Sur la longueur des tenues des femmes dans les piscines municipales.
Les religieux c'est comme les enfants, vous leur donnez ça, ils veulent ça.
D'ailleurs Freud n'a-t-il pas dit que la religion est la névrose infantile de l'humanité?
Sur la longueur des tenues des femmes dans les piscines municipales.
Les religieux c'est comme les enfants, vous leur donnez ça, ils veulent ça.
D'ailleurs Freud n'a-t-il pas dit que la religion est la névrose infantile de l'humanité?
Le 08 mars est passé, avec son flot de...Je ne sais pas quoi.
Ce vieux dégueulasse de Charles Bukowski a eu l'élégance de partir le lendemain du 08. Dégueulasse mais surtout subtil, raffiné, classique, génial.
Photo trouvée sur la page Facebook de l'écrivain Frédéric Houdaer"Regardez l'homme du contre-désir: il est très agité, son seul pôle est l'emploi qu'il occupe. Il veut monter de plus en plus haut dans l'ascenseur social, sa tête est pleine de chiffres, c'est un manager for ever. La femme de contre-désir est pareille, meilleure encore en termes de marketing. Si ces deux-là s'accouplent, d'une manière ou d'une autre, c'est juste pour vérifier la répulsion que son partenaire lui inspire. Elle l'ennuie, il la choque. Ils se parlent le moins possible, et toujours d'argent".
Philippe Sollers, Désir (Gallimard)
Il semble être au bout du bout et puis non il est encore là; ne se souvient même pas d'avoir traversé des jours et des nuits horribles. Il ne remarchera plus, ne s'en soucie pas. A cet instant de sa (vie) il est serein comme il ne l'a jamais été.
"Don Juvénile inséparable du sourire avenant et de la bienveillance envers chacun, chacune. Sprezzatura est italienne. L'étymologie veut dire sans pression, sans tension. Le S est privatif. La pression prezzatura est décollée par le S. L'art de la sprezzatura est élégance et allure, le pas gagné dans le rire, dans le sourire simple. Attitude liée à l'audace, au risque, à l'ironie aussi. Rythme du temps en liberté parfaite. Destin mesuré large. Ascèse joyeuse cachée. Point d'oblicité dans les mots, mais la parole directe. N'entrer ni dans la violence ni la bassesse où l'on voudrait vous conduire.Être alerte et aimable. Beaucoup plus simple à pratiquer qu'on ne l'imagine. Remède à toute angoisse. Allègement du mauvais temps. Pharmacon est aussi son nom. Thérapie suprême. Légèreté de l'être, fort soutenable".
J-H Larché, Quintet pour Venise (Serge Safran éditeur)
Coïncidence qui me plaît, Sprezzatura est aussi une maison d'édition qui édite, entre autres, la revue Ligne de risque est basée à Brest, qui n'est pas Venise, mais qui m'est chère.
Qu'aura donc constitué le sel de la vie pour lui se demande t-il en le regardant allongé dans son lit, de plus en plus faible à mesure que le taux de sodium dans son corps diminue de façon dangereuse?
"Toutes ces lignes avaient un point commun, elles semblaient être écrites pour moi. Pour la première fois de ma vie, je saisissais le pouvoir magique de la lecture, cette idée essentielle d'une voix qui vous parle à l'oreille et vous bouleverse par sa clarté révélatrice."
Mes vies parallèles, Julien Leschiera (le dilettante)
"Il est noble d'être timide, glorieux de ne point savoir agir, grand de n'être pas doué pour vivre.
Je n'ai jamais rien fait que rêver. Cela, et cela seulement, a toujours été le sens de ma vie. Je n'ai jamais eu d'autre souci véritable que celui de ma vie intérieure.
L'expérience directe est le subterfuge, ou bien le refuge, des gens dépourvus d'imagination.
L'inaction console de tout. Ne pas agir nous donne tout. Imaginer est tout, pourvu que cela ne tende jamais à l'action".
Extraits du Livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa
ça semble être la fin maintenant; ses dernières forces le quittent, il ne se meut plus. sa fille, qui s'en occupe de façon héroïque à plein temps a été obligée de mettre un lit médicalisé. Un infirmier vient matin et soir pour le faire passer de la station couchée à la station assise et inversement.
Il ne semble pas souffrir au contraire de sa fille, Mater Dolorosa qui sacrifie sa santé. Elle ne le mettra définitivement à l'hôpital que lorsqu'il n 'y aura plus rien à faire.
