jeudi 31 août 2023

PAS MIEUX (II)

 Il rentre du boulot, épuisé par dix heures de travail sans pause.

C'est vraiment métro-boulot-dodo.

Mais avant de rejoindre Morphée, il a l'énergie de lire ceci, sur le blog de Marc Pautrel:


31 août 2023

Ton canot est amarré à quai tout près, il te suffit de dénouer la corde et tu peux partir.

*

Fais revivre ceux qui n'ont pas vécu suffisamment longtemps, éternise-les.

*

Ton cerveau cherche la solution durant des années, puis un matin il la trouve et le bonheur est là.

*

 

samedi 26 août 2023

OISEAU

"Donner un ciel où voler à l'oiseau rare, c'est déjouer l'époque et la mélancolie de Grand Deuil. C'est ensuite échapper aux conditionnements physiologiques, familiaux, biographiques qui font croire chacun à son malheur et à son bonheur."

  Math. Terence, Petit éloge de la joie 

 

"Être un oiseau"

 Ph Sollers, Agent Secret

lundi 21 août 2023

TROIS JOURS A PORTO

Il marche, il pense, il passe beaucoup de temps dans les restaurants; et que croit-il au juste restaurer en revenant sur ses pas?

Un monde en ruines se demande t-il en photographiant quelques façades?

Il a dans ses bagages un livre, Trois jours avec Joyce de la photographe Gisèle Freund avec une préface de Philippe Sollers dont il tire les extraits suivants:

 


 

"L'engendrement conscient n'existe pas pour l'homme. C'est un état mystique, une transmission apostolique, du seul générateur au seul engendré."

" la vie c'est beaucoup de jours, jour après jour. Nous marchons à travers nous-mêmes, rencontrant des voleurs, des spectres, des géants, des vieillards, des jeunes gens, des épouses, des veuves, et des vilains beaux-frères. Mais toujours, nous rencontrant nous-mêmes."


 

dimanche 20 août 2023

CAP AU PERE

Lecture de Père de Strindberg, admiré par Nietzsche.

Un couple se déchire, lutte conjugale à la vie à la mort. Dans ce jeu de dupes, le père s'enfonce. C'est de pire en père ou à qui père perd!

                               Porto,  Août 2023
 

 

samedi 19 août 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XVII- Tout est bleu)

Tout est bleuTout est bleu quand le noir s'en vaMême s'il en reste toujours un peuDe loin, ça n'se voit pas
 

mercredi 16 août 2023

BLEU

"Bien entendu, vous n’allez pas faire du bleu sans le noir. Il ne faut pas oublier que le noir, au plus profond, sert à faire ressortir le bleu."

                                           PH Sollers, La Divine Comédie

samedi 5 août 2023

LA CONTRADICTION M'AIME (V)

 "Et même si rien ne devait être comme nous l’avions espéré, cela ne changerait rien à nos espérances. Les espérances resteraient, l’utopie serait nécessaire ».                                   Le livre d'image (JLG)

lundi 31 juillet 2023

LE VERRE DE L'AMITIE?

On connait la cause de la rupture entre Sollers et Kundera, rapportée par Ariane Chemin dans son livre sur Kundera, l'anecdote du pendule de Vera, qui s'affole sur une bouteille de Sauternes apportée par Sollers; il vide alors la bouteille dans l'évier.


 "En groupe, l’alcool – et plus particulièrement le vin – a chez Kundera le pouvoir de dilater le temps, et de jeter des ponts entre différentes époques, à l’image de cette sublime séance de dégustation durant laquelle Bertlef sert à tous les convives un millésime 1922 : «Mes amis, goûtez ce vin. Il a la douce saveur du passé. Savourez-le, comme si vous aspiriez, en suçant un long os à moelle, un été depuis longtemps oublié. Je voudrais en trinquant marier le passé et le pré­sent et le soleil de 1922 au soleil de cet instant». Une scène observée froidement par un autre personnage, qui ne voit dans cet excès de nostalgie qu'un prétexte à la «parlotte», qui révèle chez l'auteur un certain dédain pour le commentaire, préférant sans doute la part plus insaisissable du vin dans sa dimension fédératrice. Beaucoup plus tard, dans son roman L'Ignorance, écrit en français, le personnage d'Irena, de retour au pays après un long séjour en France, tente en vain de faire goûter à ses amies de jeunesse des vins de Bordeaux, ici symboles de luxe et de distinction. Mais aux fins nectars de 1982, elles préfèrent s'envoyer de copieuses chopes de bière, sans doute la seule boisson sincère, «qui dissipe toute hypocrisie».

 extrait d'un article du Figaro, par Alicia Dorey

mercredi 26 juillet 2023

LE MEILLEUR AMI DE L'HOMME (ou solitude j'écris ton nom)

"Sa seule présence (en parlant de son chien), m'aidait à retrouver ce mépris des hommes qui est la première condition de la sérénité et de la sagesse dans la vie humaine".

