samedi 6 avril 2024

JUSQU'AU SOMBRE PLAISIR D'UN COEUR MELANCOLIQUE

 Déjà bien avancé


Au bout du compte, le sentiment aimablement mélancolique qui consiste, en semaine, à se promener dans une station balnéaire déserte quand septembre est déjà bien avancé est la chose que nous aurons la plus aimé au monde. Les fantômes des baigneuses sont encore là, il nous semble même dans le silence de l'après-midi, sous le ciel variable, alors que la marée descend, les entendre rire.

Il n'est jamais trop tard dans la saison.

                   J. Leroy (Et des dizaines d'étés dorés)

mercredi 3 avril 2024

LES QUATRE SAISONS

 

 

Lundi 29 novembre


Il y a du bleu et du rose ce matin

et il y a ma joie d'enfant

ou de vieil homme

après des jours de gris et de pluie


je ne suis ni l'un ni l'autre pourtant

mais le beau temps est ma dernière 

espérance politique

et  le bleu et le rose mon meilleur 

anxiolytique

 

janvier 

 

 Il n'y a de ciel que bleu

 

le mimosa explose en silence

duveteux

près du livre fermé

 

jaune sur gris

blason du dimanche

 

jaune sur gris

blason de janvier

 

shampoing schlosser

 

quand nous nous souvenons

des amours d'autrefois

souvent cela ressemble

à un tableau de schlosser

il ne manque même pas

le parfum du shampoing

dans les cheveux d'agnès

avant de sortir le soir

enlacés au hasard

dans la ville printanière

 

orage d'été

 

nous aurons aimé tous nos étés

même les orageux

même les dangereux

nous aurons aimé tous nos étés

l'odeur des orages

et des filles après la pluie

nous aurons aimé tous nos étés

même les oubliés

mardi 2 avril 2024

WOMEN (III)

" J'ai toujours été protégé par des femmes, des fausses femmes, j'ai leurs mains sur moi, je peux dormir tranquille. Elles sont plus vivantes depuis ma première mort, ce qui illumine ma Deuxième Vie."

                                               La Deuxième Vie (Philippe Sollers)

lundi 1 avril 2024

LGS (II)

"Encore mort, déjà vivant".

                     Saint-Just

dimanche 31 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XXV)

 Au coeur de l'aliénation, il faut qu'il arrive à parler.

Il entre dans un magasin, avance péniblement car tous les regards sont posés sur lui, les belles vendeuses bien sûr mais aussi les écrans de télévisions constamment branchés sur les chaines à clip. Il est un peu endolori, s'approche un peu plus près et le tee-shirt Nike collé sur la poitrine de la jeune fille finit de l'intimider. Il voudrait partir mais une force d'attraction le cloue au parquet ciré du magasin. Il ne peut faire autrement que de demander une chemise, un pantalon. Il les essaie dans une petite cabine, il y fait très chaud. Il se voit, ne s'aime pas, puis un peu, cette variation de sentiments dans la même seconde.

Il décide dans un accès de bonheur de prendre les deux pièces. Le sourire de la vendeuse le satisfait oh si seulement elle voulait prendre un verre avec lui. Il attend l'autorisation bancaire de sa carte Visa, ses doigts pianotent sur le comptoir en bois, il se retourne constamment, regarde les images sur les écrans, essaye de surprendre un regard quand la petite musique émise par la machine signale le départ imminent du magasin. Il regarde plus profondément la vendeuse, essaye de décrocher un regard personnel, une attention particulière, mais non; elle sourit tout de même et il s'en va content, hésitant à tourner à gauche ou à droite.

Ce sera à gauche. Il longe les vitrines plus ou moins honteux d'avoir succombé à la mode, les escaliers roulants se présentent et il se retrouve au niveau supérieur, celui de la restauration.

Là il ne sait que choisir n'ayant ni faim ni soif. Il tourne en rond en passant plusieurs fois devant les mêmes buffets. Ayant peur de se faire remarquer, il choisit une boisson et s'assied sur une esplanade au milieu d'autres comme lui.