J'observe ses bras jadis tatoués; la quasi totalité de ses tatouages ont disparu, remplacés par des plaques et auréoles blanches.
Blanc ou l'oubli
Les vitraux des cathédrales du Moyen Âge racontaient des scènes de la Bible à l'usage des personnes ne sachant lire; ses tatouages représentaient les souvenirs essentiels de sa vie. Ce n'est que la soixantaine venue qu'il avait entrepris de graver sur son corps ce qui avait compté le plus pour lui: sa carrière militaire avec une encre marine, encre qui le rattachait à son père, militaire lui-même; un coeur transpercé d'une flèche. et puis on discerne encore une vierge à l'enfant en noir et blanc, délavée, et dessous dans une belle calligraphie le mot maman.
Dans le dernier chant du Paradis de Dante il y a ce vers célèbre: "Vierge mère, fille de ton fils".
Mais ici la fille est devenue la mère de son père: elle le lave, le change, le torche, lui donne la becquée, le gronde aussi. Il la regarde, amoureusement, ses yeux d'un bleu délavé dans ceux de sa fille, il fait tout ce qu'elle lui demande. C'est poignant.
La vie tremblait au loin, ancienne, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à P.
"Le bal tremblait au loin, ancien, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à S. Tahla." Le ravissement de Lol V. Stein, M. Duras
"Comme toujours, ici, vers le 10 juin, la cause est entendue, le ciel tourne, l'horizon a sa brume permanente et chaude, on entre dans le vrai théâtre des soirs. Il y a des orages, mais ils sont retenus, comprimés, cernés par la force. On marche et on dort autrement, les yeux sont d'autres yeux, la respiration s'enfonce, les bruits trouvent leur profondeur nette. Cette petite planète, par plaques, a son intérêt."
La fête à Venise, Philippe Sollers
"Aujourd'hui, je suis toujours là mais changé, légèrement diminué mais davantage concentré, en colère mais plus triste encore, très seul mais épargné par miracle.
Je suis vivant et je suis libre, pouvant marcher sous le ciel, défendu par le soleil le jour, veillé par les étoiles la nuit. Je dois protéger le moindre de mes souvenirs."
Portrait de femme à la quarantaine...
- Une femme, dit-il, qui à 40 ans n'a pas fait une analyse deviendra à coup sûr une bonne femme.
- Prétentieux, goujat!
- Regarde, Chabrol, l'auteur des "bonnes femmes", il a réalisé trois films avec une psychanalyste, tu crois que c'est un hasard.Au bord de la mer
Au bord de la mère
Au bord de l'amer
Au bord de l'âme erre.
"Partout le chaos règne, mais ne vous en souciez pas, continuez d'écrire. Ce sont les mots de mon éditeur."
"Les histoires de famille, c'est ce qu'il y a de meilleur, tous les auteurs les cachent, alors qu'il faut les mettre au jour, il faut les publier, elles démontent les rouages de la société. Je lui dis que cette fois j'hésite, je ne sais pas. Et lui: Mais si, mais si, envoyez-moi ça, envoyez! Attaquez la famille, attaquez la famille! Insiste-t-il en riant, ravi de sa provocation. J'ai la chance de travailler avec l'un des plus grands romanciers vivants, tout à la fois auteur et éditeur depuis soixante ans."
"Mon éditeur rit souvent, sans aucune méchanceté, par simple réaction naturelle devant des situations comiques."
"Quand je revois mon éditeur quelques mois plus tard, il me demande des nouvelles de ma grand-mère, dont je lui avais déjà dit combien elle était malade. Chaque fois que nous nous rencontrons, il prend des nouvelles de moi et de mes proches, il est très attentionné, sensible, le cas échéant touché par le malheur des autres, l'exact contraire des portraits médisants que font de lui la presse parisienne et les auteurs jaloux."
Un merveilleux souvenir, Marc Pautrel (Gallimard)
L'écrivain G. Guégan conseille à son fils de lire Simenon et de commencer par les vacances de Maigret; il est allé voir la maison que Simenon habitait à l'époque de l'écriture de ce roman. C'était un lotissement sans charme à Tucson en Arizona. Conclusion de Guégan: c'est soit le suicide soit l'écriture.