                             La peau, Malaparte

mercredi 19 juillet 2023

CQFD


                               Interview de M.E Nabe dans Playboy (extrait)

samedi 15 juillet 2023

INITIALES B.B


 "Je suis belle, ô mortels!

Comme un rêve de pierre

[...]

Je hais le mouvement qui déplace les lignes".

Ch. Baudelaire (La beauté)

jeudi 13 juillet 2023

MEN, M ET MOI (5)

M: Où veux-tu reprendre?

MOI: Comme tu veux, avec Godard et Sollers les 2 grands morts de ces derniers temps que l'on évoquait l'autre fois à propos de l'opus 32 de Nabe's News?

M: Incroyable non? du n°32 au n°33, de vie à trépas.

MOI: n° 33 ou l'Âge du Christ! C'est aussi la mort du père, troisième grand mort de l'année à 99 ans!!! (3X 33).

M: Tu as lu le texte de Nabe lors de la cérémonie mortuaire? et tu as vu la photo du cercueil?

MOI: Oui ça m'a fait penser au cercueil de mon père et à sa chambre mortuaire. Il est mort 3 mois après le père de Nabe.

M: Mais tu n'as rien lu toi devant le cercueil de ton père.

MOI: Non, mais j'ai écrit sur son cercueil car j'avais en tête un des slogans des situationnistes: "écrivez partout".

M: "Des phrases tristes, pleines de pathos"?

MOI: Non pas du tout, c'était sobre: "toi mon père qui est aux cieux que ton nom soit sanctifié."

M: Grandiloquent...

MOI: Tu sais comment je l'appelais mon père?

M: L'homme de l'Ouest?

MOI: Non, l'homme de la peine, hélas pas assez à l'ouest ce breton toujours trop préoccupé pour... rien. C'est en référence à l'Homme de la plaine, un western d'A. Mann avec James Stewart.

M: C'est triste non?

Moi: Mon père aimait les westerns mais je ne sais pas s'il connaissait celui-là. Il aurait pu dire: L'enfer c'est là où je me trouve.

M: Oh l'anti-Voltaire! Mais tu exagères quand même et la phrase exacte de J. Stewart c'est: "J'ai l'impression d'appartenir à l'endroit où je me trouve".

Moi: Oui c'est tout à fait lui qui de fait n'était de nulle part, donc de partout. Des endroits où il a vécu, on pourrait dire: d'un ennui l'autre.

M: Et de l'ennui à la nuit...

MOI: Mon père, taciturne, a terminé sa vie dans une urne mise dans une valise, laquelle pour voyager en train a été étiquetée avec cette phrase: Ne m'oubliez-pas!

M: Ton père si je me souviens bien était rentré en France après 15 ans à l'étranger avec comme seul et unique bagage une valise et c'est tout. Il faudrait que tu éclaires ça quand même sinon ce sera l'oubli. 

Moi: Tout le contraire de "la joie de vivre" du père de Nabe! Mais on ne choisit pas ses parents.

M: Oui mais tu m'as assez dit qu'on ne peut vivre qu'en s'en séparant...

MOI: Tu as lu le portrait qu'il fait de son père dans son premier livre, reproduit dans ce numéro?

M: Non

Moi: Tu te souviens que tu avais été choquée par la photo de sa mère morte, et tu avais alors cité un livre de Bukowski: Shakespeare n'a jamais fait ça.

M: Oh oui.

Moi: Alors lis Tempête sous une moumoute.

M: Un régal?

Moi: Dans le régal oui, magnifique portrait, humour-amour...

M:Ah non, j'ai lu par contre le texte qu'il a écrit et lu devant son cercueil: il récuse ce lien.

Il est comme Céline dans son interview à Pauwels: "en avant pour l'amour avec toute sa vulgarité".

Moi: Il est pudique c'est tout... Sollers l'admirable a lui même dit, pas d'amour sans humour.

M: L'amour cet absolu mis à la portée des caniches!

