"Je n'ai rien connu de mieux que ce voyage, cette descente solitaire à 180 à l'heure et 45°Celcius vers l'enfer du sud de l'Espagne.; J'étais à la fois seul et accompagné, triste et heureux, plein d'espoir et de désespoir. J'avais de l'argent, une bonne climatisation, je roulais vite, j'étais nourri de bon vin couleur d'or ou de rubis."
"La fréquentation d'Anatole France rappelle la conversation des personnes âgées. Au début elle paraît drôle mais vite je ressens un sentiment de tristesse, d'étouffement, d'ennui. Pas question de radotage, plutôt d'une fausse tranquillité (agressive) qui vient de la conscience qu'ils ont de ne plus être objet de désir. Bavardage d'eunuque."
"Dans l'étude sur Borgès, Yourcenar dit de la psychanalyse qu'elle est une "pauvre mythologie". Nabokov et Yourcenar dénigrent la psychanalyse. Pourtant, qui m'expliquera, sinon le "charlatan de Vienne", pourquoi, à chaque fois que j'ai des soucis d'argent, je passe mon temps à nettoyer les cabinets à l'eau de Javel? Les idées du freudisme, souvent très simples, permettent de se voir agir, ce qui est un remède, comme l'humour juif. Nettoyer les cabinets en sachant que la merde, c'est de l'argent et que l'argent, c'est de la merde, reste plus drôle que de les nettoyer en pleine anxiété, sans le savoir."
Liberty, de Simon Liberati (éd. L'indéfinie)
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