dimanche 28 mai 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (X)

Sorrow

 Sorrow, in the morning

 Sorrow

 Sorrow, late at night

 Like a ship without a sailor

 

lundi 22 mai 2023

NE TRAVAILLEZ JAMAIS (3)

 "Il faut aller à l'essentiel. Ne rien foutre et, de temps en temps, travailler très vite. Mais ne rien foutre, ce n'est pas perdre son temps, attention. Il faut bien sûr en avoir les moyens. Moi, je fous rien, je reste des heures à regarder un objet...Mais c'est bien, c'est le temps qui passe...Et dans le silence, surtout pas de disque."

     Serge Gainsbourg, entretien dans "l'invité du jeudi", en avril 1979


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 19 mai 2023

LE JOUR DEVANT SOI

"J'aime ce dont je parle. Par exemple, en ce moment, j'étudie Balzac avec mes élèves. Quel autre métier permet de parler de cet auteur dès 8H du matin?"

                 Patrice Jean, entretien dans zone-critique.com

          

jeudi 18 mai 2023

PROGRAMME

A partir de maintenant suivre ce programme de lecture: un classique puis un moderne puis un classique, etc...

Sachant qu'un classique peut être moderne (l'est forcément) et qu'un moderne (20 ème, 21 ème siècle) peut être classique.

vendredi 12 mai 2023

"OXYMORE" (VI)

 BOUL-AIR

ça a débuté comme ça: boul(e) dans la lourdeur donc puis ça s'est allégé (air).

mercredi 10 mai 2023

SOLLERS SI!

Comme le dit de façon émouvante Pascal Louvrier, écrivain essayiste, dans son hommage à Sollers : "Sollers est mort. Je n’arrive même pas à croire ce que j’écris".

J’avais décidé, durant cette semaine coincée entre Pâques et l’Ascension, de prendre le large, alors cap à l’ouest. Début mai je me retrouvais sur les terres de l’écrivain J.P Manchette que je relisais, à Saint-Georges de Didonne où se situe un de ses romans. Puis je visitais les jours suivants l’île d’Oléron à vélo traversant marais salants, cheminant dans les sous-bois, m’arrêtant sur les grandes plages sableuses. Le soleil était là, peu de monde. Le soir huîtres et vin blanc, c’était parfait. Je lisais toujours Manchette, le roman Fatale qui se clôt par cette phrase puisée chez Molière : "Femmes voluptueuses et philosophes c’est à vous que je m’adresse" (et je pensais alors à l’auteur de Femmes qui n’aurait pas désavoué une telle phrase).
Je devais me rendre ensuite pour la première fois sur l’île de Ré, vendredi 05 mai avec le désir de me promener du côté d’Ars-en-Ré, mais j’hésitais ne voulant pas passer pour un voyeur lourdingue. Finalement des impératifs m’obligèrent à écourter mon séjour et le 06 mai pileface m’apprenait la mort de Sollers.

Que dire ?

De très beaux hommages ont été rendus, celui de P. Louvrier donc, mais aussi bien entendu ceux des deux formidables rédacteurs du site qui m’accueille de temps à autre (Viktor Kirtov et Albert Gauvin). Il y a aussi l’écrivain Jérôme Leroy qui cite à merveille des extraits de Sollers.
Il y a eu d’autres hommages plus conventionnels-officiels et je passe sur les quelques propos imbéciles qui sont allés de suite aux cabinets.
Je n’étais pas un proche de Sollers, je l’avais croisé une fois il y a quelques années lors d’une conférence donnée dans un hôpital parisien, consacrée à Picasso et Manet. Josyane Savigneau avait introduit la conférence, elle qui dit si bien que Sollers devrait être remboursé par la sécurité sociale. Jean-Jacques Schuhl et Ingrid Caven étaient présents.

Ces derniers temps, je guettais une nouvelle sur une prochaine sortie de roman, même si à la lecture de Graal on pouvait comprendre que ce serait le dernier. J’avais été stupéfait par cette phrase bataillienne : "Je vis pleinement ma mort".

Je lis Sollers depuis le début des années 90 et chaque livre constitue pour moi un événement. Je me concentre, j’écoute au plus près ses mots, sa voix qui ont la faculté de me rendre plus vivant. Puissance de la parole... Ce n’est pas rien !

