"Guitry jouait faux, Jouvet jouait faux, Depardieu joue faux, les grands acteurs jouent faux; les gens qui cherchent à jouer vrai se cassent la figure."
Je pense à cette phrase du musicologue Jacques Drillon qui vient de mourir alors que je tente de regarder le feuilleton Un si grand soleil.
Depuis quelques années, la France a ses feuilletons Français quotidiens, un peu comme les USA, qui ont depuis fort longtemps leurs Soaps ou encore le Brésil, le Portugal avec leurs Telenovelas.
La soupe de navet s'invite au menu des français chaque soir dis-je à M qui me trouve trop crispé sur la question.
C'est, me dit-elle, une façon après une journée de travail harassante de "poser son cerveau".
Belle expression, et je la prends aux mots car si le cerveau est posé, ailleurs, alors il n'y a pas de temps de cerveau disponible...
J'observe les acteurs qui se la jouent Actors studio; quelle que soit la scène à jouer on dirait qu'ils jouent leur vie; mais ils la grimacent plutôt. Ils veulent faire vrai et c'est faux!
Dans l'émission Remède à la mélancolie sur France Inter, Jacques Drillon édité par Philippe Sollers se rapproche de lui sur bien des points.
Dans Agent secret, Sollers: "Je ne crains pas la répétition, jeu enfantin, cercle qui ne va nulle part... Le bonheur est possible. Je répète. Le bonheur est possible. Dans la maison, tous les matins je laisse Richter jouer Haydn, on pourrait l'écouter sans cesse. Parfois c'est Glenn Gould qui joue le clavier bien tempéré, menton sur les touches, lui aussi l'écouter sans cesse, on a maintenant tout le temps".
Drillon: "Ce que je préfère, c'est la vie quotidienne, c'est d'être comme hier. C'est pour ça d'ailleurs que je suis fumeur. On ne fume pas pour le plaisir car il n'y a aucun plaisir à fumer, je nie ça farouchement, je suis fumeur car j'étais fumeur hier et je veux que ça continue comme hier; je voudrais que les choses ne changent pas."
A l'infini...
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