grand-père dire je

mon père n'a jamais dit autre chose

et mon frère qui en est repu

et pourtant rien n'est si faux

je, mérite un autre sort

je sors de la famille

pour arriver à dire JE

mercredi 21 février 2024

WOMEN (II)

-Tu es bien nerveux, Delafeuille.

-Non mais vraiment, puisqu'on parle des femmes. Je veux dire, personne ne nous entend. Tu en penses quoi?

-Je pense quoi de quoi?

-Des femmes? En tant que libraire?

-En tant qu'homme.

-Qui te dit que j'en pense quoi que ce soit?

-Allons, allons. Nous avons tous des théories, surtout quand nous sommes bourrés.

Raoul vida son verre.

-Nous ne pouvons plus rien penser des femmes, dit-il, et tu le sais très bien. Sinon tu ne poserais pas la question.

                       Le livre de la rentrée, Luc Chomarat

mardi 20 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VI)

Prendre tout le temps des notes

Avec pour ce mot son sens musical

Prendre des notes c'est prendre son pouls

C'est connaître son rythme

lundi 19 février 2024

MAINTENANT (II)

"La laideur vient de la frustration."

"Celui qui sait bien dormir gagne du temps."

"Ne pas se laisser happer par le marasme idéologique."

"La douleur est sérieuse mais le désespoir ridicule."

"Partout la suspicion, l’idée de la sécurité avant tout, ne pas perdre la face, se garder de toute faiblesse ludique !"

                            L. Dax, revue Ironie (Janvier, février, Mars 2024)

dimanche 18 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (V)

J'ai devant moi, mais il m'échappe, celui que je rêve d'être.

Informulée, ruminée, la description qui m'idéalise, m'irréalise. Je fuis comme la peste le principe de réalité, mais rien n'empêche les fantasmes de déferler, de te leurrer.

Ne pas pleurer.

MAINTENANT (I)

Dans le dernier numéro de la revue Ironie (Janvier/Février/Mars 2024), de Lionel Dax


"S'assagir, c'est entrer dans le jeu de la mort." L.R.D.F


"Sur la route, Vivaldi, Scarlatti, Pergolèse, tout droit, vers le sud, allegro, largo, allegro, les hirondelles s'activent en ronde devant le pare-brise, miroir de leur agilité."

"Sollers remontant d'un pas prompt le boulevard de Port-Royal."


 

vendredi 16 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (IV)

Des phrases à longueur de journée

Ou alors des silences sans fin

Mais pas un mot valable

Pas une pensée vraie

Triste bilan de la journée

Et ceci toujours recommencé

mercredi 14 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (III)

J'aimais une fille

mais comme je ne savais pas

parler

j'utlisais ce que je connaissais

TAC TAC TAC

ou encore

1 2 3 4

je déclenchais son rire 

mais rien n'y faisait

toujours s'illusionner

lundi 12 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (II)

Pâleur d'un visage

dans le jour froid qui se lève

c'est

pour moi le halo

qui

réchauffe mes ténèbres

samedi 10 février 2024

SES PUTAINS MEURTIERES (I)

Souvent il se promenait durant d'interminables heures, ne voulant pas rentrer à la maison pour retrouver un inconfort qu'il détestait mais qu'il n'avait pas la force de changer. Il marchait et des flots de pensées le submergeaient. Il savait pourtant que l'unique solution pour ne pas couler était de s'arrêter, de se poser et de mettre à plat tout ce qui lui venait à l'esprit.

Pour passer de personnage de mauvais roman à possible narrateur du récit qu'il oserait enfin appeler vie, sa vie à reconstruire à la force du poignet.

Finies les envolées

Les voeux voilés

Les voix volées

S'ouvrir

Finies les vaines allées

Les veines coupées

La vie corvée

Le corps

Levé de la 

Victoire

dimanche 4 février 2024

ASSEMBLAGE

Quel drôle d'assemblage dit-elle.

Un grand bourgeois et un prolétaire quoi de commun?

