Michel Houellebecq, ce héros de notre temps, sort un roman, anéantir, au titre on ne peut plus houellebecquien, et c'est bien sûr un événement; la sortie du livre est précédée de nombreuses critiques et une grande interview dans le Monde attire l'attention.
Alors que n'importe quel lecteur un peu instruit a la phrase de Gide en tête (c'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature), Houellebecq la retourne: "Je pense que c'est avec les bons sentiments qu'on fait de la bonne littérature. Tout au long du XXème siècle, la littérature a été traversée par une fascination pour la transgression, le Mal. La réussite suprême (dans un roman) ce serait qu'il y n'y ait plus de méchants du tout".
Gide a dit d'Ulysse de Joyce que c'était un faux chef-d'oeuvre.
Dans son étude sur cet auteur, Beaucoup de jours, Philippe Forest analyse minutieusement chaque chapitre donnant ainsi à lire une oeuvre complexe.
Le chapitre 12 est consacré au Cyclope; l'action touche à des questions politiques.
Conclusion de Forest: "Car le roman vrai, n'en déplaise, est du côté du Bien. Rien n'est plus facile à démontrer. Et tous les grands livres en témoignent. Ceux de Proust et Tolstoï, comme le disait Barthes pour finir. Même Céline, c'est dire.Et Joyce bien sûr".
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