Lorsqu’il écrivait dans le journal Le Monde, je me précipitais dans un kiosque et c’était pour les jours suivants un regain d’énergie. Je me souviens de l’époque où je me rendais chez un ami qui avait tapissé ses murs d’aphorismes de Cioran tirés de La tentation d’exister ou de l’inconvénient d’être né. Moi j’apportais la revue l’infini, les articles de journaux. Plus contradictoire tu meurs ! Grande époque !

Je me suis très vite abonné à cette revue et j’ai découvert des auteurs que je lis encore (S. Zagdanski, M.E Nabe, Y. Haenel, F. Meyronnis, C. Guilbert, M. Pautrel, et concernant ce dernier, je lis chaque jour les petites grandes phrases de son carnet qui me font penser à Sollers).

Il faut donc mourir, c’est fatal, mais dans L’Ecole du Mystère voici :

"La mort est là c’est sûr, on se trimballe avec son cadavre, on est l’ombre de soi-même, par beau temps comme par mauvais temps. La foi, contrairement à ce qu’on croit ou qu’on lui fait dire, considère la vie comme une expérience. Tout dépend des situations, mais l’étoile est là".


 

 

lundi 8 mai 2023

"OXYMORE" (V)

 Sollers est mort

"OXYMORE" (IV)

 " L'oisiveté n'avait jamais autant ressemblé à un sport de combat."

                                               Mes vies parallèles, Julien Leschiera

L'HOMME DE LA PEINE 15 (Ou un roi sans divertissement)

Il aura passé sa vie à s'ennuyer cet ancien sous-officier de gendarmerie. Aucun intérêt, aucune  passion pour divertir cet homme solitaire. Un roi à la maison qui faisait régner une petite terreur. Rien n'aura dynamisé son existence si ce n'est sa rupture la soixantaine venue, qui si l'on veut, aura agit comme un bâton de dynamite. Mais pas fou, il s'éteint doucement dans son lit.

samedi 6 mai 2023

SOLLERS

 

Île de Ré, pendant le tournage du film d'André S. Labarthe. "Il pense à un livre qui ne s'arrêterait pas plus que la mer..." (Drame).
 

BLEU... BLUES ( M ET MOI- 4)

MOI: Je ne sais pas toi, mais le front de mer me donne souvent le blues.

M: Tu dis ça parce que ça te rappelle P.

MOI: Je ne sais pas si on peut avoir le blues à la montagne?

M: Pourquoi pas? Mais pourquoi le blues? La montagne m'ouvre, me fait respirer.

MOI: Oui chacun son expérience.

M: Tu fais quoi là, tu prends en photo la plage de Didonne?

MOI: Oui la mer, le ciel bleu.

M: Tu vas comme d'habitude mal cadrer.

MOI: J'espère bien!

M: Tu serais capable de prendre en photo le périphérique en rentrant de vacances!

                         Un peu de bleu à Saint-Georges de Didonne


                               La plage de Saint-Georges de Didonne (Royan), le 1er mai.


vendredi 5 mai 2023

L'HOMME DE LA PEINE (14)

Il n'a jamais rien voulu savoir, jamais il n'a dévié de sa résolution à ne pas prendre de décision. Il n'a plus la main sur rien. Presque paralysé il passe la plus grande partie de ses journées allongé. Sa coupe il la boit jusqu'au lit.

samedi 29 avril 2023

NE TRAVAILLEZ JAMAIS (2)

Tirez le fil et la pelote viendra! 

Sur 500 pages Charles déroule sa vie où l'arnaque du boulot ne prend pas.

NE TRAVAILLEZ JAMAIS comme a dit quelqu'un.


 

dimanche 23 avril 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (VI)

Cent et seize
Chez Marie Louise
J'ai pas d'argent
Je ne suis pas un amant
Night and day
Day and night
My heart is hooked on her
My heart is hooked on her

Elle adore le noir
Pour sortir le soir
Elle adore le noir
Pour sortir le soir

Fille sans mère
Fille sans père 
 

mercredi 12 avril 2023

L'HOMME DE LA PEINE (et l'état de l'hôpital)13

Trois jours à l'hôpital puis l'ancien militaire est rapatrié chez lui, faute de place; il rentre avec des escarres non soignées et un taux de sodium dangereusement bas; cela ne manque pas de sel se dit-il...mais il n' y a pas de quoi rire. Strictement rien n'a été vérifié avant la sortie.