Lecture parallèle du Ravissement de Lol V. Stein et des vacances de Maigret. Celui-ci au lieu de passer ses vacances aux Sables d'Olonne aurait dû les passer à T. Beach ou à S. Tahla.
Il aurait ainsi pu résoudre l'énigme que constitue ce roman de M. Duras. De savants commentaires ont été écrits sur ce Ravissement, ceux de Lacan en premier. Une histoire de folie, de (dé)possession qui a énormément intéressé la psychanalyse.
Un après-midi au soleil sur une terrasse du Grand Hôtel de Superbagnères, face à des champs de neige, je sors fatigué par ce "voyage" où je me suis pas mal perdu.
A mesure que tombe la nuit sur l'auteur de tombe la neige, tu le trouves de plus en plus émouvant et tu penses instantanément à ces vers:
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Un beau et vrai souvenir: quand il était petit, à l'âge de sa fille maintenant, il adorait être transporté sur les pieds de son père. ll les mettait sur ceux de son père qui entamait alors sa marche. La sensation était extraordinaire, il avait l'impression d'être porté par un géant.
Il pense à cela quand il fait marcher sa fille de la sorte. Elle adore aussi. Pour autant se dit-il, il aura réussi à ne pas marcher dans les pas de l'homme de la peine.
"J'ai rarement été aussi seul. Mais j'aime ça. Et de plus en plus. Hier, après avoir traversé la ville en tous sens, j'ai arrêté la voiture sur les quais, j'ai marché une heure dans le froid au bord du fleuve, je suis repassé vite par les deux parcs principaux et retour en fin d'après-midi sur mon lit, sommeil immédiat, facile, je m'endors, c'est vrai, où je veux, quand je veux".
Studio, Philippe Sollers
La vie vaut la peine d'être vaincue, telle était sa devise. Il s'y est employé toute sa vie, il est en passe de réussir.
Dialogue entre deux personnages: il, elle.
Il: Je!
Elle: Nous!
je! nous! je! nous! je! nous! je!nous!je!nous!
Il finit à genoux
" J'ai toujours été un mauvais journaliste d'investigation mais, dans ces jours-là, je donnais mon pire, joignant une audace de désespéré à l'approximation et à la paresse".
"Je fus nommé au poste de rédacteur en chef du magazine Cosmopolitan. J'avais une quarantaine de femmes de tous âges et de toutes conditions sous mes ordres, chacune était mon tyran".
Simon Liberati, EVA
" La violence du réformisme est la pire de toutes, parce qu'elle annihile toute défense. Elle ne suscite aucune violence adverse. Elle dégrade, disqualifie, humilie, ceux qu'elle ne détruit pas. Elle est celle du criminel qui susurre à ses victimes: "c'est pour ton bien que je fais cela".
Michel Butel, dans l'azur n°16, 13/10/1994
Des mots, des phrases, des citations tu n'es bon qu'à ça. Et tu vendrais père et mère pour un bon mot, dit-elle. Grandilocon!
"Ecrivez partout", slogan sur les murs de Paris en mai 1968
4 tableaux d'un ensemble de 100, intitulé RARE par Stéphane Zagdanski
Toute sa vie, son seul plaisir a été d'exécrer. C'est la fin maintenant, tout fout le camp, seul demeure dans le chaos, cette fonction primaire: excréter.
Ce poème cité par Jérôme Leroy:
Nous ne voulons pas être tristes
C'est trop facile
C'est trop bête
C'est trop commode
On en a trop souvent l'occasion
C'est pas malin
Tout le monde est triste
Nous ne voulons plus être tristes
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
Elle se souvient de son enfance, et déjà elle ne supportait pas chez lui ses pieds qui trainaient, l'impression qu'il se déplaçait avec peine; c'est un grand-père maintenant, elle l'admire et le châtie souvent, l'art d'être père il l'avait, cet admirateur de Hugo, et celui de grand-père il l'exerce à merveille maintenant. Enfance joyeuse.
Il se souvient des pas de son père dans l'entrée de la maison, l'homme aux semelles de plomb rentrait du travail, le son de ses bottines ferrées sur le carrelage signalait qu'il fallait maintenant se tenir à carreau...
Y en a qui naissent
Dans les plis du drapeau
Au son des hymnes militaires
Et quand la troupe défile sous leurs carreaux
Ils ont l'âme guerrière
Mais pas moi
Mais pas moi
Je ne suis pas né militaire
Mais pas moi
Mais pas moi
Je suis le fils de personne
Johnny Hallyday au Pavillon de Paris (1979)
"Les femmes n'aiment pas les hommes, elles aiment les enfants qu'elles pourraient avoir des hommes. En leur donnant la maternité, on leur a enlevé tout le reste."
