samedi 6 novembre 2021
dimanche 31 octobre 2021
HALLOWEEN
"Halloween: des masques partout, sauf à Venise".
(31 octobre 1998, L'année du Tigre, journal de Philippe Sollers)

vendredi 22 octobre 2021
PAUVRE H.
"Nos promenades sentimentales, main dans la main, avec nos images d'Epinal..."
"Je ne veux pas être ce vieux, curieux de tout, qui photographie des vieilles pierres en trottinant partout avec avidité."
"Homme: mammifère supérieur de haute complexion cérébrale qu'on voit généralement s'engouffrer dans un bar."
"Il voulait à toute force communiquer son manque d'enthousiasme".
"Depuis qu'il y a des hommes la vie n'est plus tout à fait comme avant."
Pauvre H. (Jean-Pierre Georges, éditions Tarabuste)
mercredi 20 octobre 2021
L'ECLAIRCIE
Quelle revue lire en ce début d’automne en attendant le dernier numéro de L’Infini (148) dans ma boîte aux lettres ? J’entre dans une librairie et me dirige vers le rayon consacré aux périodiques. Je suis tenté par le numéro 66 de La Règle du jeu (septembre 2018) consacré à Venise avec sur son bandeau " Entretien exclusif avec Philippe Sollers", mais je me dis que je retrouverai bientôt l’entretien sur Pileface..., puis mon regard est attiré par une revue que je ne connais pas, Décapage. Le sommaire du numéro 59 indique deux auteurs que je lis depuis des années : Yannick Haenel et Jérôme Leroy.


Le dossier sur Haenel fait plus de 50 pages (textes et nombreuses photos). Il retrace son parcours d’écrivain, ou plutôt son destin. C’est passionné, passionnant.
Dans la partie consacrée à ses amitiés littéraires, on retrouve son comparse François Meyronnis, Louis-René des Forêts et, bien sûr, Philippe Sollers. De ce dernier il loue " sa disponibilité à l’ouverture de l’existence poétique, à ce qu’il appelle avec Heidegger,
l’éclaircie." Et plus loin il ajoute : "sa passion intense pour la
littérature, je m’y reconnais. J’ai la même. Contrairement à ce qu’on
dit, elle est rare. Les gens croient aimer la littérature, mais leur
goût est un automatisme, ils ne s’y consacrent pas. Moi, je n’ai de
pensée que pour elle, je passe mes journées à écrire, je ne fais que ça
et de plus en plus." Et très Beckettien, "Je ne suis que ça."
Un peu plus loin dans la même revue une suite de 9 poèmes de Jérôme Leroy, extraits d’un recueil : « Elle t’écrit ».


Je retiens celui-ci :
Elle t’écrit
La seule chose qui les atteint c’est que tu continues à écrire
et que tu en vives
Oublie-moi si tu veux mais eux
Oublie-les vraiment Tu existes sans eux
malgré leurs petites manoeuvres leurs minuscules vexations
Hier j’avais un peu de force
je suis allée voir les vignes
il est pour toi pas pour eux le sourire de la jeune fille
sur le quai de la petite gare
Elle t’écrit
Écris
Écris pour elle écris pour moi.

Mais quel rapport entre ces deux écrivains si différents, sinon celui
que je fais dans ma tête en liberté mais un tantinet embrumée ?
J’ouvre alors le blog que J. Leroy tient, Feu sur le quartier général, et là, oh surprise ! Alors que je jette une passerelle entre ces deux auteurs, Leroy publie un bel article intitulé
« Père Manquant et Alors ? » Illustré par une photo de Sollers le Jeune :