Moi: Oh tu sais je viens de lire un texte splendide de Malaparte, la peau, où il exprime l'amour qu'il a pour son chien."Sa seule présence, m'aidait à retrouver ce mépris des hommes qui est la première condition de la sérénité et de la sagesse dans la vie humaine".

M: L'amour des chiens,  comme Houellebecq, cet autre ennemi de Nabe.

Moi: Je trouve marrant sa façon de vouloir se comparer à Houellebecq tout le temps; il y a eu le vingt-septième livre et puis il revient sans cesse à la charge.

M: Complexe?

Moi: Sollers lui a réglé son compte à Houellebecq il y a 25 ans dans l'année du Tigre. Tu te souviens? "Roman naturaliste du manque d'histoire et de la misère sexuelle...On dirait que leur féminisation est en cours et qu'ils n'en éprouvent aucun plaisir (c'est le moins qu'on puisse dire)...Naturalisme, réalisme, populisme... Souffrance, impuissance, délaissement, psychose, suicide, désespoir, désir d'en finir". Tout un programme n'est-ce pas?

M: Ah! cette question de l'amour, tu as lu l'interview de Brigitte Fontaine dans le journal suisse Le Temps?

Moi: Que dit-elle?

M: Le journaliste lui dit que dans Fatrasie son dernier recueil, elle parle d'amour, mais elle récuse cela, elle dit qu'elle voulait faire rire: humour comme Nabe!

Moi: Fontaine? Nabe ne boit pas de cette eau là tu sais! Pas de rock, du Jazz!

M: C'est un peu comme Lacan qui parle d'amur plutôt que d'amour: l'amour tel qu'on le pense va droit dans le mur!

Moi: Lacan, Fontaine, Nabe, Céline, Malaparte: de grands pudiques.

M:  Pudique Nabe? T'as vu Patience 4, son magazine porno? Franchement 120 balles pour voir des trous de balles!

Moi: En parlant de pudeur, de vulgarité, je ne résiste pas à ce passage, écoute: "Moi, si j'amuse une femme, c'est très intéressé: chaque fois qu'une femme rit, je pense dégueulassement au fond de sa culotte, car je sais d'expérience que les secousses du rire chez une femme relâchent l'anus, les nouilles et entrouvrent très légèrement les plèvres".

M: Vieux dégueulasse.

Moi: ça veut dire quoi dégueulasse chérie? 

M: Un porc!

Moi: Un éloge plutôt! Les femmes: Porcs frais de ses pensées!

T'as aimé le film "Godard son dernier Rolle"?

M: Du Godard dans le texte, un hommage donc.

Moi: Oui d'une certaine façon, il n'arrive pas à en dire du mal.

M: Ah oui, à l'inverse de son frère ennemi, Zag qui l'a massacré dans un livre il y a quelques années.

Moi: L'un aime le cinéma (le vrai), l'autre pas.

M: La mort de Godard ce n'est pas rien; Nabe le salue et Zag aussi sur sa chaine Youtube.

Moi: Oui et pour Sollers hommage également sur sa chaine youtube, par contre rien dans Nabe's News.

Quel oxymore quand on y pense : Sollers est mort!

M: Tout de même, Nabe raconte la seule fois où il a rencontré Godard, et il était avec... Sollers! Dans le café l'Espérance: ça ne s'invente pas.

Moi: Et il se demande où est sa place.

M: C'est étrange non, il semble se minimiser, au milieu de 2 monstres sacrés...

Moi: Attendons l'Opus 34 pour voir ce qu'il dira de Sollers.

M: Tout de même mort de Sollers le 06 mai, sortie du n°33 le 12 juin, et rien!!!

Moi: ça se travaille; Patience...

mercredi 12 juillet 2023

samedi 8 juillet 2023

ROBOT APRES TOUT

On nous loue la technologie, celle-ci, pour le bien de l'homme allégerait son fardeau; des robots partout.

Chat GPT aussi intelligent (ou plutôt bête) que l'homme.


Sollers dans L'année du tigre: "Le mot robot, on l'oublie, vient du russe. Rob: esclave. Robotnik: ouvrier".

vendredi 7 juillet 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XV)

Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau?Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau?Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau?Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau?Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau?

 

                                                    Pour la peau, Dominique A

mercredi 5 juillet 2023

COUPLE (VI)

 "Je leur conterais surtout la parabole schopenhauerienne du troupeau de porcs-épics qui, par un froid glacial, se serrent les uns contre les autres pour se réchauffer mais se blessent aussitôt. Je leur rappellerais des réalités qu'ils vivent aussi. Car les défenseurs de la vie sociale sont des porcs-épics comme tout le monde. Quand ils cherchent l'amour, l'amitié, la "chaleur humaine", ils se piquent mutuellement. Un couple est l'union de deux porcs-épics."