"Si une femme refuse de rencontrer vos parents, c'est que c'est la bonne! On perd automatiquement une femme en la présentant à sa mère."
Chacun mes goûts, M.E Nabe (Le Dilettante)
- J'ai toujours voulu savoir ce que c'était exactement le football.
- Le football, c'est comme une bataille, l'amour, la haine, l'action, la violence et la mort. En un mot: émotion.
"Baudelaire, à la fin, n'écrivait plus que des listes".
Cette phrase de M.E Nabe dans Chacun mes goûts lui saute aux yeux.
"Il dressait des projets, des dettes, des titres d'oeuvres à faire, ses résolutions."
Même chose pense-t-il tout fier.
Mais il n'est pas Baudelaire, malgré l'air de (vieux) beau qu'il affiche.
Par contre, inquiet, maintenant il note: "à la fin"...
"La plupart des blessés se raccrochent à la vie ou s'estiment heureux de s'en être sortis, lui il voit la Vie comme une rivale à sa propre vie à lui, comme une ennemie, c'est bien ce que les vrais hommes ont pensé de leur propre corps: la vie comme quelque chose de vicieux, comme un sortilège vicieux qui vous empêche de vivre en quelque sorte, et le véritable humain, c'est celui qui ose la regarder en face, qui ose la défier, et qui ose lui cracher à la gueule comme il dit..."
Entretiens entre M.E Nabe et le Dr Marty dans Nabe's News, sur GUERRE de L.F Céline
Réforme des retraites: "le dîner de famille" où Emmanuel Macron a tenu la ligne des 65 ans.
Source, Le Monde
"Je ne me plains pas. Je n'ai pas eu à travailler pour vivre, j'entends par "travail" l'obligation de se lever tôt, la lente érosion de l'esprit obligé à des tâches sans intérêt, le vieillissement prématuré du corps, l'angoisse des hiérarchies humiliantes, tout ce qui tue l'élan vital."
Le parti d'Edgar Winger, Patrice Jean (Gallimard)
"Ecrire c'est recoller les morceaux, me composer une identité. Je suis comme le narrateur de Paris-Brest".
Tanguy Viel sur son roman Paris-Brest
Aujourd'hui, le 03 décembre, il pense à son grand-père mort il y a tout juste 39 ans; jeune homme alors, il se souvient du choc ressenti; son père apprend l'imminence de l'échéance, et décide en quelques minutes de quitter Paris avec sa famille; il faut arriver avant, pouvoir lui parler, leur dit son père; un grand-père taiseux pourtant et un père pareil.
600 Km à fond la caisse dans la 504 bordeaux, vers ce bout de la France, le Finistère.
Un passage rapide dans l'appartement des grands-parents puis à nouveau un départ sur les chapeaux de roue vers l'hôpital.
Puis c'est fini, le corps est rapatrié au domicile et c'est maintenant le défilé dans la chambre mortuaire; les cris, les pleurs, les spasmes de ses cousines devant le corps du patriarche envahissent la maison. Il s'enferme alors dans la salle de bains, et face au miroir scrute son visage, et le reste de son corps de jeune homme vivant.
Plus tard, il pensera à une scène d'un film de Woody Allen qui relate la même situation.
C'est ce moment qui coupe l'histoire de son père en deux; naissance de l'homme de la peine pense-t-il, car une fois ce père parti, il sera la plupart du temps amer; une vie où ce marin naviguera d'hôpitaux en maisons de repos mais sans jamais le trouver.
M : Bon d'accord, tu m'as fait découvrir Nabe avec l'Âme de Billie Holiday qui est magnifique, mais pour le reste, pardon, qu'est-ce qu'il est vulgaire !
MOI : Tu trouves ?
M : Je suis comme Lucette qui trouvait que Céline écrivait trop souvent merde. Il n'a que des insultes à la bouche.
MOI : Oui mais pas sans raison ; Céline disait que les gros mots, c'était nécessaire. Alors pour Nabe c'est pareil.
Entre être et étron tu sais...
M : Oh la belle paronymie !
MOI : Scato peut-être mais aussi staccato.