Pas si sûr, écoute, ce sont les dernières lignes du roman-poème de Ponthus: 

Il y a qu'il n'y aura jamais

De 

Point final

A la ligne

 

Oh! Sans ponctuation! Comme dans Paradis!

D'un livre l'autre, j'entame maintenant la biographie de Louvrier sur ce mystérieux Sollers. N'est-ce pas Mozart qui disait que la musique est dans le silence entre les notes?

 


samedi 3 février 2024

L'INFINI

"Il y a qu'il n'y aura jamais

De 

Point final

A la ligne"

                              Joseph Ponthus, A la ligne

vendredi 26 janvier 2024

BOUCHERIE, POISSONNERIE, POESIE

"J'avais même dû réussir à faire rimer

Abattoir et foutoir

Crevette et esperluette

Usine et Mélusine"  

                                    Joseph Ponthus, A la ligne -Feuillets d'usine

mercredi 17 janvier 2024

MERVEILLE (XXIV)


 

PAS MIEUX (11)

Publié sur le site nosconsolations.

Sans la littérature, on ne saurait ce que pense un homme quand il est seul.

                                                                Georges Perros, Papiers collés, Gallimard

samedi 13 janvier 2024

SOLLERS, le héros (VIII)

Question: On peut vivre sans son corps?

Sollers: Oui, c'est même ce qui est promis à l'humanité. Par la déréalisation technique du corps. Vous prendrez de plus en plus l'habitude de voir des massacres à l'heure du dîner... Après quoi, le sport.

Extrait d'un entretien dans la revue "La porte, 1993)


 

 

mercredi 3 janvier 2024

FACE A LA MORT

 "Le dandysme consiste à se placer du point de vue de la première femme de ménage qui découvrira le cadavre"

Frédéric Berthet (extrait d'un manuscrit retrouvé dans son appartement deux jours après sa mort le 25 décembre 2003; sa femme de ménage avait trouvé porte close le 25 décembre en venant faire le ménage).


"Le rock m'a sauvé la vie mais me l'a aussi raccourcie".

Daniel Darc

mercredi 27 décembre 2023

SOLLERS, le héros (V)

"Vous le lisez et il est aussitôt présent, il marche avec vous, au milieu du désert comme au fond de la vallée verte, sur la plage comme le long des façades classiques de Bordeaux ou Venise."

Marc Pautrel dans Hommage à Philippe Sollers 

 


 

dimanche 24 décembre 2023

NO TEXT(E) LAST NIGHT

 Il pense, si on peut dire, vu l'état dans lequel il est, fatigue générale,  au delà de tout épuisement.

 S'il continue à travailler ainsi, alors il ne fera jamais rien.

Il se couche, il s'endort, ni chair, ni livre...tristesse...

A ce rythme il n'aura pas lu tous les livres, hélas!

dimanche 17 décembre 2023

SOLLERS, le héros (IV)

 

"J'aime croire, comme le dit Heidegger, que le temps ne passe pas, mais qu'il surgit. Pourtant...C'était il y a plus de cinquante ans, à cette époque, je marchais souvent dans Paris en me récitant des phrases d'Artaud: "La vie est de brûler des questions." Ou encore: "Une grande ferveur pensante et surpeuplée portait mon moi comme un abîme plein." Et voici que je découvre "La pensée émet des signes", un très beau texte de Sollers qu'il consacre à Artaud dans L'écriture et l'expérience des limites. J'admire aussitôt sa puissance d'analyse, sa subtilité et son émotion contenue pour le poète martyr."

                      Lucille Laveggi dans Hommage à Philippe Sollers

samedi 16 décembre 2023

LA DANSE, L'AMOUR, LA FEMME, LA MORT

                                                                                            Frédéric Schiffter

 



 

 

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXI)

Encore une fois le coeur déchiré (déchiré)

Je suis un clown démaquillé

Le grand rideau vient de se baisser sur l'été.

jeudi 14 décembre 2023

PAS MIEUX (10)

 

                                                                                                      Guy Konopnicky

dimanche 10 décembre 2023

mercredi 6 décembre 2023

PUR/IMPUR

 "Le nom de Céline appartient à la littérature, c'est-à-dire à l'histoire de la liberté. Parvenir à l'en expulser afin de le confondre tout entier avec l'histoire de l'antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par là, est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut nier que l'Histoire était cette somme d'erreurs considérables qui s'appelle la vie, et se berce de l'illusion que l'on peut supprimer l'erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n'est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu'au souvenir même de la liberté."