Rien n'est cherché, rien n'est trouvé. C'est de cet endroit qu'il écrit, au coeur de l'aliénation, il faut qu'il le dise.

vendredi 29 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XXIV)

Petite beauté maintenant rentrée tout là-haut

quand moi ici-vas, le coeur retourné

la vie sens dessus-dessous

il me faut repartir de zéro

mais d'abord mettre à plat

les journées et nos soirs.

Oublier ma lâcheté (stupide peur d'être vu)

le baiser empêché

ET GARDER TOUT LE RESTE

Ta fraicheur, ton odeur

tes cheveux mouillés, ton parfum sucré

ton regard fin de journée

et tes yeux fatigués

même tes onomatopées

tes HI HI HI

     OK OK

    TU PENSES

qui résonnent et qui sonnent à huit heures

                                               à midi, à minuit

et mes mots: ma chérie

                      mon amour

et tes gestes dans l'amour et ton souffle

et tes pas et tes pieds

de randonneuse

et ta façon de te donner

ta peau de lait

et tes mollets

qui battaient à mesure

que le plaisir venait.

jeudi 28 mars 2024

PAS MIEUX (13)

"Entre cent chemins, tu cherches celui qui mène à l'océan".

                   Marc Pautrel, carnets

mercredi 27 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XXIII)

J'ai l'impression que le poème méchant

est plus juste 

que le gentil

MAIS ce qu'il faut retenir c'est que pour être juste

je me dois aussi d'écrire des choses

belles sur elle

et sincères.

SES PUTAINS MEURTRIERES (XXII)

                                                         Poème plus gentil

C'est une femme

libre

et ça c'est dur

de se l'avouer

elle est tout le temps en retard

pour tout très occupée

parce qu'en fait elle a de l'avance sur les autres

et sur moi-même?

c'est compliqué

ce qui fait la différence

et elle le sait

c'est justement qu'elle sait.

SES PUTAINS MEUTRIERES (XXI)

                                                 Poème méchant

Elle a tout fait

dans la vie

tout fait à fond

les voyages

12 heures sans s'arrêter

La fête à Tel-Aviv

la nuit à danser

même sur un tabouret

les garçons

si un me plaît, j'y vais

et les études

je veux 20 sur 20

la tête collée sur le cahier

à 8 heures, à midi à minuit

je fais tout à fond 

c'est ma devise

mes poèmes à fond abstraits

(ça vient des cavernes ou alors de la lune)

mes dessins à fond concrets

(j'ai un fils je dessine pour lui qui a 3 ans)

j'étudie mon couple

au fond je sais bien que les choses passent


Je médite pleinement cette phrase: ce qui doit être aboli continue et notre usure continue avec. On nous abîme on nous sépare.

les années passent et nous n'avons rien changé.


Mais je suis raisonnable à fond

C'est terrible au fond

mardi 26 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XX)

10 ans à peu de choses près

sans pouvoir à chaque fois se supporter plus de

10 minutes

jamais de vraies conversations

toujours des à peu près


pas une seule chanson 

écoutée côte à côte

mais le temps

écoulé

pour nous séparer

dimanche 24 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XIX)

Je me sens comme une feuille baladée par le vent

mais si la feuille est libre, si le vent qui la pousse la rend libre

moi, je me sens prisonnier

mon maître métier n'a ni queue ni tête

je porte plusieurs casquettes

je regarde autour de moi et toute mon impuissance

m'enveloppe

réagir! mais comment?

la feuille est libre, c'est sa nature, elle tombe et voyage

je regarde autour de moi, il n'y a rien, rien de contraignant

non plus

j'ai une fonction de professeur; non je suis professeur

c'est mon identité, ma nature

c'est devenu ma nature

on n'échappe pas à soi


samedi 23 mars 2024

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXIII)

Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront...

 Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'agrippent
Au-delà, c'est le vide

 

vendredi 22 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XVIII)

Il marche vers

sachant qu'il va commettre

ce que des dizaines de fois

il s'était juré d'arrêter


Quand c'est comme ça

la déambulation est tout à

la fois

la lutte contre et la préparation à


Il marche donc

devant lui de l'ocre et du vert

belle chevelure tombante

sur une toute petite pièce de tissu

 

c'est l'été!

 

Il pense à la peinture

mais hélas, rien de précis

il sait pourtant que c'est comme ça

qu'il peut s'en sortir

 

mais aujourd'hui il va vers...


dimanche 17 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XVII)

                                                   FAUX PAS

J'entends le pas de la pute

faut pas! dit une voix

j'imagine les bas de la pute

mon coeur bat

pas de pute, pas de pute dit une voix

je vois l'appât qu'est la pute

j'y vais c'est la dernière fois...

vendredi 15 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XVI)

Des dizaines de filles croisées

la figure à peine regardée

c'est le cul qui attire d'emblée

j'en suis une, je fonce

droit devant

le fondement

est le fond de mon problème

mardi 12 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XV)

                         Société je m'en vais

Toujours en quatre

                en cartes

                épinglé, cinglé

                démentir-affirmer

                souffrir-se taire

                avaler la peur

                 pleurer-répondre

                 tac au tac -loto

                 boulot-dodo

                  se doter d'un capital

                  culture-kultur!

                   CUT

                   quitter (sniff sniff)

                    centrer (but ah ah!)

                    aligner (tatatatatata)

                    ajuster (pan)

                    POLICE-DEPLACER-EFFACER-COUPER-FICHIERS-ENREGISTRER-QUITTER (OUF)

                     Dégager, glisser.

dimanche 10 mars 2024

LIRE C'EST VIVRE


                    Avec mon meilleur souvenir, Françoise Sagan

samedi 9 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XIV)

Elle a vécu l'enfer

maintenant c'est le paradis

elle veut l'écrire

mais que de bondieuseries!

mercredi 6 mars 2024

LGS (LE GRAND SOLLERS)

"On ne publie jamais le dernier livre d'un écrivain disparu, mais seulement le premier de ses livres posthumes, et aussi le premier de tous ses livres à relire".

                   Marc Pautrel (carnets, en date du 03/03/24)

SES PUTAINS MEURTRIERES (XIII)

Réveil douche petit déjeuner escalier bus

transport

lente et douce immersion dans le monde du travail

visages ternes

regards empêchés

dos du monsieur cartable du gamin qui accroche

là une place: assoupissement.

Buée sur la vitre

glace-miroir-regard

main essuie-glace

apparition de formes

flottantes je frotte mes yeux

où suis-je?

Vraiment?

Transporté je connais la destination

éternel chemin

trajet tragique

lundi 4 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XII)

Je laisse tout trainer (habits, courrier...)

Ce sont des bouées (des cailloux si vous voulez...)

Quand je me reprends

J'ouvre les yeux et j'ai du travail

J'essaie de rattraper le temps

Perdu

Les lettres je les ouvre

Les habits je les ramasse

Objets isolés sur lesquels je m'appuie

Pour reprendre vie

Entre temps qu'ai-je fait?

dimanche 3 mars 2024

MAINTENANT (III)

"L'art de vivre ressemble plutôt à une lutte qu'à la danse en ce qu'il faut toujours se tenir en garde et d'aplomb contre les coups qui fondent sur vous à l'improviste."

                                                                        Marc Aurèle, Pensées, livre VII

samedi 2 mars 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (XI)

Poète qui fait rimer

les mots

à tout bout de champ

comme si la vie

rimait

naturellement

et toi! poète!

ta vie à quoi rime-t-elle?

jeudi 29 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (X)

Pas réussi à se démarquer

ça marque à la longue

toujours dans les pas de quelqu'un

dans l'ombre

aucune trace visible

apparemment

mais l'HOMBRE sombre!

mardi 27 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (IX)

Pas la vie de Van GOGH

mais

toutes ses étendues d'or

 

Pas la vie de Monk

mais

chaque note répétée à satiété

 

Pas les bières de Bukowski

mais

tous ses poèmes

 

Pas le cigare d'Hemingway

mais

tous ses dialogues

 

En finir avec toute la bouillie biographique

les arguments psycholo-gisants

vivre

merde.

dimanche 25 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VIII)

                                                            Danse


Journée difficile. Subie. Passive.

