Comme la faille est contenue dans la fa(m)ille, il s'agit de ne pas s'appesantir, de ne pas tomber dans le trou, la faille... on n'y peut rien.
Tour d'ivoire, Patrice Jean
Comme la faille est contenue dans la fa(m)ille, il s'agit de ne pas s'appesantir, de ne pas tomber dans le trou, la faille... on n'y peut rien.
Oh mon amour le temps ne suspend plus son vol
Atterré atterris abattu en plein vol non mais dis moi vraiment
A quoi l'on ressemble après toutes ces années à vivre ensemble
Je lis et relis la formidable revue de Lionel Dax, Ironie. Le n°215 intitulé VOIR est signé Thierry Desalme. Ce sont des portraits de jeunes filles et de femmes, ponctués d'aphorismes tels que:
"Je ne vois plus que le jeu: le château de sable immédiatement éternel."
"Un homme qui ne rêve pas n'existe pas."
Et puis, peut-être un clin d'oeil à l'écrivain Stéphane Zagdanski, ceci: "Je ne regarde plus la mort puisqu'elle est dans mon oeil. Et qu'elle m'apparaît pour ce qu'elle est, un phénomène de limite dans un tout qui la dépasse dans le temps même où elle règne. Je la dépasse moi aussi dans le temps qu'elle est ici."
"Allumer la télé, c'est éteindre la vie du téléspectateur."
Patrice Jean, La poursuite de l'idéal
"Lorsqu'on lit, il faudrait remarquer et savourer les détails. Il n' y a rien à redire au clair de lune des idées générales lorsqu'il intervient après que l'on a recueilli avec amour tous les petits éclats de soleil du livre."
Vladimir Nabokov (cité par L. Dax dans Dialogue)
[...] "Il faut que nos amours continuent à nous inspirer des romans. Il faut que la féerie s'empare de nos fragilités, et qu'à la violence du monde réponde le bonheur des détails. Le cinéma, la peinture, la littérature: l'amour, le coeur, la joie."
Extrait de la chronique de Y. Haenel dans Charlie Hebdo du 06/07/22
C'est dans l'étrange contrée qu'Hemingway raconte en détail l'épisode peut-être le plus important de sa vie. La manière dont une de ses femmes, Hadley, a perdu une valise remplie de ses manuscrits (y compris les doubles). En tout: onze histoires, un roman, des poèmes. Elle voulait lui faire une surprise agréable, lui amener tout ça, elle a mis les papiers ensemble dans une valise, elle est descendue un moment, avant de prendre le train, sur le quai de la gare de Lyon (elle devait rejoindre Hemingway à Lausanne), et quand elle est remontée dans son compartiment, la valise avait disparu (du moins c'est ce qu'elle raconte). Tout a été involontaire, bien sûr. Partait d'une bonne intention, bien sûr. N'était pas prévisible, bien sûr. Et elle a beaucoup pleuré, bien sûr. Lui, en visitant plus tard son appartement à Paris, pour voir s'il ne restait pas quand même quelque chose, raconte que, devant ce désastre, il s'est allongé sur le lit avec un oreiller entre les jambes. Mais oui ne craignons pas les gros symboles [...]
Préface de Ph. Sollers à l'édition folio Le chaud et le froid d'E. Hemingway
" Voyager c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais.
Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C'est de l'autre côté de la vie."
Voyage au bout de la nuit, L.F. Céline
"Quand vous étiez jeune, vous donniez beaucoup d'importance à la mort. Maintenant, vous ne lui en donnez aucune. Simplement vous la haïssez à cause des gens qu'elle supprime."
Le chaud et le froid, E. Hemingway
North by Northwest, scène finale
Vertigo, scène finale (Hitchcock)
La prisonnière du désert (scène finale)
La prisonnière du désert (The Searchers )
Allemagne année zéro (scène finale)
Ce qu'il a toujours aimé dans les grands westerns (la prisonnière du désert, l'homme de la plaine), ce n'est pas vraiment les cowboys, les indiens, les grands espaces en technicolor, mais la tragédie personnelle du héros solitaire.
Oedipe au désert.
Très récemment sa mère lui a dit qu'elle avait adoré, jeune fille, ce genre de films, qu'elle allait voir avec son père.