Philippe Muray, Céline. En exergue du n°15 de la revue Les cahiers de Tinbad.


 

dimanche 3 décembre 2023

SOLLERS, le héros (II)

 

"L'oeuvre de Sollers est l'antidote de la phrase de Lautréamont dans Poésies: "La méchanceté et la tristesse sont déjà le commencement du doute, le doute est le commencement du désespoir, le désespoir est le commencement cruel des divers degrés de la méchanceté"

                                                 Extrait de Sollers à l'étoile (J.H Larché)

mardi 28 novembre 2023

SOLLERS, le héros

 "Le 28 novembre 1969, Picasso peint un emboîtage homme-femme de toute beauté. L'homme a un chapeau jaune soleil, la femme mangeuse ou mangée, apporte avec elle une floraison flottante de feuillage. Des mains éclatent ici et là. Il y a deux figures antagonistes et séparées, mais une seule en rotation. Quatre yeux et un seul regard. Le reste de la toile se distribue en noir-terre, blanc-ciel, bleu-mer. Cette année-là, ce jour-là, comment pourrais-je ne pas y penser, je fête mon anniversaire: trente-trois ans. L'année précédente, comme par hasard, il y a eu un grand printemps."

                                Philippe Sollers (PICASSO, le héros)


                                                             Baiser, 28.11.1969 (Picasso)

                             

samedi 25 novembre 2023

PAS MIEUX (9)

" Le cortège des jaloux, des abrutis, des pleureurs, des violents, et autres fous furieux, qui semblent infatigables". 

                                                        Marc Pautrel (carnets, nov.2023)

lundi 20 novembre 2023

PAS MIEUX (7)

"Pourquoi j'écris parce que je ne 

connais pas mon bonheur."

                                                       Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

dimanche 19 novembre 2023

L'HOMME DE LA PEINE (17)

L'étoile mystérieuse.

C'est le soir il se promène dans sa rue au bras de sa fille qui tout à coup crie papy! en montant du doigt. Il ne voit pas puis croit reconnaître la silhouette du grand-père maternel mais elle lui indique du doigt le ciel et une étoile qui brille. C'est papy dit-elle. Pourquoi donc lui demande-t-il? Parce qu'il avait toujours plein de choses, des bagues qui brillaient. Est-ce qu'il brillait dans la vie?

Cette étoile qui brille à l'est c'est Sirius. Il pense à cet album de Hergé, "l'étoile" mystérieuse" publié en 1941 année de naissance de son grand-père, il ne l'a pas relu depuis son enfance. 

samedi 18 novembre 2023

A COTE DE SES POMPES

C'est quand les Soldes?

En janvier comme d'habitude, pourquoi?

Je voudrais m'acheter des chaussures mais elles sont chères, je vais attendre les soldes.

Oh quelle vie!

Pourquoi?




jeudi 16 novembre 2023

PAS MIEUX (6)

"On se rend un jour heureux

le lendemain malheureux

pour à peu près

les mêmes raisons".

                                      Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

lundi 13 novembre 2023

PAS MIEUX (5)

 "Pourquoi ajouter

à la douleur d'écrire

celle 

de ne pas écrire"

            Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

samedi 11 novembre 2023

VARIATION

Ce que l’on conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément. 

                                                  Boileau 


De nos jours: Des phrases toutes faites pour des têtes mal faites...

dimanche 29 octobre 2023

A L'ENCRE SYMPATHIQUE

Je le croise dans une soirée, il est très sympa; il fait des blagues. Il apprend que j'ai une bibliothèque assez volumineuse et ça ne loupe pas, je dois, pour être dans le vent, passer à la liseuse. Mais pourquoi s'encombrer de livres à notre époque qui dématérialise à tout va?