Il médite sur cette escarre au talon si douloureuse et qui s'est formée faute de soins, en trois jours; et il se souvient que son père lui racontait très souvent qu'alors jeune militaire, il avait énormément souffert dans son métier car humilié par son supérieur hiérarchique qui se nommait Escarrabajal...

lundi 10 avril 2023

COUPLE (IV)

               Mes vies parallèles, Julien Leschiera (Le Dilettante)

samedi 8 avril 2023

LOST IN RELIGION

Sur la longueur des tenues des femmes dans les piscines municipales.

Les religieux c'est comme les enfants, vous leur donnez ça, ils veulent ça.

D'ailleurs Freud n'a-t-il pas dit que la religion est la névrose infantile de l'humanité?

mercredi 5 avril 2023

APRES LA TEMPÊTE

 Le 08 mars est passé, avec son flot de...Je ne sais pas quoi.

Ce vieux dégueulasse de Charles Bukowski a eu l'élégance de partir le lendemain du 08. Dégueulasse mais surtout subtil, raffiné, classique, génial.

                         Photo trouvée sur la page Facebook de l'écrivain Frédéric Houdaer
 

mardi 4 avril 2023

COUPLE (III)

"Regardez l'homme du contre-désir: il est très agité, son seul pôle est l'emploi qu'il occupe. Il veut monter de plus en plus haut dans l'ascenseur social, sa tête est pleine de chiffres, c'est un manager for ever. La femme de contre-désir est pareille, meilleure encore en termes de marketing. Si ces deux-là s'accouplent, d'une manière ou d'une autre, c'est juste pour vérifier la répulsion que son partenaire lui inspire. Elle l'ennuie, il la choque. Ils se parlent le moins possible, et toujours d'argent".

                                     Philippe Sollers, Désir (Gallimard)

lundi 3 avril 2023

L'HOMME DE LA PEINE (the warrior)12

Il semble être au bout du bout et puis non il est encore là; ne se souvient même pas d'avoir traversé des jours et des nuits horribles. Il ne remarchera plus, ne s'en soucie pas. A cet instant de sa (vie) il est serein comme il ne l'a jamais été.

dimanche 2 avril 2023

QUINTET POUR VENISE: MON MORCEAU PREFERE

"Don Juvénile inséparable du sourire avenant et de la bienveillance envers chacun, chacune. Sprezzatura est italienne. L'étymologie veut dire sans pression, sans tension. Le S est privatif. La pression prezzatura est décollée par le S. L'art de la sprezzatura est élégance et allure, le pas gagné dans le rire, dans le sourire simple. Attitude liée à l'audace, au risque, à l'ironie aussi. Rythme du temps en liberté parfaite. Destin mesuré large. Ascèse joyeuse cachée. Point d'oblicité dans les mots, mais la parole directe. N'entrer ni dans la violence ni la bassesse où l'on voudrait vous conduire.Être alerte et aimable. Beaucoup plus simple à pratiquer qu'on ne l'imagine. Remède à toute angoisse. Allègement du mauvais temps. Pharmacon est aussi son nom. Thérapie suprême. Légèreté de l'être, fort soutenable".

  J-H Larché, Quintet pour Venise (Serge Safran éditeur) 

Coïncidence qui me plaît, Sprezzatura est aussi une maison d'édition qui édite, entre autres, la revue Ligne de risque est basée à Brest, qui n'est pas Venise, mais qui m'est chère. 

 

vendredi 31 mars 2023

L'HOMME DE LA PEINE (11)

Qu'aura donc constitué le sel de  la vie pour lui se demande t-il en le regardant allongé dans son lit, de plus en plus faible à mesure que le taux de sodium dans son corps diminue de façon dangereuse?

mercredi 29 mars 2023

LA VRAIE VIE

"Toutes ces lignes avaient un point commun, elles semblaient être écrites pour moi. Pour la première fois de ma vie, je saisissais le pouvoir magique de la lecture, cette idée essentielle d'une voix qui vous parle à l'oreille et vous bouleverse par sa clarté révélatrice."