M : Paronyme... et parano ton écrivain ; il pense que personne ne l'aime ; et ce que je ne comprends pas, c'est sa méchanceté avec ses pairs ; c’est lui qui n'aime personne.
MOI : Non, je pense plutôt qu'il aime comme personne.
M : Il a dit qu'il "voulait être le plus vexant des hommes". Il y est arrivé mais ça lui a valu pas mal de déboires.
MOI : Tu penses à Apostrophes ? A Gérard Miller ?
M : Pour Apostrophes, j'étais pas née, mais tu m'as montré. L'autre fois justement quand je t'ai accompagné à la librairie Le Dilettante, j'étais morte de rire quand tu as demandé à son quasi-sosie au nœud de papillon, des renseignements sur Les Porcs 1 ; il t'a regardé fébrilement en reculant, il pensait peut-être ce "neveu de Nabe" que tu étais le "neveu de Georges-Marc Benamou", qui sait ?!
MOI : Oui j'ai vu ça, c'est dommage je voulais vraiment me procurer le volume.
M : Trop tard mon cochon, pourrait te répondre son équipe qui a la dent dure avec ses fans fanés.
MOI : Ce n'est pas mon cas tu sais et je suis hermétique aux insultes. Je ne prends jamais Nabe au premier degré.
M : Eh bien tu as tort, car il a dit qu'il faut "toujours prendre un écrivain au premier degré, c'est là qu'il se cache"...
MOI : Belle citation, je prends.
M : Bien sûr, tu pilles plutôt, comme lui avec sa façon d'arriver après tout le monde sur tous les sujets dans Nabe's News, c'est un peu facile : il lit tout, et tandis que certains ont écrit bien avant lui en prenant des risques (de se tromper), lui ramasse la mise et fait la leçon à tout le monde. Facile !
MOI : C'est qu'il est extrêmement attentif aux textes, comme aux visages. Forcément cela prend du temps, ça demande de la patience... et souviens-toi : "Tout se lit sur les visages. Il faut être attentif et furtif à la foi".
C'est sa méthode.
M : Beaucoup ne peuvent pas le voir en peinture ton écrivain !
MOI : Tu les as vues ses peintures ? Par exemple, les portraits de Django que tu adores. Eh bien toujours le souci du détail, la précision avec les mains de Django. Ça renvoie à son texte NUAGE.
M : Et cette façon d’attaquer les personnes, vraiment ad hominem ; ensuite ça lui vaut des soucis, un peu kamikaze ton Nabe, il se fait hara-kiri.
MOI : Une tradition, tu sais que toute conscience veut la mort de l’autre et Nabe n’y déroge pas.
M : Oh mon psychanalyste…La psychanalyse c’est la solution finale de l’art.
M : Tiens, tu le cites beaucoup quand même.
M : Et cette façon violente de montrer les corps, de les déformer. C'est quand même le poids des mots, le choc des photos. On est à Paris Match !
MOI : Pour la violence il est dans la droite ligne de Céline de qui Lucette disait que ses mots étaient si violents, le ton sur lequel il les disait était si agressif que les gens restaient K.-O. Eh bien c'est Nabe.
Tu penses aussi à la photo de sa mère morte dans le dernier numéro de Nabe's News ?
Loin des pleurs, en effet.
M : Oui, blasphème ! Joyce n'aurait jamais photographié ça. Il l'a écrit c'est très différent.
MOI : Tiens on dirait un titre de Bukowski : Shakespeare n'a jamais fait ça.
M : Ah un point commun entre les deux, ils ont fait scandale sur le plateau de l'émission de Pivot.
Pourtant Nabe, encore, n'aime pas Bukowski.
MOI : Peut-être, je ne sais pas, mais ce n’est pas le problème, et quand on dit que Nabe n'aime que lui, il suffit de voir sa galerie de portraits pour être convaincu du contraire...
