Le 08 mars (journée internationale des droits des Femmes) 1998, dans son journal "L'année du tigre", voici ce qu'écrit Philippe Sollers de Charles Bukowski:
"Charles Bukowski, ce vieux dégueulasse, était bien entendu quelqu'un de très raffiné. Il aimait Haydn et Bach. Voici ce qu'il dit en 1986:
" L'espoir, c'est une touche d'humour, et de la grâce, quoi qu'il advienne. La capacité de rire, de voir le ridicule, de ne pas excessivement se crisper quand les choses deviennent impossibles...Disons: le rire à travers les flammes."
A travers les flammes, à travers les femmes, sur qui l'auteur de Women a beaucoup écrit.
Sur les femmes, et sur l'amour, les éditions "Au diable vauvert" publient un recueil de poèmes.
Voici le dernier de ce recueil:
aveux
guettant la mort
comme un chat
qui s'apprête à sauter sur
le lit
je suis tellement désolé pour
ma femme
elle découvrira ce
corps
blanc
raidi
le secouera une fois, puis
peut-être
une deuxième:
"Hank!"
Hank ne répondra
pas.
ce n'est pas ma mort qui
me préoccupe, c'est ma femme
confrontée à
cet amas de
néant.
je voudrais
qu'elle sache
au demeurant
que toutes les nuits
passées
à ses côtés
même les disputes
inutiles
ont toujours été
de splendides choses.
et les mots
difficiles
que j'ai toujours eu peur de
prononcer
peuvent maintenant être
dits:
je
t'aime.
Et c'est le lendemain de la journée des droits des Femmes, le 09 mars 1994 que Bukowski s'en est allé.
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