Je  l'observe, tatouages partout sur les bras et avant-bras; des mots, des phrases qui doivent compter pour lui. De l'encre à même le corps pour cet homme très sympathique. Encre mélangée au sang; par contre non vraiment des livres en 3 dimensions ça ne se fait vraiment plus!


samedi 21 octobre 2023

LE RAFFINEMENT A VISAGE HUMAIN

«Il aimait la littérature, il aimait la poésie, il aimait la philosophie, il aimait le cinéma, il aimait Proust, Claude Simon, Céline et Pierre Michon, il aimait le gothique, les cathédrales, les glaciers préférés du Routard, il aimait la Provence, ses couleurs, ses senteurs, il aimait les étangs, les rivières et les fleurs, les forêts, il aimait la lumière rasante du soir.

 Il n'aimait pas la foule, ni les honneurs, les cérémonies qu'il avait en horreur, il n'aimait pas le bruit et la fureur du monde, il aimait profondément ses filles, sa mère et sa sœur. Nous nous aimions».

                    La femme du Professeur Dominique Bernard tué par un barbare.

dimanche 15 octobre 2023

L'ETE FINIT SOUS LES ERABLES

Ada n'ira pas à Toulouse, mais moi oui,  j'y travaille depuis peu; très fortes chaleurs ici, en octobre. Un temps de décennie terrible; alors j'emprunte la passerelle Kleber Haedens qui mène au jardin japonais où je finis Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne à l'ombre d'un érable.




 

dimanche 8 octobre 2023

OH RAGE!

Il pense que ses excuses sont en fait des prétextes.

C'est-à dire?

Il se raconte des histoires, des petits récits qui lui permettent de garder la face.

Un petit garçon bien sage en fait.

Que devrait-il faire?

Ecrire, passer au Texte. 

Il écoute une émission qui date de plus de 50 ans sur un grand auteur, intitulée comme par hasard la Rage d'écrire.

Voilà, la rage de l'expression, la rage d'écrire dans le plus grand calme (apparent loin de tout orage).

Je ne suis pas une image

Jamais je ne serai sage.

 

dimanche 1 octobre 2023

PAS MIEUX (IV)

 1er octobre 2023

Naturellement, le rire est le meilleur moteur.

*

J'avance à travers la montagne, à travers des murs de pierre, et rien ne peut m'arrêter.

*

Le paradis est parfois à Bordeaux, à Venise, à Paris, le paradis est chaque fois ici. 

 

Carnets de Marc Pautrel

samedi 23 septembre 2023

L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES

 Extrait de "Vous direz que je suis tombé, vies et morts de Jack-Alain Léger" de Jean Azarel (Séguier)

 



mercredi 20 septembre 2023

ROLAND JACCARD N'EST PAS MORT

 

John Wayne n’est pas mort, Roland Jaccard (par Philippe Chauché)

 

Ecrit par Philippe Chauché 11.09.19 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits

John Wayne n’est pas mort, Pierre-Guillaume de Roux, septembre 2019, 150 pages, 15 €

Ecrivain(s): Roland Jaccard

John Wayne n’est pas mort, Roland Jaccard (par Philippe Chauché)

 

« S’il est vrai que John Wayne a tourné dans quatre-vingt-trois westerns, c’est bien l’homme à abattre. D’autant que, comme l’affirment certains béotiens, quand on en a vu un, on les a tous vus. Face à ce genre d’abrutis, la Winchester 54 peut être du plus grand secours ».