M : Et quand son père mourra sera-t-il capable d'écrire un poème de ce niveau ?
un des trucs les plus chanceux
qui me soit arrivé
fut d’avoir eu un père
cruel et sadique.
après lui
les pires choses que la Destinée
m’a fait endurer
ne m’ont pas semblé si
terribles-
des choses qui pousseraient d’autres
hommes
vers la colère, le désespoir, le dégoût,
la folie, des pensées suicidaires
et
plus encore
n’ont eu qu’un impact mineur
sur moi
du fait de mon
éducation :
après mon père
presque tout le reste m’a paru
correct.
je devrais vraiment avoir
de la gratitude pour ce
vieil enfoiré
mort depuis si longtemps
dans la mesure où
il m’a préparé
pour tous les nombreux
enfers
en m’y menant
plus tôt
que prévu
lors de ces années
où on ne peut pas s’échapper.
cher vieux papa (Ch. Bukowski)
M : Et puis regarde, avec Samuel Paty, aucune empathie. Je travaille au M.E.N (ministère de l’Éducation Nationale), et sa saillie sur son martyr c'est scandaleux. Sa tête sur un plateau !
MOI : C'est le te(x)te qui compte, pas la tête. De toute façon, les images c'est pour les enfants et les grandes personnes qui s'en offusquent sont des enfants (ratés).
M : Critique des images+ enfants ratés : on dirait Zagdanski et Sollers, rien de moins !
Nabe ne les rate pas non plus...
MOI : Ce n’est pas dit, sur Zagdanski, relis son Lucette, il y est sur plusieurs pages, portrait plutôt flatteur.
Zag y fait son zig… Depuis beaucoup d'eau (sale) a coulé, et c'est la guerre entre ces deux Céliniens. Mais là encore un point commun : ils ne croient pas à l'amitié.
M : Tu n'as pas lu la préface à l'Intégrale, Amitié et anarchie ?
MOI : Si, il cite 2 fois Sollers ; on sent de l'affection, et même on n'est pas loin de l'admiration. Sollers est un vieil homme maintenant, mais le jour où il disparaitra il faudra lire le texte qu'il lui consacrera dans Nabe's News.
Et pour en revenir à Zagdanski, lis cet extrait tiré de « Mes moires » :
Tactique. Moi qui aime tant les pensives je n'ai rencontré en majorité que des poncives, sempiternellement taraudées par le nerf à vif d'une incessante guerre aigrie qui les épuise. La difficulté consiste à rendre une femme pensive afin qu'elle me séduise à son insu. Pensive et gaie, c'est assez ardu. Beaucoup échouent à l'examen, trop hystériquement rieuses pour être sincèrement gaies, trop foncièrement soucieuses pour être clairement pensives.
A rapprocher de ça : Les femmes n'aiment pas les hommes, elles aiment les enfants qu'elles pourraient avoir des hommes. En leur donnant la maternité, on leur a enlevé tout le reste.
Ou encore : Si une femme refuse de rencontrer vos parents, c'est que c'est la bonne !
M : Des hommes du siècle dernier voilà tout...
MOI : Tu sais que Sollers les appelle « Les frères ennemis » dans Un vrai roman.
M : Et pour en revenir aux images, scabreuses, quelle utilité quand on croit aux mots ?
MOI : Eh bien, comme Céline qui pensait qu'il fallait toujours dire ou écrire ce qu'on pensait, c'était sa Loi, Nabe prolonge et aggrave les choses avec les images. Je le concède c’est son côté potache ou plutôt potlatch.
M : Comment ça ?
MOI : Eh bien, curieuse ou pas, ce qui distingue un écrivain, c’est sa solitude (dans la création) ; cependant il a besoin des autres. Il attend des réponses. Pour moi, les photos se sont des offrandes. Il en fait don à ses rivaux, contraints à leurs tours de donner davantage…Dans une sorte de dialogue.
M : Je n’ai pas l’impression que cela fonctionne.
MOI : Manque d’humour peut-être. Mais pour en revenir à la dialectique entre les mots et les images…
M : Tiens, on dirait Godard et le livre d’image ?
MOI : Son voisin suisse qu’il n’appréciait pas.
M : Ah comme Zagdanski !
MOI : C’est vrai qu’il préfère d’autres voisins, Nabokov, Chaplin.
M : Oui, Chacun mes goûts !
MOI : Allez, rideau !
A ses 40 ans: -Quoi de neuf papa?
- Tout est vieux, et le général De Gaulle avait raison, la vieillesse est un naufrage.
A 50, 60, 70, 80, même chose.
81 ans à ce jour: -Quoi de neuf papa?
-Tout est vieux.
-Et De Gaulle?
-Quoi?
-Que disait-il?
-Je ne sais pas.
