dimanche 21 novembre 2021

FEU!

 

 

                                                          

 

Si j’osais, je dirais que la journaliste du Figaro Godard-Sollers: l’entretien «fumeux» entre le réalisateur et l’écrivain (lefigaro.fr)  n’est pas une flèche. L’ironie de son billet n’est pas pour déplaire au Sollerso-Godardien que je suis mais avec ses propos moqueurs et parfois tranchants, elle passe à côté de l’évènement que constitue cette rencontre.
Dimanche 14 avril 2019, dimanche des Rameaux, je me rends au cinéma Saint-André des Arts pour voir l’entretien légendaire entre les deux plus Grands comme le dit J.P Fargier dans la présentation de son film. Il est accompagné de Y. Haenel invité à improviser sur ce dialogue à l’issue de la projection. C’est très brillant, et l’assistance, une vingtaine d’Happy Few, ne pipe mot absorbée par la conversation qui vient d’avoir lieu.

S. et G. ont fait, pendant plus d’une heure feu ou même flèche de tout bois.


Le lendemain, la flèche de Notre-Dame est tombée. Le film de Fargier se clôt sur le plan de cette flèche.


Qui a mis le feu à la Cathédrale se demande-t-on ces derniers jours ? Experts au travail!


Avant de me rendre au cinéma, j’avais commencé un roman de Nicolas Bouyssi : Feu. Yannick Haenel l’avait chroniqué dans sa rubrique hebdomadaire de Charlie Hebdo. Roman lacanien, touffu, gorgé de références littéraires et cinématographiques. Le feuilletant, j’ai été attiré par la dernière page qui est une photographie d’un des derniers plans du western de Ford : L’Homme qui tua Liberty Valance. En légende, un petit texte est imprimé qui redistribue les 3 rôles principaux selon le fameux (fumeux aurait peut-être dit la journaliste du Figaro) registre lacanien : RSI (réel, symbolique, imaginaire).
Les experts (pompiers, enquêteurs) s’attellent au réel, au hasard ; avec les commentateurs média c’est le symbolique qui bourdon(ne) à nos oreilles.

Reste l’imaginaire.

Qui a mis le feu à la flèche?  Le dimanche 14 avril, il y avait le cigare de Godard, la cigarette de Sollers, les étincelles...

 

 

samedi 20 novembre 2021

MAINTENANT

Pas ici et maintenant mais maintenant et ici.

Si tu ne comprends pas que la différence est une affaire

de vie et de mort, alors tombe

à genoux nus dans la neige

et étudie le tic-tac de ta montre.

                            Jim Harrison

jeudi 18 novembre 2021

DEUX PHILOSOPHES

A chaque commémoration

 D'une fin de guerre 

Il pense à son père 

Les hommes viennent vraiment de Mars 

Il pense vraiment écrire sur son père 

Il y a matière

 Cela l'occupe toute la journée 

Le matin la situation lui paraît tragique 

Le soir le comique prend de l'ampleur

 Tout cela le fatigue, l'épuise même

 Une longue histoire 

Avec sa grande Hache qui lui

 Coupe 

 L’élan 

 Matière et Mémoire pense-t-il

 Tout à coup il pense à sa mère

 Ce sera plus simple 

Guère épais

 Une histoire avec un H muet

 L'être et le Néant pense-t-il 

                                                                

mercredi 17 novembre 2021

PAUVRE H (suite)

 "Ayant tout étalé au grand jour, il ne lui resta aucun secret à emporter dans sa tombe. Un homme sans mystère, ni pendant ni après."


"Tête vide, coeur sec, stylo en main."

 

"Ce soir ça allait si mal que j'ai relu des articles sur moi."

 

"Je crois que je sais."

 

"Le succès ne lui est même pas venu trop tard."

 

"Je suis à moi tout seul la laisse, le maître et le chien."

 

"Il se débat pendant des heures avec une note ambitieuse, prétentieuse, alambiquée, se décourage et se dégoûte. Il se lève, deux petites lignes pleines de grâce viennent à lui."

 

Pauvre H. (Jean-Pierre Georges- Tarabuste Editeur)

dimanche 14 novembre 2021

TOUT

 Il voulait enfin TOUT dire, ambitionnait de TOUT écrire, puis il pensa à cette phrase de Lacan, "Je dis toujours la vérité: pas TOUTE, parce que TOUTE la dire, on n'y arrive pas...les mots y manquent..."

Il referma alors son cahier.

 

                                                                       

samedi 13 novembre 2021

RIEN

 Il n'avait rien à dire, il cherchait désespérément comment l'écrire.