Des paroles écoutées, échangées, des opinions

Sur l'éducation

Fatigue.

"Reprendre possession de son corps"

Ai-je retenu d'une conférence d'un psychanalyste sur la

Danse

Après une journée en société, dans 

L'intimité

C'est le geste

Vital

Reprendre possession de ses mots,

Geste mental

Aussi primordial.

vendredi 23 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VII)

Saturation du JE

répétition

je dis je mais je ne sais pas pourquoi

le jeu du jeu, transmis de

génération en génération

j'ai entendu mon grand-père dire je

mon père n'a jamais dit autre chose

et mon frère qui en est repu

et pourtant rien n'est si faux

je, mérite un autre sort

je sors de la famille

pour arriver à dire JE

mercredi 21 février 2024

WOMEN (II)

-Tu es bien nerveux, Delafeuille.

-Non mais vraiment, puisqu'on parle des femmes. Je veux dire, personne ne nous entend. Tu en penses quoi?

-Je pense quoi de quoi?

-Des femmes? En tant que libraire?

-En tant qu'homme.

-Qui te dit que j'en pense quoi que ce soit?

-Allons, allons. Nous avons tous des théories, surtout quand nous sommes bourrés.

Raoul vida son verre.

-Nous ne pouvons plus rien penser des femmes, dit-il, et tu le sais très bien. Sinon tu ne poserais pas la question.

                       Le livre de la rentrée, Luc Chomarat

mardi 20 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (VI)

Prendre tout le temps des notes

Avec pour ce mot son sens musical

Prendre des notes c'est prendre son pouls

C'est connaître son rythme

lundi 19 février 2024

MAINTENANT (II)

"La laideur vient de la frustration."

"Celui qui sait bien dormir gagne du temps."

"Ne pas se laisser happer par le marasme idéologique."

"La douleur est sérieuse mais le désespoir ridicule."

"Partout la suspicion, l’idée de la sécurité avant tout, ne pas perdre la face, se garder de toute faiblesse ludique !"

                            L. Dax, revue Ironie (Janvier, février, Mars 2024)

dimanche 18 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (V)

J'ai devant moi, mais il m'échappe, celui que je rêve d'être.

Informulée, ruminée, la description qui m'idéalise, m'irréalise. Je fuis comme la peste le principe de réalité, mais rien n'empêche les fantasmes de déferler, de te leurrer.

Ne pas pleurer.

MAINTENANT (I)

Dans le dernier numéro de la revue Ironie (Janvier/Février/Mars 2024), de Lionel Dax


"S'assagir, c'est entrer dans le jeu de la mort." L.R.D.F


"Sur la route, Vivaldi, Scarlatti, Pergolèse, tout droit, vers le sud, allegro, largo, allegro, les hirondelles s'activent en ronde devant le pare-brise, miroir de leur agilité."

"Sollers remontant d'un pas prompt le boulevard de Port-Royal."


 

vendredi 16 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (IV)

Des phrases à longueur de journée

Ou alors des silences sans fin

Mais pas un mot valable

Pas une pensée vraie

Triste bilan de la journée

Et ceci toujours recommencé

mercredi 14 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (III)

J'aimais une fille

mais comme je ne savais pas

parler

j'utlisais ce que je connaissais

TAC TAC TAC

ou encore

1 2 3 4

je déclenchais son rire 

mais rien n'y faisait

toujours s'illusionner

lundi 12 février 2024

SES PUTAINS MEURTRIERES (II)

Pâleur d'un visage

dans le jour froid qui se lève

c'est

pour moi le halo

qui

réchauffe mes ténèbres

samedi 10 février 2024

SES PUTAINS MEURTIERES (I)

Souvent il se promenait durant d'interminables heures, ne voulant pas rentrer à la maison pour retrouver un inconfort qu'il détestait mais qu'il n'avait pas la force de changer. Il marchait et des flots de pensées le submergeaient. Il savait pourtant que l'unique solution pour ne pas couler était de s'arrêter, de se poser et de mettre à plat tout ce qui lui venait à l'esprit.