Plutôt Marcel mort que Musk vivant
Longtemps, je me suis couché de bonne heure, après avoir regardé le journal de 20 heures, où, comme tous les soirs, on me repassait les mêmes histoires de guerres, de meurtres, de grèves, de réchauffement climatique, et je me disais que rien ne vaut un bon lit chaud où se blottir pour oublier cette merde que demain, quand je me lèverai, aussi de bonne heure, je retrouverai, intacte, indestructible, la bêtise humaine, universelle et éternelle, moi qui pensais, il y a encore quelques années, qu’un autre monde était possible et qu’il était encore temps d’agir pour changer les choses, preuve d’un optimisme aussi flatteur que naïf, mais qui me porte tout de même à sauver ce qui peut encore l’être, et pour cela, ça doit bien faire dix lignes que j’écris en essayant de faire une seule phrase, à la manière de Proust, dont on célèbre cette semaine le centenaire de la disparition, exercice un peu idiot puisque lorsque arrivera le centenaire de la mort de Perec je me sentirai obligé d’écrire un texte sans la lettre e, ce qui risque d’être très chiant, et que lorsqu’on célébrera la mort de Céline je devrai pondre un texte avec le mot « juif » à chaque phrase, alors je me dis que rendre hommage à un grand homme est vain, car qu’est-ce que Proust en a à faire, du fond de son cercueil, où il fut couché une fois de plus de bonne heure, un beau jour de 1922, lui qui aura passé sa vie à ne pas en foutre une rame, à part grenouiller chez les bourges et les culs serrés de la haute mais qui, il faut bien l’admettre, aura eu la présence d’esprit de décrire ce petit monde comme un enfant qui observe les cloportes et les mille-pattes cachés sous un gros caillou qu’il vient de soulever, et qu’il a su transformer sa vie de parasite mondain en destinée d’écrivain universel, après avoir compris que l’humanité sous toutes ses formes est digne d’intérêt, même ceux qui vous semblent étrangers, car c’est là la grandeur des écrivains, celle de se projeter avec ses lecteurs vers autrui, vers ce qui n’est pas soi, exercice d’autant plus difficile que la nature humaine incite souvent à l’égoïsme et au nombrilisme, et que sans des plumes inspirées pour nous obliger à être attentifs aux autres, personne ne le serait, et certainement pas le monde numérique, qui ne sait rien faire d’autre que nous renvoyer notre propre image et nous laisser croire que nous sommes des êtres très intéressants, alors que nous sommes la plupart du temps trop banals pour mériter qu’on construise des data centers tournant jour et nuit afin de diffuser nos photos de vacances, surtout celles des plats qu’on a bouffés là-bas, ce qui n’aurait pas manqué d’atterrer Proust, dont on imagine mal qu’il ait pu aujourd’hui avoir un compte Instagram ou TikTok pour nous raconter platement, vulgairement, les observations du petit monde qui était le sien, démontrant par là même qu’il ne suffit pas de disposer d’outils de communication comme Internet, mais qu’il faut, et c’est le plus dur, avoir quelque chose à raconter digne de l’être, ce qui constitue là un critère de sélection bien cruel, car beaucoup ne se rendent pas compte qu’ils n’ont rien à dire d’original qui mérite qu’on passe des câbles sous-marins à travers les océans du monde, comme si, plus on avait de possibilités de communiquer, moins on avait de choses à dire, ce qu’on ne peut pas reprocher à Proust, mais voilà qu’arrive enfin la fin de ce texte, et je me dis que c’est pas trop tôt, car je commence à en avoir ras le bol de vouloir péter plus haut que mon cul en essayant de faire des phrases d’une page comme Proust, car c’est tout de même plus marrant de lui rendre hommage de cette manière plutôt qu’en refourguant toutes les deux lignes des « du côté de chez Trucmuche » et des « à l’ombre des branleuses en fleurs », comme le font à chaque fois les articles qui parlent de lui, voilà, c’est fini, vous pouvez reprendre votre respiration, et aller vous coucher tôt, vous aussi. ●
" Lucette l'avait bricolé, ce lit, de telle façon qu'il était surélevé [...]. Deux ou trois édredons pour finir et elle était parvenue à trouver la hauteur exacte qui lui permettait, une fois allongée, de voir par sa fenêtre la mer et rien que la mer. La mer, la mer du lit, et c'est tout. Quand elle lisait, elle pouvait jeter un coup d'oeil par sa fenêtre: c'était immanquablement l'horizon grisonnant et liquide de sa chère mémère qui, seul, intercalait sa ligne à celles de son livre."