John Wayne n’est pas mort et Roland Jaccard est toujours de ce monde. Plus vivant que jamais, d’une rare agilité, n’ayant peur de rien, n’en déplaise à ceux qui prendraient un rare plaisir à aller cracher sur sa tombe. Roland Jaccard est un cinéphile à l’ancienne, on l’imagine mal lisant chaque mois Les Cahiers du Cinéma, préférant peut-être Positif. L’ami de Cioran, le lecteur d’Amiel, l’oisif, l’exilé intérieur, l’amateur de palaces et de jeunes femmes, s’arme ici d’une plume aiguisée comme une flèche Comanche pour défendre John Wayne. L’acteur et réalisateur de Alamo et des Bérets Verts est accusé de mille maux par mille mots, et Roland Jaccard règle leur compte à quelques fâcheux peu instruits de ce que ce genre a apporté à l’histoire du cinématographe américain. Roland Jaccard n’est pas seul, il avance accompagné, c’est toujours conseillé en territoire hostile : le pétillant cinéaste Luc Moullet (1), le savoureux écrivain Luc Chomarat (2), quelques amies, Clément Rosset, s’échauffant après quelques verres de saké, et Louise Brooks :

En fait, John Wayne correspondait à la définition que Henry James a donnée de la plus grande des œuvres d’art : un être parfaitement beau.

« Tous ceux, pourtant, qui ont connu John Wayne, même les plus opposés à ses idées politiques, ont été forcés d’admettre qu’il n’était pas le sectaire décrit par la presse. Ils étaient au contraire surpris par sa bonne humeur, son éloquence, son talent de joueur d’échecs et sa profonde connaissance de l’art, de l’histoire et de la littérature ».

John Wayne est l’homme à abattre, trop à droite, réactionnaire, trop viril, trop américain finalement, trop proche de l’US Army, raciste disent-ils, les insultes fusent, et très vite s’effondrent, confrontées aux faits. John Wayne est au bout du compte trop bon comédien et Roland Jaccard plus que jamais pétillant et piquant. Dès qu’il apparaît dans un western, c’est un mythe qui se met à galoper, à tirer au Colt 45 ou la Winchester 54, à embrasser du regard un désert, des montagnes, des rivières sauvages, à croiser le regard d’indiens et de bandits pilleurs de banques et embrasser celui de Maureen O’Hara.

John Wayne incarne l’Amérique, les Amériques des Chevauchées fantastiques, du désert et de sa Prisonnière, l’or du cinéma d’Hollywood, façonné par son ami John Ford, le « big boss », et Roland Jaccard lui rend là un bel hommage à poings fermés, hommage au Dernier des géants.

« Il a soixante-dix ans. Il rédige son testament, dans lequel il demande qu’on inscrive sur sa tombe ces simples mots : « Feo, fuerte y formal », ce qui signifie : « Pas beau, mais fort et digne ».

 

Philippe Chauché

 

(1) Brigitte et Brigitte Anatomie d’un rapport Genèse d’un repas Les Naufragés de la D17.

(2) Les dix meilleurs films de tous les temps (Matest Editeur). On lui doit également L’Espion qui venait du livre (Rivages Noir) ou encore Le Polar de l’été (La Manufacture de livres).

samedi 16 septembre 2023

Y A MATCH!

 

Ringardise

Cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby : allez la Rance !

publié le 8 septembre 2023 à 22h32

Vendredi matin, sur France Inter, Christelle Brua, pâtissière de renom, ambassadrice de la Coupe du monde de rugby, résumait ainsi la cérémonie d’ouverture à venir au Stade de France : «C’est un petit spectacle qui met en valeur l’artisanat, le savoir-faire français. C’est une joyeuse bande de copains qui va faire quelque chose de chouette.» Ce n’était pas chouette, Christelle, c’était époustouflant. Une vision claire et limpide de la France proposée en mondovision et sous 33,2 °C, pour bien montrer aux autres qui nous sommes.

Coécrite par l’acteur Jean Dujardin, le concepteur Olivier Ferracci et la metteure en scène Nora Matthey de l’Endroit (tous deux venant de la boîte d’événementiel DreamedByUs, qui a aussi officié pour des festivals en Arabie Saoudite ou aux championnats du monde de natation à Budapest en 2017), la performance a nécessité deux ans de travail et neuf mois de répétitions. Elle aligne des stars de la gastronomie («les rugbymen sont épicuriens», a précisé Brua), de la chanson (Vianney, toujours aussi souriant), de la danse (Alice Renavand), en bref d’un peu partout où scintille notre savoir-faire.