Pour passer de personnage de mauvais roman à possible narrateur du récit qu'il oserait enfin appeler vie, sa vie à reconstruire à la force du poignet.

Finies les envolées

Les voeux voilés

Les voix volées

S'ouvrir

Finies les vaines allées

Les veines coupées

La vie corvée

Le corps

Levé de la 

Victoire

dimanche 4 février 2024

ASSEMBLAGE

Quel drôle d'assemblage dit-elle.

Un grand bourgeois et un prolétaire quoi de commun?

Pas si sûr, écoute, ce sont les dernières lignes du roman-poème de Ponthus: 

Il y a qu'il n'y aura jamais

De 

Point final

A la ligne

 

Oh! Sans ponctuation! Comme dans Paradis!

D'un livre l'autre, j'entame maintenant la biographie de Louvrier sur ce mystérieux Sollers. N'est-ce pas Mozart qui disait que la musique est dans le silence entre les notes?

 


samedi 3 février 2024

L'INFINI

"Il y a qu'il n'y aura jamais

De 

Point final

A la ligne"

                              Joseph Ponthus, A la ligne

vendredi 26 janvier 2024

BOUCHERIE, POISSONNERIE, POESIE

"J'avais même dû réussir à faire rimer

Abattoir et foutoir

Crevette et esperluette

Usine et Mélusine"  

                                    Joseph Ponthus, A la ligne -Feuillets d'usine

mercredi 17 janvier 2024

MERVEILLE (XXIV)


 

PAS MIEUX (11)

Publié sur le site nosconsolations.

Sans la littérature, on ne saurait ce que pense un homme quand il est seul.

                                                                Georges Perros, Papiers collés, Gallimard

samedi 13 janvier 2024

SOLLERS, le héros (VIII)

Question: On peut vivre sans son corps?

Sollers: Oui, c'est même ce qui est promis à l'humanité. Par la déréalisation technique du corps. Vous prendrez de plus en plus l'habitude de voir des massacres à l'heure du dîner... Après quoi, le sport.

Extrait d'un entretien dans la revue "La porte, 1993)


 

 

mercredi 3 janvier 2024

FACE A LA MORT

 "Le dandysme consiste à se placer du point de vue de la première femme de ménage qui découvrira le cadavre"

Frédéric Berthet (extrait d'un manuscrit retrouvé dans son appartement deux jours après sa mort le 25 décembre 2003; sa femme de ménage avait trouvé porte close le 25 décembre en venant faire le ménage).


"Le rock m'a sauvé la vie mais me l'a aussi raccourcie".

Daniel Darc

mercredi 27 décembre 2023

SOLLERS, le héros (V)

"Vous le lisez et il est aussitôt présent, il marche avec vous, au milieu du désert comme au fond de la vallée verte, sur la plage comme le long des façades classiques de Bordeaux ou Venise."

Marc Pautrel dans Hommage à Philippe Sollers 

 


 

dimanche 24 décembre 2023

NO TEXT(E) LAST NIGHT

 Il pense, si on peut dire, vu l'état dans lequel il est, fatigue générale,  au delà de tout épuisement.

 S'il continue à travailler ainsi, alors il ne fera jamais rien.

Il se couche, il s'endort, ni chair, ni livre...tristesse...