                      Mes vies parallèles, Julien Leschiera (le dilettante)

 

"Il est noble d'être timide, glorieux de ne point savoir agir, grand de n'être pas doué pour vivre.

Je n'ai jamais rien fait que rêver. Cela, et cela seulement, a toujours été le sens de ma vie. Je n'ai jamais eu d'autre souci véritable que celui de ma vie intérieure.

L'expérience directe est le subterfuge, ou bien le refuge, des gens dépourvus d'imagination.

L'inaction console de tout. Ne pas agir nous donne tout. Imaginer est tout, pourvu que cela ne tende jamais à l'action".

        Extraits du Livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa


L'HOMME DE LA PEINE (10)

ça semble être la fin maintenant; ses dernières forces le quittent, il ne se meut plus. sa fille, qui s'en occupe de façon héroïque à plein temps a été obligée de mettre un lit médicalisé. Un infirmier vient matin et soir pour le faire passer de la station couchée à la station assise et inversement.

Il ne semble pas souffrir au contraire de sa fille, Mater Dolorosa qui sacrifie sa santé. Elle ne le mettra définitivement à l'hôpital que lorsqu'il n 'y aura plus rien à faire.

J'observe ses bras jadis tatoués; la quasi totalité de ses tatouages ont disparu, remplacés par des plaques et auréoles blanches. 

Blanc ou l'oubli

Les vitraux des cathédrales du Moyen Âge racontaient des scènes de la Bible à l'usage des personnes ne sachant lire; ses tatouages représentaient les souvenirs essentiels de sa vie. Ce n'est que la soixantaine venue qu'il avait entrepris de graver sur son corps ce qui avait compté le plus pour lui: sa carrière militaire avec une encre marine, encre qui le rattachait à son père, militaire lui-même; un coeur transpercé d'une flèche. et puis on discerne encore une vierge à l'enfant en noir et blanc, délavée, et dessous dans une belle calligraphie le mot maman.

Dans le dernier chant du Paradis de Dante il y a ce vers célèbre: "Vierge mère, fille de ton fils".

Mais ici la fille est devenue la mère de son père: elle le lave, le change, le torche, lui donne la becquée, le gronde aussi. Il la regarde, amoureusement, ses yeux d'un bleu délavé dans ceux de sa fille, il fait tout ce qu'elle lui demande. C'est poignant.

samedi 25 mars 2023

REECRIRE (SE) DIT-IL

La vie tremblait au loin, ancienne, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à P.

"Le bal tremblait au loin, ancien, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à S. Tahla."                                    Le ravissement de Lol V. Stein, M. Duras

dimanche 19 mars 2023

AU HASARD OU PRESQUE (II)

"Comme toujours, ici, vers le 10 juin, la cause est entendue, le ciel tourne, l'horizon a sa brume permanente et chaude, on entre dans le vrai théâtre des soirs. Il y a des orages, mais ils sont retenus, comprimés, cernés par la force. On marche et on dort autrement, les yeux sont d'autres yeux, la respiration s'enfonce, les bruits trouvent leur profondeur nette. Cette petite planète, par plaques, a son intérêt."

                    La fête à Venise, Philippe Sollers

samedi 18 mars 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (III)

MERVEILLE (XI)

 


"Aujourd'hui, je suis toujours là mais changé, légèrement diminué mais davantage concentré, en colère mais plus triste encore, très seul mais épargné par miracle.

Je suis vivant et je suis libre, pouvant marcher sous le ciel, défendu par le soleil le jour, veillé par les étoiles la nuit. Je dois protéger le moindre de mes souvenirs."

mercredi 15 mars 2023

PORTRAIT DE FEMME (Suite et sans fin...)

 Portrait de femme à la quarantaine...

- Une femme, dit-il,  qui à 40 ans n'a pas fait une analyse deviendra à coup sûr une bonne femme.

- Prétentieux, goujat!

- Regarde, Chabrol, l'auteur des "bonnes femmes", il a réalisé trois films avec une psychanalyste, tu crois que c'est un hasard.

dimanche 5 mars 2023

PORTRAIT DU JOUEUR EN EDITEUR

"Partout le chaos règne, mais ne vous en souciez pas, continuez d'écrire. Ce sont les mots de mon éditeur."