D’ailleurs, Vianney l’a précisé dans une pastille présentant une répétition lancée sur X (Twitter) dans la journée : «C’est fédérateur finalement comme moment [l’ouverture d’une Coupe du monde, ndlr], c’est ça qu’on a voulu et on a essayé de trouver ce qui nous rassemble tous dans ce pays, et en fait c’est plein de choses dont on peut être fiers.» On n’en doute pas. Juste avant l’entrée des protagonistes sur le terrain, les commentateurs de TF1 enfonçaient le clou : «C’est une déclaration d’amour à la France et au rugby, entre Jacques Tati et Amélie Poulain [choisis ton camp, ndlr]. Avec des clichés au sens noble du terme […] On est bien en France.»

Un gigantesque duty free d’aéroport

Qu’y voit-on alors, dans cette cérémonie ? Un village, surnommé Ovalie, posé sur une bâche qui recouvre le terrain - ne pas oublier qu’il y a un match ensuite - et des habitants joyeux. C’est vrai qu’ils ont l’air sympa, tous ces figurants aux noms illustres, de Joël Dupuch à Thierry Marx, à se balader dans cette scénographie en carton comme à une réunion costumée pour une remise de Légion d’honneur. Costumée car l’action «se passe dans les années 50, commente TF1. Une image d’Epinal qu’on a, une carte postale française.» Bonne idée. Si par exemple les concepteurs avaient choisi les années 40, il aurait fallu rajouter des Allemands, ç’aurait probablement été moins bien, quoique intéressant, or là nous sommes après la bataille et «le village gaulois en place sous vos yeux» se la joue album d’Astérix décomplexé. On reste entre nous et c’est pas plus mal. On peut roter à table si on veut, c’est la famille.

Soudain, débarque du couloir des vestiaires un boulanger sur son triporteur : «Jean Miche», alias Jean Dujardin. Il passe tel Jésus distribuer ses pains, souriant, adepte des accolades et des petits verres de rouge. Franchement c’est crédible. Le triporteur, le marcel, le béret, la moustache, la miche de pain, le petit marché d’antan, les petites tables de café d’antan, la petite place de village d’antan… c’est d’antan et c’est tentant, c’est le fantasme et le souvenir en même temps : c’est la France qu’on regrette et qu’on aimerait revoir, des terroirs, de la modernité qu’on saisit, des traditions qu’on respecte, où tout le monde s’aime mais que personne n’a connue. A-t-elle jamais existé, cette carte postale, brandie aujourd’hui en image de notre société ? On la voit dans des fictions au cinéma jusqu’à la Nouvelle Vague, dans les discours superficiels sur l’esprit français, dans les soubassements des pensées d’extrême droite, elle est là tartinée sur la pelouse où Jean Miche passe au gré des étals de marché qui proposent «ce que la France produit de meilleur». Un smic à 2 000 euros ? La fin des déserts médicaux ? L’inclusion pour tous ? «Des chocolats, du vin, des parfums…» toutes choses merveilleuses renvoyant le pays à un gigantesque duty free d’aéroport d’où l’on ne décolle que pour le territoire de la nostalgie.

Une femme vient égayer ce gai tableau : Alice Renavand, la danseuse étoile, en tenue rose, sautille en grâce. Jean Miche l’aperçoit. L’assistance se fige. Pétard, Jean Miche tombe amoureux. Et c’est vrai qu’en France, on ne rigole pas avec l’amour. Moins qu’avec les chocolats. En France, on en a dans le froc, et tandis que l’action reprend, Jean Miche Dujardin s’approche, regard intense, pour danser avec la donzelle. Une sorte de Gene Kelly rural exalté d’amour. En fond sonore, la rengaine l’Amant de Saint-Jean chantée par Zaz, autre fleuron du patrimoine national.