A ce rythme il n'aura pas lu tous les livres, hélas!

dimanche 17 décembre 2023

SOLLERS, le héros (IV)

 

"J'aime croire, comme le dit Heidegger, que le temps ne passe pas, mais qu'il surgit. Pourtant...C'était il y a plus de cinquante ans, à cette époque, je marchais souvent dans Paris en me récitant des phrases d'Artaud: "La vie est de brûler des questions." Ou encore: "Une grande ferveur pensante et surpeuplée portait mon moi comme un abîme plein." Et voici que je découvre "La pensée émet des signes", un très beau texte de Sollers qu'il consacre à Artaud dans L'écriture et l'expérience des limites. J'admire aussitôt sa puissance d'analyse, sa subtilité et son émotion contenue pour le poète martyr."

                      Lucille Laveggi dans Hommage à Philippe Sollers

samedi 16 décembre 2023

LA DANSE, L'AMOUR, LA FEMME, LA MORT

                                                                                            Frédéric Schiffter

 



 

 

CROONER, TROUBADOUR, POETE (XXI)

Encore une fois le coeur déchiré (déchiré)

Je suis un clown démaquillé

Le grand rideau vient de se baisser sur l'été.

jeudi 14 décembre 2023

PAS MIEUX (10)

 

                                                                                                      Guy Konopnicky

dimanche 10 décembre 2023

mercredi 6 décembre 2023

PUR/IMPUR

 "Le nom de Céline appartient à la littérature, c'est-à-dire à l'histoire de la liberté. Parvenir à l'en expulser afin de le confondre tout entier avec l'histoire de l'antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par là, est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut nier que l'Histoire était cette somme d'erreurs considérables qui s'appelle la vie, et se berce de l'illusion que l'on peut supprimer l'erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n'est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu'au souvenir même de la liberté."

Philippe Muray, Céline. En exergue du n°15 de la revue Les cahiers de Tinbad.


 

dimanche 3 décembre 2023

SOLLERS, le héros (II)

 

"L'oeuvre de Sollers est l'antidote de la phrase de Lautréamont dans Poésies: "La méchanceté et la tristesse sont déjà le commencement du doute, le doute est le commencement du désespoir, le désespoir est le commencement cruel des divers degrés de la méchanceté"

                                                 Extrait de Sollers à l'étoile (J.H Larché)

mardi 28 novembre 2023

SOLLERS, le héros

 "Le 28 novembre 1969, Picasso peint un emboîtage homme-femme de toute beauté. L'homme a un chapeau jaune soleil, la femme mangeuse ou mangée, apporte avec elle une floraison flottante de feuillage. Des mains éclatent ici et là. Il y a deux figures antagonistes et séparées, mais une seule en rotation. Quatre yeux et un seul regard. Le reste de la toile se distribue en noir-terre, blanc-ciel, bleu-mer. Cette année-là, ce jour-là, comment pourrais-je ne pas y penser, je fête mon anniversaire: trente-trois ans. L'année précédente, comme par hasard, il y a eu un grand printemps."

                                Philippe Sollers (PICASSO, le héros)


                                                             Baiser, 28.11.1969 (Picasso)

                             

samedi 25 novembre 2023

PAS MIEUX (9)

" Le cortège des jaloux, des abrutis, des pleureurs, des violents, et autres fous furieux, qui semblent infatigables". 

                                                        Marc Pautrel (carnets, nov.2023)

lundi 20 novembre 2023

PAS MIEUX (7)

"Pourquoi j'écris parce que je ne 

connais pas mon bonheur."

                                                       Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

dimanche 19 novembre 2023

L'HOMME DE LA PEINE (17)

L'étoile mystérieuse.

C'est le soir il se promène dans sa rue au bras de sa fille qui tout à coup crie papy! en montant du doigt. Il ne voit pas puis croit reconnaître la silhouette du grand-père maternel mais elle lui indique du doigt le ciel et une étoile qui brille. C'est papy dit-elle. Pourquoi donc lui demande-t-il? Parce qu'il avait toujours plein de choses, des bagues qui brillaient. Est-ce qu'il brillait dans la vie?

Cette étoile qui brille à l'est c'est Sirius. Il pense à cet album de Hergé, "l'étoile" mystérieuse" publié en 1941 année de naissance de son grand-père, il ne l'a pas relu depuis son enfance. 

samedi 18 novembre 2023

A COTE DE SES POMPES

C'est quand les Soldes?