                         Rétrécissement, Frédéric Schiffter

samedi 1 juillet 2023

COUPLE (V)

 "Deux femmes m'auront rejeté car elles se seront lassées de moi-ce que je comprends, car pour la vie à deux, comme pour la vie en général, je ne suis pas "une force de proposition". Je m'interroge sur leur apparent fourvoiement amoureux. Je suis un type sans mystère. Elles avaient bien vu que je n'avais pas la nature d'un futur compagnon bouillonnant de projets, débordant de programmes, sautillant d'élans, mais que je portais au contraire une vocation d'époux casanier.

En poussant l'interrogation un peu plus loin, je me demande quels furent, entre ces femmes et moi, les "points communs", comme on dit. En réalité il n'y en avait pas. Les choses qui m'intéressaient les laissaient indifférentes et inversement."

                               Rétrécissement, Frédéric Schiffter

mercredi 21 juin 2023

LES POINTS SUR LES I (2)

"Je l'avoue humblement, je n'ai pas lu Kiffe kiffe demain, sans doute suis-je passé à côté d'un chef d'œuvre de la littérature contemporaine. En revanche, j'ai vu l'autrice, Faïda Guène, éreinter La Métamorphose de Kafka, à la Grande Librairie. Ce serait, "l'histoire d'un mec qui n'a pas envie d'aller bosser et se transforme en cafard". En fait, c'est plutôt un cloporte. Et comme on a compris dès le début, toujours d'après notre grande écrivaine, deux cent pages, c'est beaucoup trop... J'en déduis qu'elle déconseille aussi l'Odyssée, une fois qu'on a compris qu'Ulysse s'est perdu, inutile de nous promener, avec Homère, on va de Charybde en Scylla. N'ayant pas de goût pour l'Odyssée intérieure de Kafka, Faïda Guène en profite pour faire un coup de promo : à 16 ans, ses histoires de petits princes sont mieux adaptées que. la Métamorphose. C'est un peu tard, il est vrai pour le joli conte de Saint-Ex ! Heureusement Faïda Guène met le pluriel et raconte Des histoires de petitS princeS. La petite bête de la Métamorphose, elle lui mettrait "un coup de Baygon à la cinquième page". Gazer Kafka, c'est une riche idée. Heydrich en aurait rêvé mais il est arrivé seize ans trop tard à Prague. Ce coup d'aérosol en dit long sur la haine de Kafka. Les autres séquences de cette émission d'Augustin Trappenard étaient seulement ridicules. Pour éreinter le Rouge et le Noir, en ignorant le style de Stendhal, mieux vaudrait être capable de construire des personnages capable de traverser les temps. Julien Sorel n'est pas à la portée de n'importe quel scribouillard. Gazer Kafka dès le début de la Métamorphose est autre chose. L'inconscient antisémite a parlé. Promouvoir la détestation de Kafka n'est qu'une manière d'exprimer son antisémitisme sans trop de risque".

                         Guy Konopnicki

dimanche 18 juin 2023

N'IMPORTE QUOI (II)

Houellebecq est un très bon romancier, Patrice Jean parle fort bien d'anéantir dans un entretien où il montre qu'avec des sujets aussi effrayants que le coma, l'Ephad, le suicide et le cancer, l'auteur livre un roman contemporain puissant.

Certes,  mais il dit n'importe quoi dans ses interviews.

 Extraits:

"Picasso s'ingénie particulièrement à enlaidir et torturer les femmes, que j'ai tendance pour ma part à considérer comme plus belles que les hommes."


"Il y avait Sollers, qui était sympathique, mais pas tout à fait suffisant."

                                                   L'Incorrect (juin 2023)

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XIV)

Ah que la vie est belleSoudain elle éblouitComme un battement d'ailesD'oiseau de paradis
Ah que la vie est belleQuelquefois pour un rienLa divine immortelleDans le mal et le bien
 

mercredi 14 juin 2023

OXYMORE (VII)

"J'aime une chose ancienne pour sa nouveauté."(T. Tzara)

"Le temps est ici et là". (G. Debord)

2 citations de Stéphane Zagdanski dans l'émission d'Aude Lancelin sur le média QG.

mardi 13 juin 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XIII)

Les vieux sont jetés aux orties
À l’asile, aux châteaux d’oubli
Voici ce qui m’attend demain
Si jamais je perds mon chemin

J’ai d’autres projets, vous voyez
Je vais baiser, boire et fumer
Je vais m’inventer d’autres cieux
Toujours plus vastes et précieux

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille, sans foi ni loi

Si je meurs, ce sera de joie

 

samedi 10 juin 2023

AU HASARD OU PRESQUE (III)

"Que ne leur eût-on désappris le tri sélectif?