Emmanuel Macron hué

Allait-il s’arrêter là, Jean Miche, repartir au vestiaire avec la dame pour y concevoir une armée d’enfants ? Que non. Surgie de nulle part, Adriana Karembeu vient représenter la mode. «Une star qui fait tourner la tête de tous les hommes de l’assistance», dit TF1, à l’image des Françaises comme chacun sait. Elle pose devant l’objectif de Yann Arthus-Bertrand et son large béret («un bibi», souffle TF1) s’envole. Il n’en fallait pas plus pour que tout ce joli monde n’inventât le rugby. Habile. On a beau délirer dans les grandes largeurs devant les téléspectateurs de la planète, on est quand même là pour du sport. Des mêlées se créent donc, des gens se disputent, des performeurs rivalisent de saltos et vrilles pour attraper le bibi. «Une quarantaine d’acrobates professionnels», précise TF1. Excellent choix, il aurait été dommage de ternir le spectacle avec des acrobates amateurs qui se seraient pété les rotules à la première galipette.


Ensuite, sur sa lancée, le spectacle que personne n’arrête dans ses ambitions démesurées de montrer une France simple passe des clichés aux symboles. C’est le fondateur du rugby lui-même, Webb Ellis, qui vient expliquer les règles sur écran géant, comme un Dieu à l’accent anglais : «Un jeu simple joué par les gentlemen, joué par tout le monde.» Lui, l’inclusion, il connaît. Après s’être essayé à quelques récupérations de touches, voilà Jean Miche qui s’envole carrément dans les airs pour récupérer le bibi. Léger, aérien, un bond prodigieux qui le satellise au-dessus de la mêlée. Grand kif pour le comédien : après l’Oscar, Icare, rien que ça. Bientôt escarres ? On ne le souhaite pas à Jean Miche, il lui reste du boulot avec son amoureuse car le voici déjà redescendre des cieux avec le bibi, qu’il rend à Adriana Karembeu. Va-t-il partir avec elle ? Non, Jean Miche reste avec la danseuse, et tout le monde finit par virevolter en chantant tandis que la Patrouille de France s’approprie le ciel en y griffant les couleurs du drapeau français.

Voilà.

La cérémonie est finie. Elle était dense. Tout le monde rentre dans les coursives. Macron descend avec son micro pour ouvrir la fête - sportive. Il est hué. Par les mêmes qui chantaient durant le spectacle. Là, on n’a pas compris. Les Français sont magnifiques, mais ils sont parfois un peu impétueux. Car, à y regarder, les valeurs de la performance Reflets de France années 50 de Jean Miche sont presque celles que l’on va retrouver lundi matin en se réveillant : un pays où l’on parle du retour de l’uniforme à l’école, où le Président jupitérien décide des 49.3 comme un chef de village incontestable, où l’on dit perlimpinpin et saperlipopette, où il faut faire deux heures de caisse pour trouver un médecin, où les hommages culturels vont au Puy du Fou… cette France rance, on l’a vue en spectacle, on en a ri, on a été éberlué, c’est presque la nôtre. On peut aussi la refuser.

                                         Guillaume Tion pour Libération

 

OU

 


Est-ce si grave d'enfiler les stéréotypes dans une cérémonie d'ouverture? Au-delà de quelques lenteurs et ratés dans cet espace immense qu'est le Stade de France, le folklore de notre pays a eu droit ces dernières quarante-huit heures à un torrent de boue de la part de tous les salisseurs de mémoire réunis. L'ovalie leur donne de l'urticaire et des sueurs froides. «Ben mon vieux, si j'aurais su, j'aurais pas v'nu» a du se dire Jean Dujardin comme son jeune homologue de La Guerre des boutons d'Yves Robert en 1962. Un sport collectif qui véhicule tant de valeurs «rances» et dont les victoires ne déclenchent pas des émeutes dans les rues, c'est en effet assez rare pour être signalé et dur à avaler pour tous les victimaires en short.