Extrait de Lucette par M. E. Nabe
"Mon vieux,
Que te répondre?
Trouille ou pas? Je me suis foutu bien exposé mille fois plus que notre bande de petits noyaux. Vous n'avez même pas eu la patience, la ténacité, le tempérament, le courage, l'humanité d'acquérir une plume catégorique.
Vous labourez dans la confusion, la velléité bavarde. Allons au boulot! Petits crabes au boulot d'abord! Et encore et toujours! Voilà ce qui vous manque, l'obscure..."
Lettre de Céline à Roger Nimier dans le Trésor retrouvé par Jean-Pierre Thibaudat
Mes amis, après ce délicieux repas, ce vin divin, je voudrais vous montrer un film, un régal, un bonheur, que je viens de voir; voici les arguments pour vous convaincre:
1. C'est avec un écrivain SULFUREUX, ça nous empêchera de végéter sur le canapé.
2. C'est assez court, moins d'une heure.
3. C'est en couleur (pour M.)
4. ça danse (pour S.)
5. C'est plein de musique (pour M.)
6. C'est sur l'Italie au 20ème siècle, sur l'Adriatique, sur Mussolini! (pour F. prof d'H-G)
7. C'est sur Dino Risi (pour moi)
8. C'est filmé par la superbe femme de l'écrivain M.E. Nabe (pour F and me to...)
https://nabesnews.com/wp-content/uploads/2022/09/Nabe_au_Baltic.mp4?_=1
" Tactique. Moi qui aime tant les pensives je n'ai rencontré en majorité que des poncives, sempiternellement taraudées par le nerf à vif d'une incessante guerre aigrie qui les épuise. la difficulté consiste à rendre une femme pensive afin qu'elle me séduise à son insu. Pensive et gaie, c'est assez ardu. Beaucoup échouent à l'examen, trop hystériquement rieuses pour être sincèrement gaies, trop foncièrement soucieuses pour être clairement pensives."
S. Zagdanski (Mes Moires)
Des débats partout,
De l'espoir, de la déception,
Des hauts, des bas
Débats débats débats... Bon débarras
Bats-toi!
-M: Qu'est-ce que tu fais?
-MOI: Je travaille.
-M: Menteur!
-MOI: Non, pourquoi?
-M: T'es sur ton blog, tu ne travailles pas.
-MOI: ça demande quand même du temps et de la concentration, donc oui je travaille, mais pour moi.
-M: ça sert à quoi personne ne te lit!
-MOI: Si toi quand même, ça compte.122 articles pour être précis.
-M: Des posts oui, des postillons même!
-MOI: ça dépend, c'est inégal mais quelquefois je crois que c'est intéressant.
-M: Certainement pas lorsque tu es indiscret, je trouve ça honteux de parler de gens proches de toi. Tes postillons sont des crachats. Tu penses qu'ils seraient contents de voir leur vie étalée?
-MOI: Je n'étale rien; aucune indiscrétion, "aucun reproche à ses proches", disons plutôt que je m'approche de mes proches mais en douceur.
-M: Ben voyons...
-MOI: Je t'assure, en douceur, et profondeur...
-M: Un titre d'un de tes crooners bien sûr!
-MOI: Je m'approche avec des mots comme quelqu'un qui voudrait mieux voir un détail d'un tableau approcherait sa lampe ou sa bougie afin de l'éclairer. Voilà comment j'envisage les choses: porter un éclairage sur une scène vécue, un souvenir, qui sans cela resterait dans l'ombre ou l'oubli éternellement.
-M: Vraiment tu te la racontes, qu'est-ce que tu es prétentieux, t'es incurable.
-MOI: Je bricole.
-M: J'aimerais bien! Mais c'est moi qui fais ça, je repeins, je répare, tu parles d'éclairage et c'est moi qui change les ampoules!!
-MOI: Tu ponces, je pense...
-M: Tu deviens imbuvable! Et puis je ne comprends pas le titre de ce blog,Thelonews pour Thelonious Monk?
-MOI: Voilà
-M: Mais tu n'as mis qu'un morceau de lui, lors de ton premier post, oh pardon, article; le reste ce sont des crooners.
-MOI: Tu as raison, je vais réparer cela; écoute,buvons, un an aujourd'hui que je tiens ce blog, je te sers quelque chose?
-M: un Mojito, et toi?
-MOI: Un whisky, mais straight no chaser bien sûr!