"Les histoires de famille, c'est ce qu'il y a de meilleur, tous les auteurs les cachent, alors qu'il faut les mettre au jour, il faut les publier, elles démontent les rouages de la société. Je lui dis que cette fois j'hésite, je ne sais pas. Et lui: Mais si, mais si, envoyez-moi ça, envoyez! Attaquez la famille, attaquez la famille! Insiste-t-il en riant, ravi de sa provocation. J'ai la chance de travailler avec l'un des plus grands romanciers vivants, tout à la fois auteur et éditeur depuis soixante ans."

"Mon éditeur rit souvent, sans aucune méchanceté, par simple réaction naturelle devant des situations comiques."

"Quand je revois mon éditeur quelques mois plus tard, il me demande des nouvelles de ma grand-mère, dont je lui avais déjà dit combien elle était malade. Chaque fois que nous nous rencontrons, il prend des nouvelles de moi et de mes proches, il est très attentionné, sensible, le cas échéant touché par le malheur des autres, l'exact contraire des portraits médisants que font de lui la presse parisienne et les auteurs jaloux."

                                Un merveilleux souvenir, Marc Pautrel (Gallimard)


 

samedi 4 mars 2023

jeudi 2 mars 2023

MON PERE AVAIT RAISON (III)

 L'écrivain G. Guégan conseille à son fils de lire Simenon et de commencer par les vacances de Maigret; il est allé voir la maison que Simenon habitait à l'époque de l'écriture de ce roman. C'était un lotissement sans charme à Tucson en Arizona. Conclusion de Guégan: c'est soit le suicide soit l'écriture.

MERVEILLE (IX)

mercredi 1 mars 2023

MAIGRET A LUCHON

Lecture parallèle du Ravissement de Lol V. Stein et des vacances de Maigret. Celui-ci au lieu de passer ses vacances aux Sables d'Olonne aurait dû les passer à T. Beach ou à S. Tahla.

Il aurait ainsi pu résoudre l'énigme que constitue ce roman de M. Duras. De savants commentaires ont été écrits sur ce Ravissement, ceux de Lacan en premier. Une histoire de folie, de (dé)possession qui a énormément intéressé la psychanalyse.

Un après-midi au soleil sur une terrasse du Grand Hôtel de Superbagnères, face à des champs de neige, je sors fatigué par ce "voyage" où je me suis pas mal perdu.


 

MERVEILLE (VIII)


dimanche 26 février 2023

CROONER, TROUBADOUR, POETE (II)

A mesure que tombe la nuit sur l'auteur de tombe la neige, tu le trouves de plus en plus émouvant et tu penses instantanément à ces vers: 

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Tu réclamais le Soir; il descend; le voici.

mercredi 22 février 2023

L'HOMME DE LA PEINE (9)

Un beau et vrai souvenir: quand il était petit, à l'âge de sa fille maintenant, il adorait être transporté sur les pieds de son père. ll les mettait sur ceux de son père qui entamait alors sa marche. La sensation était extraordinaire, il avait l'impression d'être porté par un géant. 

Il pense à cela quand il fait marcher sa fille de la sorte. Elle adore aussi. Pour autant se dit-il, il aura réussi à ne pas marcher dans les pas de l'homme de la peine.


dimanche 19 février 2023

AU HASARD ou presque (I)

 "J'ai rarement été aussi seul. Mais j'aime ça. Et de plus en plus. Hier, après avoir traversé la ville en tous sens, j'ai arrêté la voiture sur les quais, j'ai marché une heure dans le froid au bord du fleuve, je suis repassé vite par les deux parcs principaux et retour en fin d'après-midi sur mon lit, sommeil immédiat, facile, je m'endors, c'est vrai, où je veux, quand je veux".

                                                                         Studio, Philippe Sollers

samedi 18 février 2023

L'HOMME DE LA PEINE (8)

La vie vaut la peine d'être vaincue, telle était sa devise. Il s'y est employé toute sa vie, il est en passe de réussir.

jeudi 16 février 2023

COUPLE (II)

Dialogue entre deux personnages: il, elle.

Il: Je!