Les libertins appuient là où ça fait du bien.

La voie est libre.

Misère de l'homme sans écran tactile.

Qui a renoncé à dépenser sa vie ne doit plus s'avouer sa mort.

L'idéologie, c'est ce qui pense à votre place.

On réussit toujours à parler de ce que l'on aime.

Louis-Ferdinand Céline, oh miracles!

Tu as bien fait de t'évader par les toits, Giacomo Casanova."

      Aphorismes, et autres pensées divergentes (extraits), Olivier Rachet dans Les Cahiers de Tinbad (n°14)

vendredi 9 juin 2023

samedi 3 juin 2023

N'IMPORTE QUOI

Ces films qu'il voit, ces livres qu'il lit, cela serait n'importe quoi lui dit-on parfois.

Oui oui est sa réponse. Et il pense à cette phrase:

" Je me flatte de faire un film avec n'importe quoi; et je trouve plaisant que s'en plaignent ceux qui ont laissé faire de toute leur vie n'importe quoi".

                                                 G. Debord



mercredi 31 mai 2023

PROGRAMME (2)

 


Les privilèges

I. Le privilégié pourra choisir à tous moments l’âge qu’il souhaite avoir.

II. Le privilégié pourra s’il le souhaite se trouver dans plusieurs lieux à la fois.
III. Il pourra à volonté connaître les pensées de ses interlocuteurs.
IV. Son portefeuille contiendra toujours la somme dont il aura besoin.
V. Il pourra changer d’apparence selon son choix.
VI. Pendant ses activités sexuelles, pour lui et pour ses partenaires, le temps sera effectivement suspendu.
VII. Il gardera en mémoire tout ce qu’il lit, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il pense, tout ce qu’il ressent, tout ce qu’il vit, mais avec le privilège de n’en évoquer que ce qu’il souhaite.
VIII. Le privilégié écrira à la vitesse de la pensée et avec la précision de la musique.
IX. Le privilégié pourra jouir du bien pour le bien. Il pourra jouir du mal pour le mal. Mais il pourra aussi à volonté haïr le mal. Il ne pourra jamais haïr le bien.
X. Dieu exauce les vœux du privilégié et les lui pardonne.
XI. Le privilégié reste lucide et heureux jusqu’à sa mort qui l’emporte sans douleur pendant son sommeil.
XII. Le privilégié ressuscite le troisième jour et choisit son destin.

                                   Marcelin Pleynet, 1986.

dimanche 28 mai 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (X)

Sorrow

 Sorrow, in the morning

 Sorrow

 Sorrow, late at night

 Like a ship without a sailor

 

lundi 22 mai 2023

NE TRAVAILLEZ JAMAIS (3)

 "Il faut aller à l'essentiel. Ne rien foutre et, de temps en temps, travailler très vite. Mais ne rien foutre, ce n'est pas perdre son temps, attention. Il faut bien sûr en avoir les moyens. Moi, je fous rien, je reste des heures à regarder un objet...Mais c'est bien, c'est le temps qui passe...Et dans le silence, surtout pas de disque."

     Serge Gainsbourg, entretien dans "l'invité du jeudi", en avril 1979


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 19 mai 2023

LE JOUR DEVANT SOI

"J'aime ce dont je parle. Par exemple, en ce moment, j'étudie Balzac avec mes élèves. Quel autre métier permet de parler de cet auteur dès 8H du matin?"

                 Patrice Jean, entretien dans zone-critique.com

          

jeudi 18 mai 2023

PROGRAMME

A partir de maintenant suivre ce programme de lecture: un classique puis un moderne puis un classique, etc...

Sachant qu'un classique peut être moderne (l'est forcément) et qu'un moderne (20 ème, 21 ème siècle) peut être classique.

vendredi 12 mai 2023

"OXYMORE" (VI)

 BOUL-AIR

ça a débuté comme ça: boul(e) dans la lourdeur donc puis ça s'est allégé (air).

mercredi 10 mai 2023

SOLLERS SI!

Comme le dit de façon émouvante Pascal Louvrier, écrivain essayiste, dans son hommage à Sollers : "Sollers est mort. Je n’arrive même pas à croire ce que j’écris".