De mémoire de chroniqueur, je n'ai pas vu une seule voiture brûlée dans les JT du lendemain et aucune scène d'hystérie collective où l'on insulte le drapeau avec la bénédiction de certains représentants politiques. Il y avait dans les tribunes, un air de concorde nationale, une atmosphère bon enfant, un patriotisme de bon aloi, un public familial venu fêter son XV dans les flonflons et le rire des copains. La Marseillaise y a été chantée à pleins poumons et quelques faussetés, dans le bonheur de se retrouver sous la chaleur de septembre et dans l'amour de sa Patrie. Est-ce un crime?

Cette équipe manque cruellement d'aspérités, de vaines polémiques idéologiques et de lutte des classes pour incarner la France du XXIème siècle. Elle est suspecte aux yeux de nos révolutionnaires et libérateurs des peuples opprimés qui voient en elle un résidu de virilisme et des relents d'Ancien régime. Dans certains médias, le rugby, par son attachement au maillot et au terroir, sa persistance «douteuse» dans le Sud-Ouest, son peu d'ancrage dans les banlieues (l'Île-France est au contraire une terre de conquête pour les recruteurs et les formateurs des clubs professionnels), son accent chantant, son étiquette «bourgeoise» et sa troisième mi-temps rabelaisienne est à ranger au rayon des vieilleries.

Comme si montrer aujourd'hui une place de village, un peu fantasmée, un peu trop ronde et proprette, était le sceau d'un enracinement dangereux.

Comme la boutique de farces et attrapes de Noël Roquevert dans Un singe en hiver, le rugby est un musée d'antiquités. Un bistrot de campagne abandonné où sur le zinc dépoli, quelques anachorètes évoquent le souvenir de Guy Boniface, Kléber Haedens et Roger Couderc. Dans les rucks, comme dans le constat amer de notre désindustrialisation, en maul comme dans la chute libre des classements internationaux sur l'éducation, le réel est plus têtu que les frères Spanghero. Le déni est un écran de fumée qui ne trompe personne.

Il semble que cette Coupe du monde à domicile suscite, bien plus que les éditions précédentes, un véritable engouement populaire si ce mot n'est pas banni des ligues de vertu et des meetings à gauche. Durant la semaine de préparation, nous avons vu des stades remplis pour assister aux entraînements des équipes étrangères, de Tours à Lumio. Quand il s'agit de taper sur son pays, de moquer ses traditions forcément réactionnaires, de conspuer l'esprit de clocher et les bals populaires, les miches dorées et les terrines de volaille, les parfumeurs de Grasse et les petites mains des ateliers de couture parisiens, la canaille et le cabot, Gabin et Raimu, le second degré et les images d'Epinal, les promoteurs du «vivre ensemble» s'en donnent à cœur joie. Ils sont immunisés contre la mauvaise foi. Momifiés dans le camp du bien, ils ne risquent rien, pas même la relégation médiatique. Ils déversent alors leur haine sur le cinéma de Pagnol et de Renoir, les gambettes des parquets du samedi soir et ce pauvre Jean Dujardin en marcel et gapette, poulbot et un poil démago, héros malheureux de ce maudit vendredi soir. On ricane et on complote gaiement.

La France des campagnes et des artisans, des vignerons et des ostréiculteurs, du gendarme (de Saint-Tropez) et du facteur (de Jacques Tati) a le dos large. Elle est habituée au procès en obscurantisme. Son identité, farceuse et rurale, ne compte pas. Elle est de trop. On peut bien évidemment émettre des réserves artistiques sur la soirée sans tomber dans le ball-trap. Et même si les concepteurs de cette cérémonie avaient forcé sur le trait national, ça ne mérite pas le peloton d'exécution. Comme si montrer aujourd'hui une place de village, un peu fantasmée, un peu trop ronde et proprette, était le sceau d'un enracinement dangereux. Les accusations de racisme ne sont jamais loin. Devra-t-on bientôt interdire l'usage du triporteur à l'écran comme objet de locomotion fascisant? Je préférerai toujours Darry Cowl et René Fallet pour représenter une France fictive qu'un wokisme inquisiteur à la manœuvre.

                                       Thomas Morales, Le Figaro