Ses parents sont de cette époque, la guerre et les westerns. Son père s'est longtemps pris pour un shérif, il en a même fait une carrière.
En plein marasme maintenant, ses souvenirs se ramassent à la peine, ça n'a jamais été un Searcher.
Son grand regret lui avait-il confié un jour, c'était de ne pas avoir vu Diên Biên Phu (assiégé et défait le 07 mai 1954; et sa mère aussi était née un 07 mai).
A-t-il aimé quelque chose, du reste, l'homme de la peine, jamais heureux à quelque endroit que ce fut?
La poursuite de l'idéal, première partie: apprendre à être seul de Patrice Jean
"Tu me parles avec des mots, et moi je te regarde avec des sentiments".
Pierrot le Fou (JLG)"La suite de l'été, il ne se passa rien, hormis l'essentiel: l'amour, la lecture, les bains de mer".
Patrice Jean: L'homme surnuméraire
Il y a toujours un garçon et une fille au désespoir
Elle l'appelle et il l'entend pas
Il voit qu'elle mais elle ne le voit pas
On en a fait des films et des tragédies divines
[...]
On veut plaire
On veut des rendez-vous
Puis un jour c'est la guerre
Ce jeu là rend fou
Pierrot le Fou (JLG)
Philippe Sollers, légende possible:
Le métier de dormir
Ou: Ne travaillez jamais
Ou: Portrait du dormeur, portrait du penseur
Ou: Ne me réveillez pas, je travaille
Ou: Penser, c'est écrire (dormir) sans accessoires
Ou: Le droit à la paresse
Ou: Une apologie des oisifs
Ou: Une vie divine
Ph. Sollers et le Penseur de Rodin
Être gentil, Charles Bukowski
Le jeune peintre, peint par Picasso à 90 ans
" Le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image".
Guy Debord et la société du spectacle (franceinter.fr)
Tu t'astreins à tenir ce blog au moins deux fois par semaine (le mercredi et le samedi ou dimanche), mais là, pas d'inspiration. Tu as le titre depuis quelques jours en tête mais tu n'as pas le texte. Tu consultes tes blogs favoris et dans Nos consolations, magnifique blog, tu tombes sur cette photo.
La citation aussi est géniale.
Voilà, ce soir, pas mieux.
"Les journées sont toutes différentes, séparées. Mais les nuits sont unies, les nuits sont toujours la nuit, la même ; il n'y a qu'une seule nuit, au fond de laquelle nous retombons chaque soir comme des noyés".
Paul Gadenne, La Rue profonde (1948)
Il fut un temps où la France avait peur, annonçait la petite lucarne à 20 heures; la voici maintenant, le soir à la télévision, en thérapie.
On ronronne devant l'écran et on assiste aux déboires du nouvel héros national: un psy à l'air triste de chien battu, voûté, à la diction lente et légèrement pâteuse: un corps sans joie envoûte la France.
Comme a dit quelqu'un, le psychologue a besoin d'un psychologue.
Pas vraiment lunaire ce Pierrot, qui plombe vos soirées et vous fait déchanter...
Alors, remède:
La ballade du non-névrosé (série Mes Moires par Stéphane Zagdanski)
[...]
"Ils me racontaient tous leur vie
Aux trois pénibles anecdotes
La guerre la femme l'ennui
C'est dur de vivre on le sait bien"
[...]
Poèmes bleus, Georges Perros
Vous prenez le bus à Roissy pour rentrer à Paris et vous vérifiez comme le mot et la chose sont dissociés.
le bus tourne dans les rues à entrepôts, interminables et désertes qui jouxtent l'aéroport: la rue des mouettes, la rue des voyelles, la rue du sonnet, la rue des rossignols et la rue de la jeune fille.
Mais ici ni femmes, ni fleurs, ni oiseaux, ni poésie.
Rue de la Jeune fille
Ici,
Son quartier général
C'est derrière lui maintenant mais chaque retour est poignant.
Sa vie est ailleurs.
Des milliers de pas à travers les mêmes chemins qui ne menaient pas nulle part mais invariablement à la petite maison bleue (longtemps crème)
Une vie ordinaire, loin de la bohème; mais: "Tu mourras ailleurs".