J’avais décidé, durant cette semaine coincée entre Pâques et l’Ascension, de prendre le large, alors cap à l’ouest. Début mai je me retrouvais sur les terres de l’écrivain J.P Manchette que je relisais, à Saint-Georges de Didonne où se situe un de ses romans. Puis je visitais les jours suivants l’île d’Oléron à vélo traversant marais salants, cheminant dans les sous-bois, m’arrêtant sur les grandes plages sableuses. Le soleil était là, peu de monde. Le soir huîtres et vin blanc, c’était parfait. Je lisais toujours Manchette, le roman Fatale qui se clôt par cette phrase puisée chez Molière : "Femmes voluptueuses et philosophes c’est à vous que je m’adresse" (et je pensais alors à l’auteur de Femmes qui n’aurait pas désavoué une telle phrase).
Je devais me rendre ensuite pour la première fois sur l’île de Ré, vendredi 05 mai avec le désir de me promener du côté d’Ars-en-Ré, mais j’hésitais ne voulant pas passer pour un voyeur lourdingue. Finalement des impératifs m’obligèrent à écourter mon séjour et le 06 mai pileface m’apprenait la mort de Sollers.

Que dire ?

De très beaux hommages ont été rendus, celui de P. Louvrier donc, mais aussi bien entendu ceux des deux formidables rédacteurs du site qui m’accueille de temps à autre (Viktor Kirtov et Albert Gauvin). Il y a aussi l’écrivain Jérôme Leroy qui cite à merveille des extraits de Sollers.
Il y a eu d’autres hommages plus conventionnels-officiels et je passe sur les quelques propos imbéciles qui sont allés de suite aux cabinets.
Je n’étais pas un proche de Sollers, je l’avais croisé une fois il y a quelques années lors d’une conférence donnée dans un hôpital parisien, consacrée à Picasso et Manet. Josyane Savigneau avait introduit la conférence, elle qui dit si bien que Sollers devrait être remboursé par la sécurité sociale. Jean-Jacques Schuhl et Ingrid Caven étaient présents.

Ces derniers temps, je guettais une nouvelle sur une prochaine sortie de roman, même si à la lecture de Graal on pouvait comprendre que ce serait le dernier. J’avais été stupéfait par cette phrase bataillienne : "Je vis pleinement ma mort".

Je lis Sollers depuis le début des années 90 et chaque livre constitue pour moi un événement. Je me concentre, j’écoute au plus près ses mots, sa voix qui ont la faculté de me rendre plus vivant. Puissance de la parole... Ce n’est pas rien !

Lorsqu’il écrivait dans le journal Le Monde, je me précipitais dans un kiosque et c’était pour les jours suivants un regain d’énergie. Je me souviens de l’époque où je me rendais chez un ami qui avait tapissé ses murs d’aphorismes de Cioran tirés de La tentation d’exister ou de l’inconvénient d’être né. Moi j’apportais la revue l’infini, les articles de journaux. Plus contradictoire tu meurs ! Grande époque !

Je me suis très vite abonné à cette revue et j’ai découvert des auteurs que je lis encore (S. Zagdanski, M.E Nabe, Y. Haenel, F. Meyronnis, C. Guilbert, M. Pautrel, et concernant ce dernier, je lis chaque jour les petites grandes phrases de son carnet qui me font penser à Sollers).

Il faut donc mourir, c’est fatal, mais dans L’Ecole du Mystère voici :

"La mort est là c’est sûr, on se trimballe avec son cadavre, on est l’ombre de soi-même, par beau temps comme par mauvais temps. La foi, contrairement à ce qu’on croit ou qu’on lui fait dire, considère la vie comme une expérience. Tout dépend des situations, mais l’étoile est là".


 

 

lundi 8 mai 2023

"OXYMORE" (V)

 Sollers est mort

"OXYMORE" (IV)

 " L'oisiveté n'avait jamais autant ressemblé à un sport de combat."

                                               Mes vies parallèles, Julien Leschiera

L'HOMME DE LA PEINE 15 (Ou un roi sans divertissement)

Il aura passé sa vie à s'ennuyer cet ancien sous-officier de gendarmerie. Aucun intérêt, aucune  passion pour divertir cet homme solitaire. Un roi à la maison qui faisait régner une petite terreur. Rien n'aura dynamisé son existence si ce n'est sa rupture la soixantaine venue, qui si l'on veut, aura agit comme un bâton de dynamite. Mais pas fou, il s'éteint doucement dans son lit.