Et il conclut son éloge de Sollers par...un extrait de L’Eclaircie, que voici :
Voilà, la brume a disparu !Faire l’amour de façon satisfaisante permet d’accumuler du temps. On gagne une semaine d’avance. La maîtrise de soi s’accentue, la pensée vise mieux ses cibles, on reparle sa propre langue. Adieu, brume, brouillard, pluie, nuages venteux, mauvais rêves, voix hostiles. On sait ce qu’on veut, on le peut, les taxis roulent plus vite, les cèdres vous saluent, les rendez-vous sont expédiés, on s’exprime à vif, on abrège. Surtout, on compose mieux, allegro, adagio, presto.
Cqfd !
samedi 16 octobre 2021
M et MOI
-M: Mais pourquoi un blog? Je ne comprends pas, tu es si démuni face à l'informatique.
-Moi: Oui, mais je sens que c'est le moment et que c'est de cette façon que je dois m'exprimer.
-M: Mais pourquoi t'écrirais pas plutôt un livre avec tous les cahiers que tu as remplis? Des mémoires quoi, avec illustrations, ça te fera un souvenir pour plus tard.
-Moi: Non, je cherche depuis très longtemps une forme et je crois que je vais m'en approcher avec ce blog.
-M: Mais tu n'y connais rien, tu vas passer des heures et il faudra t'aider pour des choses si faciles!
-Moi: Oui je sais, j'ai passé plus de temps au 20 ème siècle, j'accuse mon âge...
-M: Bon mais je vois toutes tes références avec tes blogs amis, ceux que tu nommes tes indispensables. Déjà je ne comprends pas il n'y a aucun rapport entre eux. Certains se détestent.
-Moi: Oui mais moi je les aime; sinon il n'y a pas de rapport textuel entre eux c'est possible...
-M: Allez fais le malin, une citation je suppose, mais tes écrivains utilisent le blog comme une vitrine, ils font leur pub. Tu n'es pas écrivain! Tu ferais mieux de continuer justement à écrire de temps à autre sur ce blog dédié à ton écrivain préféré. Cela te prend justement déjà assez de temps.
-Moi: Tu me dissuades?
-M: Tu seras esclave!
-Moi: L'esclave c'est celui qui n'a pas deux tiers de sa journée pour lui.
-M: Et puis avec ton vrai travail ça sera impossible.Et tu vas écrire quoi? Tu veux être lu? Tu as quelque chose à dire?
-Moi: Un écrivain c'est d'abord quelqu'un qui n'a rien à dire.
-M: Et voilà encore une citation; tu ne sais faire que ça.
-Moi: En situation
-M: Et ce petit dialogue que tu écris, "M et MOI" ça ne serait pas plutôt "Aimez-moi"?
-Moi: Oh, tu joues avec les mots toi aussi!
-M: Et puis tu m'expliques ce tableau, à côté du musicien, on dirait un cercle de feu. Quel rapport?
-Moi: Ah pas mal, en fait il s'agit d'un tableau d'un écrivain que je lis depuis longtemps. C'est un calligramme qui reproduit un extrait d'un de ses livres intitulé "Mes Moires"; l'auteur, Stéphane Zagdanski, raconte dans cet extrait sa décision de rentrer en France après un séjour en Israël. Ce paragraphe s'appelle: EVIDENCE.
-M: Ah je vois, c'est aussi un morceau du pianiste Thelonious Monk.
-Moi: Voilà, et comme je te l'ai dit, tout à coup il m'est apparu évident...que je devais m'exprimer de cette façon.
-M: Et donc ce tableau, on dirait un cerceau en flamme, tu te prends pour un lion?
-Moi: Et bien vient un moment dans la vie où il faut sauter, traverser, bondir! Mais si tu regardes bien on peut aussi considérer que c'est une couronne.
-M: Une couronne comme celle qui est sur la tête de Monk? Un peu tiré par les cheveux non?
-Moi: Une couronne qu'il faut tenir ferme.
-M: Oh encore une citation!
-M: Et puis pourquoi ce morceau de musique, juste pour le titre?
-Moi: Tu aurais préféré "Crépuscule with Nelly"?
-M: Si c'est pour me donner le mauvais rôle je ne suis pas d'accord!
-Moi: Encore une fois, c'est le meilleur moyen d'expression pour moi; j'ai eu cette vision cet été ,voici les circonstances précises: Assis en terrasse surplombant une plage, je contemplais la foule d'un dimanche de juillet qui s'ébrouait dans la Méditerranée; il ne s'agissait pas d'une position de surplomb marquant une quelconque supériorité, mais ma place (idéale) me permettant de garder en mémoire ce que je voyais. C'est à ce moment que j'ai eu la certitude, comme une évidence, que je devais créer ce blog.
Et pour paraphraser un autre écrivain que j'aime beaucoup: Ecrire (créer un blog) c'est trouver une issue.
-M: Ah, bonne chance alors et évite la sortie de route!