En janvier comme d'habitude, pourquoi?

Je voudrais m'acheter des chaussures mais elles sont chères, je vais attendre les soldes.

Oh quelle vie!

Pourquoi?




jeudi 16 novembre 2023

PAS MIEUX (6)

"On se rend un jour heureux

le lendemain malheureux

pour à peu près

les mêmes raisons".

                                      Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

lundi 13 novembre 2023

PAS MIEUX (5)

 "Pourquoi ajouter

à la douleur d'écrire

celle 

de ne pas écrire"

            Jean-Pierre Georges (Je m'ennuie sur terre)

samedi 11 novembre 2023

VARIATION

Ce que l’on conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément. 

                                                  Boileau 


De nos jours: Des phrases toutes faites pour des têtes mal faites...

dimanche 29 octobre 2023

A L'ENCRE SYMPATHIQUE

Je le croise dans une soirée, il est très sympa; il fait des blagues. Il apprend que j'ai une bibliothèque assez volumineuse et ça ne loupe pas, je dois, pour être dans le vent, passer à la liseuse. Mais pourquoi s'encombrer de livres à notre époque qui dématérialise à tout va?

Je  l'observe, tatouages partout sur les bras et avant-bras; des mots, des phrases qui doivent compter pour lui. De l'encre à même le corps pour cet homme très sympathique. Encre mélangée au sang; par contre non vraiment des livres en 3 dimensions ça ne se fait vraiment plus!


samedi 21 octobre 2023

LE RAFFINEMENT A VISAGE HUMAIN

«Il aimait la littérature, il aimait la poésie, il aimait la philosophie, il aimait le cinéma, il aimait Proust, Claude Simon, Céline et Pierre Michon, il aimait le gothique, les cathédrales, les glaciers préférés du Routard, il aimait la Provence, ses couleurs, ses senteurs, il aimait les étangs, les rivières et les fleurs, les forêts, il aimait la lumière rasante du soir.

 Il n'aimait pas la foule, ni les honneurs, les cérémonies qu'il avait en horreur, il n'aimait pas le bruit et la fureur du monde, il aimait profondément ses filles, sa mère et sa sœur. Nous nous aimions».

                    La femme du Professeur Dominique Bernard tué par un barbare.

dimanche 15 octobre 2023

L'ETE FINIT SOUS LES ERABLES

Ada n'ira pas à Toulouse, mais moi oui,  j'y travaille depuis peu; très fortes chaleurs ici, en octobre. Un temps de décennie terrible; alors j'emprunte la passerelle Kleber Haedens qui mène au jardin japonais où je finis Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne à l'ombre d'un érable.




 

dimanche 8 octobre 2023

OH RAGE!

Il pense que ses excuses sont en fait des prétextes.

C'est-à dire?

Il se raconte des histoires, des petits récits qui lui permettent de garder la face.

Un petit garçon bien sage en fait.

Que devrait-il faire?

Ecrire, passer au Texte. 

Il écoute une émission qui date de plus de 50 ans sur un grand auteur, intitulée comme par hasard la Rage d'écrire.

Voilà, la rage de l'expression, la rage d'écrire dans le plus grand calme (apparent loin de tout orage).

Je ne suis pas une image

Jamais je ne serai sage.

 

dimanche 1 octobre 2023

PAS MIEUX (IV)

 1er octobre 2023

Naturellement, le rire est le meilleur moteur.

*

J'avance à travers la montagne, à travers des murs de pierre, et rien ne peut m'arrêter.

*

Le paradis est parfois à Bordeaux, à Venise, à Paris, le paradis est chaque fois ici. 