Elle: Nous!

je! nous! je! nous! je! nous! je!nous!je!nous!

Il finit à genoux

mercredi 15 février 2023

L' AMOUR...LA MORT

 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i19129825/celine-a-propos-de-l-amour-et-de-la-mort

 

 


UN MERVEILLEUX SOUVENIR


 "Je dois protéger le moindre de mes souvenirs". 

                                                       Marc Pautrel, Un merveilleux souvenir

dimanche 12 février 2023

LIBERATI J'ECRIS TON NOM (II)

 " J'ai toujours été un mauvais journaliste d'investigation mais, dans ces jours-là, je donnais mon pire, joignant une audace de désespéré à l'approximation et à la paresse".


"Je fus nommé au poste de rédacteur en chef du magazine Cosmopolitan. J'avais une quarantaine de femmes de tous âges et de toutes conditions sous mes ordres, chacune était mon tyran".

                                            Simon Liberati, EVA

samedi 11 février 2023

SOUS LES PAVES, L'AZUR

" La violence du réformisme est la pire de toutes, parce qu'elle annihile toute défense. Elle ne suscite aucune violence adverse. Elle dégrade, disqualifie, humilie, ceux qu'elle ne détruit pas. Elle est celle du criminel qui susurre à ses victimes: "c'est pour ton bien que je fais cela".

                                 Michel Butel, dans l'azur n°16, 13/10/1994 


 

vendredi 10 février 2023

GRANDILOCON

Des mots, des phrases, des citations tu n'es bon qu'à ça. Et tu vendrais père et mère pour un bon mot, dit-elle. Grandilocon!

mercredi 1 février 2023

LITTERALEMENT...ET DANS TOUS LES SENS (VIII)

 "Ecrivez partout", slogan sur les murs de Paris en mai 1968






                           4 tableaux d'un ensemble de 100, intitulé RARE par Stéphane Zagdanski

mercredi 18 janvier 2023

L'HOMME DE LA PEINE (7)

Toute sa vie, son seul plaisir a été d'exécrer. C'est la fin maintenant, tout fout le camp, seul demeure dans le chaos, cette fonction primaire: excréter.

mercredi 11 janvier 2023

dimanche 8 janvier 2023

MERVEILLE (I)


                                         The shop around the corner, Ernst Lubitsch

mercredi 4 janvier 2023

ILLUSION SUR L'AVENIR, AVENIR D'UNE ILLUSION

Sur le militantisme politique:


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dernière page du Parti d'Edgar Winger, Patrice Jean ( Gallimard)

lundi 2 janvier 2023

FEUILLE DE ROUTE

Ce poème cité par Jérôme Leroy:

Nous ne voulons pas être tristes

C'est trop facile

C'est trop bête

C'est trop commode

On en a trop souvent l'occasion

C'est pas malin

Tout le monde est triste

Nous ne voulons plus être tristes

                                                           Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

mercredi 28 décembre 2022

L'HOMME DE LA PEINE (6)

Elle se souvient de son enfance, et déjà elle ne supportait pas chez lui ses pieds qui trainaient, l'impression qu'il se déplaçait avec peine; c'est un grand-père maintenant, elle l'admire et le châtie souvent, l'art d'être père il l'avait, cet admirateur de Hugo, et celui de grand-père il l'exerce à merveille maintenant. Enfance joyeuse.

Il se souvient des pas de son père dans l'entrée de la maison, l'homme aux semelles de plomb rentrait du travail, le son de ses bottines ferrées sur le carrelage signalait qu'il fallait maintenant se tenir à carreau...


dimanche 25 décembre 2022

FILS DE PERSONNE

Y en a qui naissentDans les plis du drapeauAu son des hymnes militairesEt quand la troupe défile sous leurs carreauxIls ont l'âme guerrièreMais pas moiMais pas moiJe ne suis pas né militaireMais pas moiMais pas moi

Je suis le fils de personne 

Johnny Hallyday au Pavillon de Paris (1979) 

 

jeudi 22 décembre 2022

PORTRAIT DE FEMME (Suite et sans fin)

"Les femmes n'aiment pas les hommes, elles aiment les enfants qu'elles pourraient avoir des hommes. En leur donnant la maternité, on leur a enlevé tout le reste."