 

Carnets de Marc Pautrel

samedi 23 septembre 2023

L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES

 Extrait de "Vous direz que je suis tombé, vies et morts de Jack-Alain Léger" de Jean Azarel (Séguier)

 



mercredi 20 septembre 2023

ROLAND JACCARD N'EST PAS MORT

 

John Wayne n’est pas mort, Roland Jaccard (par Philippe Chauché)

 

Ecrit par Philippe Chauché 11.09.19 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits

John Wayne n’est pas mort, Pierre-Guillaume de Roux, septembre 2019, 150 pages, 15 €

Ecrivain(s): Roland Jaccard

John Wayne n’est pas mort, Roland Jaccard (par Philippe Chauché)

 

« S’il est vrai que John Wayne a tourné dans quatre-vingt-trois westerns, c’est bien l’homme à abattre. D’autant que, comme l’affirment certains béotiens, quand on en a vu un, on les a tous vus. Face à ce genre d’abrutis, la Winchester 54 peut être du plus grand secours ».

John Wayne n’est pas mort et Roland Jaccard est toujours de ce monde. Plus vivant que jamais, d’une rare agilité, n’ayant peur de rien, n’en déplaise à ceux qui prendraient un rare plaisir à aller cracher sur sa tombe. Roland Jaccard est un cinéphile à l’ancienne, on l’imagine mal lisant chaque mois Les Cahiers du Cinéma, préférant peut-être Positif. L’ami de Cioran, le lecteur d’Amiel, l’oisif, l’exilé intérieur, l’amateur de palaces et de jeunes femmes, s’arme ici d’une plume aiguisée comme une flèche Comanche pour défendre John Wayne. L’acteur et réalisateur de Alamo et des Bérets Verts est accusé de mille maux par mille mots, et Roland Jaccard règle leur compte à quelques fâcheux peu instruits de ce que ce genre a apporté à l’histoire du cinématographe américain. Roland Jaccard n’est pas seul, il avance accompagné, c’est toujours conseillé en territoire hostile : le pétillant cinéaste Luc Moullet (1), le savoureux écrivain Luc Chomarat (2), quelques amies, Clément Rosset, s’échauffant après quelques verres de saké, et Louise Brooks :

En fait, John Wayne correspondait à la définition que Henry James a donnée de la plus grande des œuvres d’art : un être parfaitement beau.

« Tous ceux, pourtant, qui ont connu John Wayne, même les plus opposés à ses idées politiques, ont été forcés d’admettre qu’il n’était pas le sectaire décrit par la presse. Ils étaient au contraire surpris par sa bonne humeur, son éloquence, son talent de joueur d’échecs et sa profonde connaissance de l’art, de l’histoire et de la littérature ».

John Wayne est l’homme à abattre, trop à droite, réactionnaire, trop viril, trop américain finalement, trop proche de l’US Army, raciste disent-ils, les insultes fusent, et très vite s’effondrent, confrontées aux faits. John Wayne est au bout du compte trop bon comédien et Roland Jaccard plus que jamais pétillant et piquant. Dès qu’il apparaît dans un western, c’est un mythe qui se met à galoper, à tirer au Colt 45 ou la Winchester 54, à embrasser du regard un désert, des montagnes, des rivières sauvages, à croiser le regard d’indiens et de bandits pilleurs de banques et embrasser celui de Maureen O’Hara.

John Wayne incarne l’Amérique, les Amériques des Chevauchées fantastiques, du désert et de sa Prisonnière, l’or du cinéma d’Hollywood, façonné par son ami John Ford, le « big boss », et Roland Jaccard lui rend là un bel hommage à poings fermés, hommage au Dernier des géants.

« Il a soixante-dix ans. Il rédige son testament, dans lequel il demande qu’on inscrive sur sa tombe ces simples mots : « Feo, fuerte y formal », ce qui signifie : « Pas beau, mais fort et digne ».

 

Philippe Chauché

 

(1) Brigitte et Brigitte Anatomie d’un rapport Genèse d’un repas Les Naufragés de la D17.

(2) Les dix meilleurs films de tous les temps (Matest Editeur). On lui doit également L’Espion qui venait du livre (Rivages Noir) ou encore Le Polar de l’été (La Manufacture de livres).