"Si une femme refuse de rencontrer vos parents, c'est que c'est la bonne! On perd automatiquement une femme en la présentant à sa mère."

                                            Chacun mes goûts, M.E Nabe (Le Dilettante)

mardi 20 décembre 2022

EMOTION

 

- J'ai toujours voulu savoir ce que c'était exactement le football.

- Le football, c'est comme une bataille, l'amour, la haine, l'action, la violence et la mort. En un mot: émotion.

dimanche 18 décembre 2022

DE TROP DE LUCIDITE

"Baudelaire, à la fin, n'écrivait plus que des listes".

Cette phrase de M.E Nabe dans Chacun mes goûts lui saute aux yeux.

"Il dressait des projets, des dettes, des titres d'oeuvres à faire, ses résolutions."

Même chose pense-t-il tout fier. 

Mais il n'est pas Baudelaire, malgré l'air de (vieux) beau qu'il affiche.

 Par contre, inquiet, maintenant il note: "à la fin"...

mercredi 14 décembre 2022

LA CONTRADICTION M'AIME ( II)

 


                                     Chacun mes gouts, Marc-Edouard Nabe (Le Dilettante)

dimanche 11 décembre 2022

PLUS BELLE LA VIE?

 "La plupart des blessés se raccrochent à la vie ou s'estiment heureux de s'en être sortis, lui il voit la Vie comme une rivale à sa propre vie à lui, comme une ennemie, c'est bien ce que les vrais hommes ont pensé de leur propre corps: la vie comme quelque chose de vicieux, comme un sortilège vicieux qui vous empêche de vivre en quelque sorte, et le véritable humain, c'est celui qui ose la regarder en face, qui ose la défier, et qui ose lui cracher à la gueule comme il dit..."

Entretiens entre M.E Nabe et le Dr Marty dans Nabe's News, sur GUERRE de L.F Céline

 

 

 

 


samedi 10 décembre 2022

NE TRAVAILLEZ JAMAIS

Réforme des retraites: "le dîner de famille" où Emmanuel Macron a tenu la ligne des 65 ans.

                                        Source, Le Monde 

 

"Je ne me plains pas. Je n'ai pas eu à travailler pour vivre, j'entends par "travail" l'obligation de se lever tôt, la lente érosion de l'esprit obligé à des tâches sans intérêt, le vieillissement prématuré du corps, l'angoisse des hiérarchies humiliantes, tout ce qui tue l'élan vital."

                                        Le parti d'Edgar Winger, Patrice Jean (Gallimard) 

 


 

samedi 3 décembre 2022

L' AURORE

                                                                      Un 03 décembre, naissance de JLG

 

                                                             Le magazine du Monde, samedi 03 décembre
 



PARIS-BREST (ou l'homme de la peine, 5)

"Ecrire c'est recoller les morceaux, me composer une identité. Je suis comme le narrateur de Paris-Brest".

                                                Tanguy Viel sur son roman  Paris-Brest


Aujourd'hui, le 03 décembre, il pense à son grand-père mort il y a tout juste 39 ans; jeune homme alors, il se souvient du choc ressenti; son père apprend l'imminence de l'échéance, et décide en quelques minutes de quitter Paris avec sa famille; il faut arriver avant, pouvoir lui parler, leur dit son père; un grand-père taiseux pourtant et un père pareil.

600 Km à fond la caisse dans la 504 bordeaux, vers ce bout de la France, le Finistère.

Un passage rapide dans l'appartement des grands-parents puis à nouveau un départ sur les chapeaux de roue vers l'hôpital.

Puis c'est fini, le corps est rapatrié au domicile et c'est maintenant le défilé dans la chambre mortuaire; les cris, les pleurs, les spasmes de ses cousines devant le corps du patriarche envahissent la maison. Il s'enferme alors dans la salle de bains, et face au miroir scrute son visage, et le reste de son corps de jeune homme vivant. 

Plus tard, il pensera à une scène d'un film de Woody Allen qui relate la même situation.

C'est ce moment qui coupe l'histoire de son père en deux; naissance de l'homme de la peine pense-t-il, car une fois ce père parti, il sera la plupart du temps amer; une vie où ce marin naviguera d'hôpitaux en maisons de repos mais sans jamais le trouver.